Vivien, a sourd-in work # Animateur socio-culturel au Sénégal

Après mon diplôme d’éducateur spécialisé, je suis parti un an au Sénégal en tant qu’animateur socio-culturel dans un collège privé catholique, avec la DCC (Délégation Catholique pour la Coopération )
Avant de partir, j’ai eu quand même un long temps de préparation avec un week-end interculturel à Lille, puis un week-end d’orientation à Bruxelles. Quand on m’a proposé la mission, j’ai rejoint un stage de préparation au départ, bien intensif à Carquefou (Nantes). Pour la petite anecdote, j’ai su pour la mission quand un proche m’a appelé pour lire le courrier, car j’étais ce jour là, sur le plateau du Vercors. Je m’étais perdu dans le brouillard pour tenter de rejoindre ma famille. A l’annonce de lieu de ma mission, ma joie était telle que j’ai pu retrouver ma lucidité et mieux comprendre où je m’étais perdu. J’ai retrouvé facilement par la suite mon chemin à cause d’une mauvaise lecture de ma carte IGN. (Le comble pour un géographe que j’étais).

Au niveau technique, j’ai du faire le point comment proteger mon appareil auditif avec une boite asséchante, vue que je serai en milieu tropical et à 600 km de la capitale. Ne valait mieux pas tomber en panne. Et pour les piles auditifs. J’ai fait mon stock pour l’année. Ma dernière pile est tombée en rade juste en revenant du Sénégal à l’aéroport de Marignane. La chance, n’est-ce pas ?

A mon arrivée à Vélingara, en pleine nuit avec mes partenaires avec qui nous avions roulé 12h sur une route cahoteuse, je pris possession de ma chambre avec un néon, digne d’une chambre d’hôpital.
Bref, ma mission consistait à gérer deux rayons de livres au fond d’une classe, de mettre en avant les livres d’éditions africaines. Ensuite, de faire des ateliers lectures et d’animer les temps de pause et le mercredi après-midi.
Avec les élèves, la communication fut difficile au début car je ne comprenais pas ce qu’il disait avec leurs accents. Et c’était réciproque. Mais heureusement, au bout d’un mois, nous arrivions à échanger et à se comprendre.
Au bout de six mois, après mieux appréhender la culture et les intérêts des élèves, j’ai fait des tournois de scrabble et de questions pour un champion. J’ai participé aussi aux temps forts du collège et ce fut un régal.

Je logeais dans une communauté religieuse, deux frères de Ploërmel, au sein du collège, aux abords de Vélingara. Je me régalais au niveau de la nature et avec les oiseaux (50 espèces qui y vivaient ou y passaient). Et le soir, régulièrement, je débriefais avec les frères, dont l’un était le directeur du collège et l’autre, professeur et mon partenaire.
Je m’étais fait de très bons amis sénégalais dont malheureusement, je n’ai plus de nouvelles ou décédés depuis. Je pense notamment à Jean-Marie Coly, Sylvain, Père Joachim Badiane Gomèze. Et une pensée particulière à mon partenaire Frère Pierre, décédé en décembre 2019!
Certains anciens élèves me suivent sur Facebook et garde de mon passage un bon souvenir. (Ouf!)

Des contacts avec d’autres volontaires du pays ? J’en avais surtout par téléphone car ils étaient tout à 12h de route! Compliqué pour se retrouver pour le week-end. Je les ai juste retrouvé au bout de six mois, lors de mes vacances de février à Popenguine.

Mon expérience fut tellement riche que c’est compliqué de vous résumer tout cela en un article. J’ai beaucoup appris et me suis épanouie dans la richesse interculturelle.
Mais si je suis revenue il y a 13 ans, les souvenirs sont toujours vivaces. Des phrases de mon partenaire me reviennent et m’aident à prendre du recul quand c’est difficile dans les relations humaines au niveau des différences culturelles et religieuses. C’est une expérience à vivre, après un diplôme c’est l’idéal mais à tout moment aussi. Car des familles et des jeunes retraités sont aussi partis en volontariat.

Deux ans après mon retour, j’ai été délégué bénévole du diocèse de Lyon pour animer le réseau des anciens volontaires pendant 6 ans.

Voici quelques photos de mon séjour au Sénégal ! (Y en pleins d’autres sur mon blog sur le Tag Sénégal)


Et une vidéo que j’avais faite :


Silent Sunday #96

[Projet 52-2020] #45 – Pluie

Cette semaine, pour le projet de Ma’, c’est la pluie. Je me dis que c’est un signe car il n’a pas plus depuis longtemps ici même si ça reste vert et humide !
Je pourrai vous chanter I’m singing in the rain, mais je vous fais grâce de cette épreuve.
Je songe à une photo mais faudra déjà que je la retrouve 😀
C’est chose faite en trouvant dans mes archives de 2014. Des gouttes tout simplement !

Et pour transgresser, si vous n’avez pas vu ma vidéo d’hier, la voici, cela pourrai faire venir la pluie puisque je chante dans cette vidéo! Prenez vos parapluies !

Alors, les autres participants ? Quelle pluie nous reservent-t-ils ?

Est-ce qu’un sourd peut chanter ?

