Juste des visages

Juste des visages,

Des regards

Pour vous souhaiter une bonne journée!

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Un mercredi au collège 041100_3420Voyage Sénégal Avril 2009 088 Voyage Sénégal Avril 2009 087

On gueule mais on dort!

On tape du poing sur la table.

On hurle aux loups, on grogne.

On dénonce la déclassification de nos métiers.

On crie à la hausse de la misère sociale.

La gouvernement annonce des immenses coupes budgétaires dans le social, au sein des des associations.

Mais quand on demande des volontaires pour agir, il n’y a plus personne.

D’où vous vient-il cette crainte de s’engager ? Peur de ne pas être reconnu personnellement dans votre engagement ? Peur de ne pas être suivi ?

Peur de se déplacer intérieurement et extérieurement.

Manque de confiance en soi et aux autres ?

Une autre hypothèse me vient. Nous n’osons pas quitter nos conforts de vie pour aller se battre pour ceux qui n’ont rien. Nous ne voulons pas perdre nos acquis sociaux, ni nos maigres privilèges.

S’il suffisait… ( Ah non, pas la rengaine de Céline Dion!)

C’est d’accord pour d’indigner mais il faut aller plus loin, persévérer, encourager ceux qui se démènent.

Même si dans ton coin, tu te sens impuissant, fais au moins un signe, même un timide geste en avant pour nous aider à aller de l’avant.

Même si t’as l’impression que t’en fais trop, ose émettre un son, un mot pour nous accompagner dans la lutte.

Même si les pouvoirs publics ignorent, en partie, nos combats, osons continuer. Il y a des petites victoires qui verront le jour.

Serrons-nous le coude.

Donne-nous une infime partie de ton énergie et cela sera déjà énorme.

Comment faire tourner notre moulin s’il y a peu de vent ou peu d’eau pour l’alimenter ?

Je n’exerce plus mon métier d’éducateur mais cela ne m’empêche pas de continuer à échanger, à provoquer des rencontres, à signer des pétitions, à vous faire réfléchir, à envoyer des lettres aux députés.

 

Je te souhaite d’avoir de l’audace, d’innover, de déployer tes talents que tu ne soupçonnerais pas.

Allez, sois sans crainte ! Je te souhaite d’espérer contre tout espérance, et de puiser des énergies positives auprès de ceux qui te comprendront et marcheront avec toi, et réciproquement.

Le grand départ de Papy

Depuis quelques jours, tu étais allongé tout cassé.

Les douleurs t’engourdissaient, te rendaient confus.

Malgré ton semi-inconscience, tu sentais une présence.

Tu ressentais l’amour de tes proches murmurer à ton âme.

Il fallait bien un jour passer vers l’au-delà, auprès de Lui.

Tu le savais au plus profond de toi. Tu te préparais.

La seule chose qui comptait pour toi, c’est sentir ta famille

Se réunir autour de toi pour te parler, pour te rassurer.

Chacun est venu prendre de tes nouvelles, t’embrasser

Soit directement ou bien par téléphone. Nous allons bien.

Grand-mère n’est pas seule. Elle est entourée, en sécurité.

Alors, ce matin, tu es endormi avec une profonde paix.

Nous nous étions préparés à ton départ bien que ça été trop vite.

Merci pour tout ce que tu nous as donné, de nous avoir réuni.

Merci pour ta présence qui restera gravé dans notre mémoire

Comme tes paroles nous guidant vers un monde plus juste

Vers une conscience aiguisée de la vie et la sérénité de l’avenir.

Nous continuerons à transmettre ce que tu as semé et fait fleurir.

Ton combat sur terre ne sera pas vain et sera une victoire pour l’éternité.

Je souhaite à chacun de vivre un deuil apaisé, quand le départ d’un proche survient.

Que la mort ne soit pas un tabou mais source de vie, de dialogue, de retrouvailles, de réconciliation. Je souhaite à chacun de ne pas trop être envahis de remords, de regrets et de pouvoir mettre des mots sur ses blocages, sur son mal-être.

