Merci tout simplement

Merci tout simplement.
Merci pour ce que vous êtes.
Merci pour le petit sourire de ce matin.
Merci pour le bonjour malgré mon silence.
Merci pour le bout de pain alors que je mendiais.
Merci pour ton oui quand je t’ai demandé un service.
Merci pour ton simple mot qui m’encourage.
Merci pour ta présence à coté de mon lit d’hôpital.
Merci de m’avoir prêter un livre pour me détendre.
Merci pour ton silence quand j’en avais besoin.
Merci de m’accueillir.
Merci pour ton retour sur ce que je fais.
Merci pour le petit plat que tu as cuisiné alors que j’étais crevé.
Merci d’avoir fait la vaisselle.
Merci d’être revenu.
Je n’aurai jamais fini de dire merci même si pour toi, c’est gratuit.
Merci même si c’est pour toi normal.
Merci d’accueillir mon merci.
Pour ceux qui croient, merci à Dieu pour ce qui je suis avec mon handicap, mes fragiltés et surtout avec mes forces.
Alors Merci tout simplement. 

Chercher l’essentiel

Où te caches-tu l’Essentiel?
Je te cherche dans le quotidien pour alléger mes soucis, mes pesanteurs.
Je te cherche parmi l’actualité du monde.
Je te cherche dans mes lectures, dans mes détentes à travers le jeu, la musique.
Je te cherche à travers les visages de touts ceux que je croise.
Je te cherche dans l’écriture, le dessin, le théâtre, l’informatique, le jardinage et bien d’autres passions faisant appel à mon plaisir de créer.
Je te cherche a travers mes sens.
Je prends le temps de t’écouter au moindre silence.
Je prends le temps de te goûter à la moindre saveur.
Je prends le temps de sentir ton parfum au moindre senteur.
Je prends le temps de te voir à la moindre beauté.
Je prends le temps de te toucher à la moindre délicatesse.
C’est en te regardant dans le miroir que je te trouve.
Tu t’épanouis au moindre de mes reflets et qui jaillit dans mon entourage.
L’essentiel pour chacun est très subjective en fonction de ce qu’il a vécu, de son environnement, de ses valeurs. 
Nous pouvons nous retrouver sur l’essentiel comme on ne peut pas s’entendre. 
L’importance, c’est d’accepter ce qui fait sens pour nous et que l’autre a son propre essence.

Je me souviens

Je me souviens de ces heures passées à lire des histoires africaines, des contes croustillants.
Je me souviens des chants métalliques des merles, qui se nichaient par dizaine à coté de la classe. Un vacarme!
Je me souviens des clameurs et des rires dans la classe d’à coté.
Je me souviens des rires des élèves qui se parlaient avec des voix haut perchés.
Je me souviens des chèvres se promenant dans la cour dont une qui est entrée une fois dans la bibliothèque.
Je me souviens de Mame, la cuisinière qui n’arrêtait pas de rire et s’exclamait:  » Waaaaw ».
Je me souviens des professeurs qui se réunissaient dans la salle pour boire du bon bissap.
Je me souviens des parties de scrabble endiablés avec des jeunes de 6èmes.
Je me souviens de la chaleur accablante où les feuilles me collaient au bras quand je corrigeais des copies.
Je me souviens d’un taxi brousse où il n’y avait que la carroserie, pas de ceinture . J’étais à l’avant et j’avais prié pendant une heure trente avant d’arriver à destination.
Je me souviens de mes balades seul dans la brousse, de mes traversées des villages, de mes rencontres des chefs de village, de mes voyages en charrette tiré par un cheval.
Je me souviens de la musique à fond lors des fêtes, les enfants jouaient à coté des bafles, et les femmes avaient mises leurs plus belles couleurs.
Je me souviens de ces repas autour d’un seul plat de riz et de poisson:  » Le thiéboudiène ».
Que c’est bon de revoir les photos et de renouer contacts sans tomber dans la nostalgie et dans la morosité.
Que c’est bon d’être là à se souvenir et d’avancer gaiement dans notre vie actuelle.