Oui, je sais! Deuxième article en une journée mais je ne pouvais pas attendre mardi prochain. J’avais hâte de vous partager cette vidéo !

Très belle soirée à vous !

Souvenirs belges

Quand j’étais étudiant à Tourcoing, j’en avais profité pour faire des excursions en vélo, dont une qui m’a beaucoup plus, où je suis allé jusqu’à Courtrai (Kortrijk en néerlandais), en longeant des canaux, puis direction Tournai pour ensuite récupérer le canal vers Roubaix. !
Voici quelques photos que j’ai récupéré sur un CD 😀

La qualité n’est pas extraordinaire. J’avais un petit appareil photo compact. (Mon premier numérique ? 😀 )

Y en a qui reconnaissent les lieux ?

A ras de champignon

Photo prise avec mon smarthphone dans le rayon d’un km de chez moi 😁

Poêlée non garantie de champignons

Je décline toute responsabilité si vous cueillez ces champignons et que vous tombez malades. Si ça se trouve, il y en a aucun de comestible!

Milan royal en chasse

Un rongeur dans le bec du milan, sans doute
En zoomant un peu, on peut voir des cuisses de crapaud entre ses pattes! Bon appétit

Vivien, a sourd-in work # Educateur Spécialisé

Dans quoi je me suis embarqué pour vous raconter mes souvenirs d’éducateur spécialisé en peu de mots, de la formation à mes expériences professionnelles qui ont duré 3 ans – .
En 2004, quand j’ai intégré la formation pour être éducateur spécialisé, j’étais dans une promo spéciale, intensif pour deux ans car j’avais un bac+3. Nous étions donc 15 exactement.
Ces deux années d’études furent pour moi un vrai régal, avec une ambiance très cordiale, solidaire malgré quelques couacs. Je me souviens de la formatrice référente qui m’a beaucoup soutenu, surtout quand je passais des caps difficiles lors des stages. (Malentendues avec une salariée par exemple).
Au niveau de ma surdité, je suis très peu intervenu au sein du groupe pour demander de parler un peu plus fort. Je ne l’ai fait qu’une fois. Et cette fois-là, j’ai eu droit à une note d’un formateur sur mon bulletin : « Parle trop de son handicap ». Faut pas chercher à comprendre.
Il y avait deux matières qui furent plus difficiles pour moi : Le droit et l’économie. J’avais galéré pour faire les dossiers. Lors d’un cours, je me souviens d’avoir confondu en écoutant le mot constitution, j’avais entendu prostitution !
Mes matières préférées ? La psychologie du développement, le GAP (Groupe d’analyse de la pratique), psychosociologie et pédagogie.

Quels stages j’avais fait ? J’ai été dans une MECS (Maison d’Enfants à Caractère Sociale) pendant 3 mois, et pendant 9 mois, dans un ITEP (Institut Thérapeuthique Educatif et Pédagogique). J’ai mis le sigle de l’époque. Cela a changé entre temps.
Mon mémoire était sur « le jeu chez l’enfant ayant des troubles de la personnalité et du comportement ». Le titre exact était : « Viens…. Laisse-moi jouer ». J’avais créer des jeux coopératifs, ou adapté des jeux pour aider les jeunes à se concentrer et finir la partie. Un pur régal même si j’ai galéré pour l’écriture du dossier. L’oral en fin de cursus s’était très bien passé et les examinateurs avaient bien pris en compte ma surdité.
Les seules difficultés que j’ai eu, c’est de pouvoir gérer les conflits en groupe car je ne pouvais pas comprendre (j’entendais un mot sur deux) les jeunes dans un brouhaha. Puis je ne pouvais pas répondre aux insultes. Je pouvais juste deviner à travers les regards et les gestes. Ces difficultés se sont retrouvées quand j’ai été éducateur de rue pendant 6 mois en 2008-2009.

Au niveau professionnel, auprès de quels publics j’ai travaillé ?
Tout d’abord auprès des jeunes de quartier puis auprès d’ados ayant des troubles de la personnalités et du comportement dans un ITEP. J’ai bien compris par la suite que c’était pas un public pour moi car j’ai eu un burn-out en avril 2010.
Ne jamais se mettre en situation difficile !
Ne jamais aller au delà de ses capacités.
J’ai expérimenté auprès des adultes déficients intellectuels (un vrai plaisir) et enfin auprès des enfants ayant des troubles autistiques. C’est cette dernière expérience qui m’a valu le coup de grâce sur mon métier. J’avais beaucoup apprécié travaillé avec ce public mais les conditions de travail m’ont achevé.

– Vivien, c’est un peu déprimant ton témoignage là ! Un message positif à faire passer malgré tout ?
Ne jamais abandonner ses rêves, ses convictions !
J’ai continué à oeuvrer pour le social autrement, sur les handicaps à travers les écrits, divers petits boulots. Il m’a fallu du temps c’est sûr pour rebondir mais j’ai pu avancer, expérimenter.

Prochain boulot ? Je reviens un peu dans le temps car juste après mon diplôme d’éducateur spécialisé, j’avais décidé de partir en volontariat.
Je suis donc parti un an au Sénégal en tant qu’animateur socio-culturel dans un collège privé catholique.

Lors d’un atelier Expression artistique pendant ma formation d’éduc spé

Silent Sunday #95