Que le deuil soit un autre départ, une vie renouvelé dans le quotidien malgré l’absence de l’autre.

Priorité à droite? A gauche?

Priorité à droite ? D’où vient cette règle ?

Priorité à gauche ? Serait-ce une infamie ?

Quelle priorité choisir loin de l’accalmie ?

Que de paroles en vain, fades comme le seigle.

Serions-nous bien ivre d’argent et de compétition ?

Sachons revenir à l’essentiel, à ce qui fait l’homme.

Sachons devenir plus sage léger en quantité d’ohm.

Prenons le temps de relire, le temps de la digestion.

Assez de discours pompeux comme la valse du Danube.

De l’action, pas de la réaction primaire qui nous entube

Et déplace les problèmes de fond, et aveugle les sourds.

 

Quelles priorités dont-on regarder entre l’urgence

Et ce que nous devons faire à moyen et long terme ?

Sachons nous préserver et accomplir nos projets de manière efficace et bien.

Et si je partais?

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Et si je partais découvrir d’autres horizons ?

Vers d’autres rivages?

Découvrir une autre culture, une façon de penser le monde.

Et si je me rendais disponible

fort de mes compétences professionnelles et expériences extra-professionnelles ?

Ma formation se termine, ou bien je suis bientôt à la retraite.

Oserais-je prendre une certaine direction professionnelle et humaine

à dimension internationale ?

Que perdrais-je dans la rencontre de l’autre

 Même si je ne connais pas sa langue, ni son mode de vie ?

Alors je m’informe en contactant des anciens volontaires, des organismes et plus précisément la DCC. (Délégation Catholique pour la Coopération : http://www.ladcc.org).

Grâce à cet organisme, je serai accompagné, formé pour accomplir au mieux une mission que l’on me proposera.

Mon projet de partir se peaufine. J’en parle à mon entourage.

Je soupèse mes motivations, mes capacités d’adaptation.

Si pleins de personnes sont partis vivre un an ou deux ans,

Pourquoi pas moi ?

Ce ne sera pas pour moi une parenthèse.

Mais bien un tremplin pour mieux s’ouvrir aux autres,

Etre sensibilisé à la solidarité internationale.

Surtout aussi se dépasser, mieux se connaitre

Et aller au-delà de ses craintes, de ses fragilités.

L’autre m’apportera sans doute des choses encore plus grandes.

Nous partagerons, nous vivrons dans un langage d’humanité.

Alors, pas tenté aussi de partir ?

Nos vieux

Nos vieux, si tout se passe bien, nous serons comme eux.

Nos vieux sont nos histoires singulières, particulières, uniques.

Nos vieux sont des jeunes qui ont eu des idéaux, des rêves, des passions.

Nos vieux sont nos mémoires, nos vies remplies de souffrance et de joie.

Dans un village de la brousse sénégalaise, un vieux couple enlèvent la coque des arachides pour nourrir leur entourage.

Dans nos contrées françaises, un vieux couple sont seuls dans une maison, regardant hagard un ciel pluvieux.

Au coin du feu, autour des jeunes et des adultes, une vieille dame leur raconte une histoire. Pas de murmures et de ricanements brisent l’aura de la conteuse.

Chez nous, la grand-mère est déjà dans sa chambre loin du brouhaha de sa famille, qui se chamaille, l’ont mis à l’écart parce qu’elle radote.

Au pied d’un immense manguier, sur une natte, sont assis des vieux en silence avec fierté. Des gens du village viennent les consulter pour des conseils de récolte, d’éducation de leurs enfants.

Dans les maisons de retraite, ils sont parqués dans un salon, figés comme des statues en attendant le repas.

Mes vieux, mes grands-parents,  sont morts et j’aurai tant bien aimé parler avec eux, connaître encore plus leurs vies, qu’ils se réjouissent de ce que nous vivons, qu’ils nous accompagnent dans nos épreuves avec confiance et espérance.