Face au Handicap

Parlons aujourd’hui du handicap.
Pitié, pas de:  » Nous avons tous un handicap! ». C’est une phrase à tout va et qui ne veut rien dire.
Le vécu du handicap est très subjective selon les histoires de chacun, de son environnement, de son éducation et bien sur de la société. 
Il y a des handicaps plus au moins visibles. Je sais, le mot « handicap » peut mettre mal à l’aise. Voulez-vous qu’on parle de déficience? 
Je voulais vous partager les forces que nous pouvons avoir malgré les déficiences. Ces forces surgissent bien sur selon les personnes et comment ces personnes les ont mis à contribution et comment ils ont été accompagnés. 
Ces forces, c’est la compensation du handicap.
Par exemple, pour un aveugle, il peut énormément développer le toucher, le ressenti de l’environnement plus que les voyants. Un sourd peut plus développer le sens de l’observation, le sens de l’esthétique. 
A quel moment je peux dire:  » Je suis une personne ayant un handicap ». Certains le sont mais ne se considèrent pas comme handicapés, déficients ». Et pourtant, dans la vie quotidienne, ils sont face à leur handicap dans des situations gênantes. 
En fait, ce n’est pas le handicap qui est gênant, c’est une certaine situation qui nous met en difficulté et le regard qui est porté sur nous. Bon, ok, je m’y mets un peu mais à un certain niveau.

Comment sommes-nous face au handicap?
Tout dépend de notre vécu, de nos expériences, de notre capacité à prendre de la distance face au malaise face à la différence.
Pour ma part, il ne faut pas différencier l’handicap avec le caractère de la personne car nous risquons de nier son handicap. C’est juste mettre la personne à sa juste place.
Il me semble important de voir que la personne est un tout comme une maison avec des fondements, des murs avec à l’intérieur, une ambiance subtile établie selon chacun. Nous pourrions dire que l’handicap, c’est qu’il manque un toit, ou bien il n’y pas de cuisine, il n’y pas d’eau courante ou pas de ligne téléphonique. Alors on trouve des solutions pour adapter selon les besoins de chaque maison. 
Je pourrai dire que ma maison est garni de portes vitrées, un grand salon pour accueillir pleins de monde, pleins de cartes et de photos qui ornent les murs mais la ligne téléphonique passe très mal et il y a une très mauvaise isolation sonore. Inutile de crier, les grésillements, les résonances se feront pire. Alors on se déplace pour être face à face. 
Donc pour ceux qui n’auront pas compris, quand un sourd/malentendant vous demande de répéter, pitié, ne parlez pas plus fort, c’est très désagréable. 
C’est comme si on augmentait la luminosité de la télévision auprès d’un aveugle! Très irritant, non?
Il est important de mettre des mots et de ne pas projeter sur ce que l’autre pourrait penser à travers ce que l’on fait, ce que l’ont dit. Soyons plus plus simples, plus vrais!
Je ne te demande pas d’être sourd avec moi mais simplement toi tel que tu es avec moi.

Cadeau

Allez! Cadeaux pour tout le monde.
Un grand sourire pour le gars immonde.
Une petite pièce pour le trésor public.
Un beau billet pour le clochard sans fric.
Un vrai regard pour les aveugles et sourds,
Une vraie présence pour les absents des jours. 
Allez, un petit mot par monts et vaux.
Tout se vaut, sauf l’opulence. Tout se vaut
Et qui contribue à la beauté de l’homme
Dans sa plénitude solidaire et fraternelle.
Je vous donne toutes les sommes
Pour gonfler votre coeur d’énergie,
Et pour apaiser votre esprit sans orgie.
Dehors les billets et les lingots sur pattes.
Venez partage et échange de compétences!
Venez talents et semeurs d’idées géniales
Pour témoigner et sensibiliser sans peurs
Les gens avide de savoirs et de relations.
C’est Noêl. C’est Noël pour l’éternité. 

