Chroniques d’un éducateur #21 Amplitude horaire et fauteuil électrique en panne

Bonjour tout le monde, me voici donc de retour sur les routes de l’intérim. Depuis la semaine dernière, j’enchaine des journées de 12h dans un foyer d’accueil médicalisé que je connais très bien et que j’apprécie.
Une question me taraude malgré tout : Comment peut-on faire du bon travail et être disponible auprès des résidents quand on accumule beaucoup de fatigue avec de grandes amplitudes horaires. Je pense énormément aux soignants, aux aides-soignants qui peuvent enchainer des gardes, surtout les internes qui peuvent faire jusqu’à 60 heures la semaine. Est-ce humain ? Et vous ? Comment le gérez-vous ?
Une aide-soignante me disait : « Je le fais pour les résidents ». Comment apporter un cadre sécurisant quand soi-même, avec la fatigue, on peut faire des erreurs, moins assuré dans les gestes ?
Jusqu’à quel point dois-ton se mettre au péril au risque de fragiliser une vie familiale et même une vie personnelle ?
Ceux qui imposent ces horaires, ont-ils déjà vécu ces amplitudes de travail ?
Bref, il est nécessaire de savoir dire non et de se préserver malgré tout. Je ne ferai pas toutes les semaines sur ce que je suis en train de faire en ce moment: 39,5h en 4 jours! C’est l’avantage de l’intérim, c’est de pouvoir jongler et trouver un juste équilibre quand il le faut.

Hier, un résident a eu son fauteuil électriques en panne. Un problème de moteur. Heureusement, j’ai trouvé le mode manuel. Je n’apprends à personne mais c’est très lourd à pousser. Ce matin, je l’ai accompagné dans la cour en poussant bien faire, en faisant un sprint. Il était hilare et moins en sueur. Bien sûr, dans sa chambre, il a un fauteuil manuel, plus léger mais il sera tout aussi dépendant, car il ne pourra pas se déplacer seul. Vivement que son fauteuil soit réparé et retrouve sa liberté de déplacement.

Alors quels sont vos records d’amplitudes horaires et comment l’avez-vous vécu ?

Selfie après une journée de 12h d’affilée