Quelle relation avons-nous avec nos vieux ? Quel lien, quel regard avons-nous envers eux ?

Mettons-nous à leur place.

Comment j’aurai aimé qu’on s’occupe de moi ? De quelle manière pourrait me respecter dans ma dignité, ma liberté malgré mes dépendances ?

Comment j’aurai aimé qu’on me voie, qu’on me considère, qu’on me reconnaisse ?

Ils sont toujours des adultes, des individus qui méritent de la bienveillance, de la douceur, de la tendresse même s’ils nous renvoient des choses difficiles dus à leur âge. Ne les enfermons pas dans leurs pathologies, dans leurs maladies etc…

Ils ont chacun leur place dans la société à leur manière.

Que je vous rassure, chez nous, je connais des maisons de retraite qui respecte chaque personne âgée, une volonté de l’intégrer et de lui laisser une place en toute liberté.

Donnons-leur la possibilité de continuer à vivre dans une ambiance de joie, de sérénité, de créativité malgré les douleurs, les souffrances.

Nos vieux, que leurs fins de vies soient la meilleure possible.

 

 

( Texte écrit en avril 2013. Copyright VL.)

Qui suis-je? Jason ou Pierre-Henri?

Je m’appelle Jason.

Jason Richard, né en 1972.

Je suis avocat d’affaires à Bourgoin.

J’aime jouer du violon et des percussions.

 

Je m’appelle Kévin.

Kévin Bergein, né en 1945.

Je suis à la retraite.

J’ai été secrétaire médical à Vincennes.

 

Je m’appelle Pierre-Henri.

Pierre-Henri De La Galaire, né en 1987.

Je suis agent d’entretien à Clampin.

Je fais souvent du golf et de la couture.

 

Je m’appelle Liliane.

Liliane Ben Ducloux, né en 1975.

Ecrivain public à Berck.

Je suis conseillère municipale.

 

Je m’appelle Maguy.

Maguy Tendre, né en 1992.

Je me forme pour être prof de sport.

Je suis passionnée par le modélisme.

 

Je m’appelle Inès.

Lucile Bhruthaleux, né en 1969.

Je suis caissière à Versailles.

Je suis classée 2/5 au tennis

Et ait affronté deux fois Steffi Graff.

 

Je ne donne pas mon prénom ni mon nom.

Je suis né à une certaine année.

Je fais un certain métier qui m’épanouit.

Je suis engagé, passionné pour une certaine cause

Sur lequel je n’ai pas à me justifier.

Qui pensez-vous que je pourrais être ?

M’imaginez-vous noir, beur ou jaune ?

Qu’est-ce que ça change pour vous de savoir mon origine, mon passé ?

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Mon prénom peut vous induire en erreur ainsi que mon nom de famille.

Vous-êtes sur ?

Très bien, je m’appelle Nassim De La Marinière.

Alors, quel effet cela vous fait ?

 

 

Lettre d’un homme à une femme

 Femme, nous sommes rien sans toi.

Femme, tu es le sujet et non l’objet de notre admiration.

Nous te devons le respect car sans toi, nous ne pourrions pas avoir un autre regard sur le monde qui nous entoure. Nous sommes tellement différents que nous sommes complémentaires.

Nous sommes souvent jaloux de toi. Tu es souvent le sujet de nos tourments.

Et pourtant, tu es notre miroir d’amour et de vérité.

Tu es puissante quand tu t’affirmes en sagesse, en écoute de l’autre, en sensibilité.

Parfois, tu oublies ta puissance et l’on te regarde comme une hystérie, un sexe faible. Nous les hommes, sommes trop fiers de reconnaître nos fragilités, nos erreurs. La peur nous fait commettre des actes répréhensibles.

Te condamner, te bafouer, c’est compromettre notre avenir.

N’use pas non plus de ta puissance car la haine des hommes peut s’acharner encore plus sur vous. Mais ne vous laissez pas faire.

Ajustons nos désirs, nos soifs d’amour et de complicité.