L’impuissance face au froid

Il fait froid dehors!
Je ne peux pas sortir.
Et pourtant leur sort
me révolte. Bientôt la mort
Pourrait les cueillir en silence
Alors que je suis en balance
Entre mon impuissance, ma frayeur
Et mon désir de leur trouver un abri.
Que me faut-il pour bouger? Un cri?
Un cri qui me transperce au coeur.
Il neige et je les imagine calfeutrés.
Et moi, au chaud aux tristes traits 
De lacheté. Comment consentir à agir?
Douloureux silence face à la misère.
Il gèle à faire fendre la pierre.

La colère du guerrier

Colère qui rugit
Comme un volcan surgit
Du fond d’un océan.
Les mots ne sont guère séants
Où les phrases ricochent
Ou pénètrent dans des sacoches
D’amertumes et de rancoeurs.
Le guerrier bouillonne, s’élance
Dans un vide de silence
Pour guetter, épier les coeurs
Qui l’accepteraient sans peurs.
Il hésite, la raison le statufie.
Et pourtant, il doit avec défi
Aller contre les préjugés à son égard.
Il court avec sa lance levée
Vers le ciel au regard hagard.
Arrivé sur un rocher délavé,
Il crie faisant fuir les lions.
Les éléphants défaillent. 
Les gnous se ruent dans une faille. 
Les hyènes pleurent par millions.
Les rhinocéros dansent la samba. 
Les gazelles chantent la rumba.
Et les panthères draguent les zèbres.
Le guerrier, avec sa lance, zèbre
La roche granitique de cent livres. 
Un doux parfum l’enivre.
Une femme d’ébène le cueille d’amour
Et l’emmène pour mille glamours.
Le guerrier lâche ses armes
Et de joie, libère ses larmes.

Le frère de Pinocchio

Un scoop

C’est vraiment extraordinaire!
Quel événement sensationnel.
Tout simplement irrationnel.
C’est au delà de l’imaginaire. 
Elle deviendra une célébrité.
Tout le monde sera en hilarité,
En furie devant la star montante.
Elle est une bombe, une mutante
Aux dons phénoménales, géniales.
Elle est toute magique, spéciale.
Elle fait fondre les coeurs des durs. 
En la voyant, que peut-on être sûr? 
Elle marche en levant ses bras,
Toute victorieuse, en abracadabra.
Les parents sont aux anges, ravis.
C’est une vraie leçon de vie
Avec son rire transcendant les âmes.
Son visage rayonne, nous enflamme.
Merci d’avoir suivi ce reportage magnifque
Réalisé par votre journaliste prolifique.

Violence soudaine

Alors que la violence peut jaillir à tout moment
vous secouer, vous saisir en plein tourment.
Toute votre être se retrouve dans un dénuement,
d’imque.puissance et de détresse tout pleinement.

Vous seriez tenté par le désespoir en ce monde
Face aux agressions qui vous prennent aux viscères.
Je comprends que vous pleuriez face à l’immonde.
Ne restez pas seul. Trouvez-vous des amis sincères.
Tu n’es pas seul face à ce qui te traverses, te bouleverses.
Je comprends que tu veuilles te laisser aller dans le désespoir.
Maintenant, quelqu’un peut t’écouter quelque part ce soir. 
Ne te néglige pas. Prends ta veste et des converses.
Viens marcher et mettre des mots sur ce que tu as subi.
Respiration malgré le stress. Lâche ton trop plein.
Ne reste pas seul, prends toi du répit.
L’écoute, l’amitié, se sentir compris sont un tremplin.
Oui, la violence peut être soudain, incompréhensible.
Après le choc, en prenant de la distance, tout est possible
Pour garder un regard optimiste teinté de réalisme.

Poème écrit après avoir subi une agression verbale et un peu physique