Etre éduc spé ?

Comment être un éducateur spécialisé ?

Tout d’abord, ne pas se former et ne se fier qu’à ses intuitions.

Ne jamais faire de lien entre la théorie et la pratique. Les livres, c’est pour les intellos.

Ne jamais se remettre en question et de ne pas tenir compte des critiques, peu importe s’il est positif ou négatif. Il n’y que toi qui te connais et tu ne te fies qu’à tes propres jugements de valeurs.

Tu imposes tes règles sans devoir te préoccuper du bien être et de la dignité de la personne que tu accompagnes.

La loi, c’est pour les coincés, les tordus. Tu sais ce qu’il faut faire.

Ne travaille pas en équipe. L’équipe ne peut que poser des problèmes.

Évite les conflits, cela ne sert à rien et tiens-toi sur ce que tu as décidé.

Ne tiens pas compte de ta fatigue, des sauts d’humeur, c’est du pipeau.

Quand tu dois être têtu et obstiné, c’est la seule façon de réussir et de faire carrière.

N’essaie jamais d’écrire et si tu écris, utilise ton propre langage de crainte qu’on te découvre.

Fais-toi de la pub pour dire que tes actions sont les meilleurs.

Fais à la place des autres qui ont besoin d’aide, tu iras plus vite.

Si un jeune t’énerve, tu lui fous une baffe et tu fais croire à tes collègues que c’est de la légitime défense.

En gros, si tu te retrouves dans un de ces items, tu te goures de métier.

Je souhaite à chaque étudiant et jeune professionnel un bon courage, de se faire confiance et de trouver des appuis extérieurs à qui vous pouvez faire confiance et qu’ils vous font confiance.

Ne vous mettez pas la barre trop haute au niveau du public auprès de qui vous souhaitez travailler.

Respectez-vous, avec vos limites et vos talents pour mieux respecter ceux que vous accompagnez et vos collègues.

Pleins de courage à vous tous.

Texte écrit en 2013! 

Boite à outils du travailleur social

Boite à outils du travailleur social

  • Téléphone portable, avec répertoire des contacts nécessaires dont le samu… on ne sait jamais
  • Pansements, cotons et alcools pour soigner petits et gros bobos.
  • Un micro HF pour moins tendre l’oreille et écouter de manière confortable
  • Un crayon et bloc notes… pas la peine de dire pourquoi, hein ?
  • Une canne à pêche pour attraper les gamins ou les adultes fugueurs… ah non, cela ne rentrera pas dans la boite à outils
  • Un couteau suisse évidement pour des réparations de dernière minute (Bricolage, voiture qui tombe en panne)
  • Une gourde d’eau ou un thermos de café pour se déshydrater et tenir jusqu’au bout de notre intervention.
  • Des baskets inusables pour pouvoir courir dans tous les sens
  • Un coussin transportable pour nos pauvres fessiers lors des réunions d’équipe, des réunions institutionnels, etc.
  • Un petit mémo des sigles au cas où on aurait un trou de mémoire.
  • Une télécommande pour faire baisser le volume des personnes qui hurlent à longueur de journée.

Tout cela dans un sac à dos aux multi-poches, aux tissus indéchirables, imperméables.

Avec, en bonus : Un masque de cire reprenant exactement la forme de votre visage avec un grand sourire :

Souriez même si vous êtes déprimé.

 

La boite à outils vous est offerte*

sous conditions : paiement d’une somme de 1.152.145 euros soumis à la TVA.

Qui sont donc les travailleurs sociaux ?

Quels sont leurs visages que la plupart ont du mal à imaginer ?

Des gens qui sont présents pour combler un manque, pour être médiateur, pour être passeur d’humanité, pour accompagner des gens en souffrance, tout types de souffrances.

L’image d’Épinal des travailleurs sociaux serait du plâtre pour reboucher les trous dans les murs, ou bien des puching ball remplaçant la société qui n’assume pas la différence, l’exclusion.

Qu’avons- nous comme travailleur social ? Il y a des éducateurs spécialisés, des moniteurs-éducateurs, des assistantes sociales, des conseillers conjugaux et familiaux, des aide-médico-pédagogique, les psychologues. Puis il y a des corps de métiers para-médicaux qui assurent malgré eux le lien social tel que les orthophonistes ( logopèdes pour les Belges) , les kinés, les médecins, les infirmiers, les psychiatres et pleins d’autres.

Il ne suffit pas aux travailleurs sociaux d’être des tampons, des éponges mais un corps en entier qui écoute, agit, accompagne, lutte pour préserver l’intégrité, la dignité de chacun.

Je suis éducateur spécialisé dans l’âme me battant pour faire changer les regards sur le handicap, sur les différences, pour faire le lien et construire des chemins adaptés à chacun selon leurs histoires, leurs forces et fragilités.

Je prends du plaisir, dans mon métier, à innover, créer des outils pour que chacun puisse s’exprimer, que chacun puisse acquérir son indépendance. La patience est de mise dans la répétition d’un cadre sécurisant, apaisant selon l’ambiance de l’institution. Tissage de liens par la confiance, l’écoute, le respect, la bienveillance avec rigueur.

Pour les travailleurs sociaux, il nous faut des moyens pour répondre aux personnes en souffrance. Comment prévenir, limiter la casse d’une chute vertigineuse de la misère sociale si les politiques ne nous soutiennent pas ?

Comment faire passer de l’intérêt personnel à l’intérêt général ? Que chacun de nous, on peut trouver notre compte si on met chacun du sien, là où on est.

Osons le partenariat, les possibles échanges de nos compétences pour faire face aux écueils.

J’ai expérimenté dans mon métier l’intérêt d’une équipe soudée. Les personnes qui ont été accompagnés en sortent grandis car ils font face à des adultes cohérent entre eux, responsable de leurs décisions et justes.

Je voudrais vous partager que j’y crois encore et qu’il faut arrêter de se lamenter, d’être fatalistes. Oui, il y aura toujours des idiots, des individualistes. Nous sommes là aussi pour les remettre à leur place. Pour que les choses changent, avancent, il faudrait d’abord changer nous-mêmes.

À ceux qui ne sont pas dans le social, n’oubliez pas les travailleurs de l’ombre. Venez les soutenir comme vous êtes, en les regardant de manière plus juste.

Je vous souhaite d’être lucide, réaliste, engagé dans ce qu’il vous paraît possible de mener combat.

Osons être ensemble malgré nos divergences.