Nous devons, chacun, prendre notre juste place, se ré-ajuster, se respecter en vérité, communiquer pour essayer de mieux se comprendre. On ne se comprendra jamais complètement mais essayons quand même.

N’ayons pas peur de l’amour. Pas de l’amour de rose où tout est bisounours, où l’on est sur un nuage. Mais un amour qui s’incarne dans notre humanité tout entière. Où nos réalités s’avisent, font route ensemble. Quand l’amour prend du sens et donne du sens à nos actes de tous les jours.

Ayons un regard juste sur nos différences et d’accepter nos incompréhensions. Osons relever ce défi qu’est la confiance de l’autre dans quelque chose qui peut nous dépasser.

Nous les hommes, n’oublions pas de prendre soin de nos femmes pour qu’elles ne se tarissent pas comme une source en plein désert.

 

J’ai écrit ce texte après avoir regardé un très bon film : «  La source des femmes » de Radu Mihaileanu.

 

 

 

T’écrire une lettre

J’aimerai t’écrire une lettre

Une certaine lettre

Pour mettre les choses à plat.

Comment t’atteindre sans que tu te fâches ?

Comment te rejoindre et que tu comprennes ?

J’aimerai te dire que tu n’es pas responsable.

Pas responsable de ce qui fait ma vie.

Pas responsable de qui fait mon handicap.

Que je sois aveugle, tu n’y es pour rien.

Que j’ai des pieds bots, tu n’y es pour rien.

Que j’ai une maladie génétique, tu n’y es pour rien.

Que je sois sourd, tu ne pouvais rien faire

Ni même changer le cours de mon histoire,

Qui fait bien sûr partie de ton histoire

Mais qui n’est pas ton histoire.

J’aimerai t’écrire cette lettre

Pour t’amener à ne plus souffrir pour moi.

Pas à ma place. Pitié, pas de lamentations.

La vie est ainsi faite malgré les deuils à vivre.

Le deuil d’avoir son enfant comme les autres.

Le deuil d’être une mère parfaite.

Le deuil d’une vie droite et paisible.

Jamais je ne t’en voudrais parce que tu m’as engendré

Avec des blessures génétiques, des petits ratés.

Ne porte pas trop le poids de la culpabilité.

Tu n’es pas coupable pour ce que je suis.

La vie est faite de cabossages et de fissures.

Je voudrais te dire ces mots pour être aimé

De façon le plus juste possible.

Mon handicap est le revers d’une médaille.

De l’autre côté, c’est la rage de vivre.

Alors, ne t’inquiète pas, aie confiance.

Comme pour mes frères dans la galère génétique,

Chacun même sa propre vie à son rythme

Avec l’énergie influée par l’entourage.

Je t’écris cette lettre pour tenter d’apaiser

Les maux causés par le handicap de tes fils.

 

Je vous souhaite…

A l’orée de la semaine, je voudrais vous souhaiter

Des joies à n’en plus finir et du courage à revendre.

Si la galère vous plombe, je voudrais vous souhaiter

De croiser des regards encourageants et tendres.

C’est pour vous les vacances ? De bien se reposer

Et de profiter de vous changer les idées loin des maux.

Je vous souhaite de respirer et sourire, de positiver.

Je vous souhaite d’écrire, de chanter, crier vos mots.

Que votre intérieur soit plus léger chassant des remords.

N’ayez pas peur de vivre en ayant des petites morts,

Des renoncements pour un mieux-être et être  disponible

A son entourage, aux évènements, aux rencontres.

Je vous souhaite de ne pas être mis à l’écart, invisible

Et de croire en vos capacités, en vos décisions qui contrent

Les mauvaises langues, les jugements absurdes et faux.

Je vous souhaite d’entendre, d’écouter et de comprendre

Et d’avoir des instants de sérénité et moins d’esclandre.

Je vous souhaite de vivre tout simplement, de l’endurance

Pour persévérer et accomplir vos projets, vos rêves.

Je vous souhaite la rage de la liberté intérieure, sans trêve

Et pleins d’espoirs et de solidarité à outrance.