Cantate d’un taulard

Répression

Condamnation

Détention.

Humiliation.

 

Déshumanisation.

 

Des années s’écoulent, je suis un taulard.

Mon cœur devient dur comme la prison,

Lieu de violences, d’injures et de molards.

Ma peau est imbibée des mortes saisons

Où la haine me fouette en plein visage

Au soleil des promenades de corruptions.

J’ai des frères de cellule en éruption

De colère envers la justice et leurs rouages.

 

Dans les couloirs, se complotent des délations

Ou bien des évasions, de mutineries sans sommation.

J’ai parcouru la France menotté,

De la Centrale à la Santé,

 

Ma liberté est toute dérisoire et précaire.

Quand je sortirai, quel homme je serais ?

 

Rage.

Engrenage

Lente Récidive.

Infraction maladive.

 

Alors qui acceptera d’aimer un homme blessé ?

Un homme au tempérament fougueux et cassé ?

Qui me regardera sans me juger et me jauger ?

Qui me tendra la main avec confiance sans danger ?

 

( Inspiré du livre:  » Prison, des rats et des hommes » de Maurice Marchal, et auteur rencontré hier sur une place de Lyon )

Qui suis-je? Jason ou Pierre-Henri?

Je m’appelle Jason.

Jason Richard, né en 1972.

Je suis avocat d’affaires à Bourgoin.

J’aime jouer du violon et des percussions.

 

Je m’appelle Kévin.

Kévin Bergein, né en 1945.

Je suis à la retraite.

J’ai été secrétaire médical à Vincennes.

 

Je m’appelle Pierre-Henri.

Pierre-Henri De La Galaire, né en 1987.

Je suis agent d’entretien à Clampin.

Je fais souvent du golf et de la couture.

 

Je m’appelle Liliane.

Liliane Ben Ducloux, né en 1975.

Ecrivain public à Berck.

Je suis conseillère municipale.

 

Je m’appelle Maguy.

Maguy Tendre, né en 1992.

Je me forme pour être prof de sport.

Je suis passionnée par le modélisme.

 

Je m’appelle Inès.

Lucile Bhruthaleux, né en 1969.

Je suis caissière à Versailles.

Je suis classée 2/5 au tennis

Et ait affronté deux fois Steffi Graff.

 

Je ne donne pas mon prénom ni mon nom.

Je suis né à une certaine année.

Je fais un certain métier qui m’épanouit.

Je suis engagé, passionné pour une certaine cause

Sur lequel je n’ai pas à me justifier.

Qui pensez-vous que je pourrais être ?

M’imaginez-vous noir, beur ou jaune ?

Qu’est-ce que ça change pour vous de savoir mon origine, mon passé ?

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Mon prénom peut vous induire en erreur ainsi que mon nom de famille.

Vous-êtes sur ?

Très bien, je m’appelle Nassim De La Marinière.

Alors, quel effet cela vous fait ?

 

 

Lettre d’un homme à une femme

 Femme, nous sommes rien sans toi.

Femme, tu es le sujet et non l’objet de notre admiration.

Nous te devons le respect car sans toi, nous ne pourrions pas avoir un autre regard sur le monde qui nous entoure. Nous sommes tellement différents que nous sommes complémentaires.

Nous sommes souvent jaloux de toi. Tu es souvent le sujet de nos tourments.

Et pourtant, tu es notre miroir d’amour et de vérité.

Tu es puissante quand tu t’affirmes en sagesse, en écoute de l’autre, en sensibilité.

Parfois, tu oublies ta puissance et l’on te regarde comme une hystérie, un sexe faible. Nous les hommes, sommes trop fiers de reconnaître nos fragilités, nos erreurs. La peur nous fait commettre des actes répréhensibles.

Te condamner, te bafouer, c’est compromettre notre avenir.

N’use pas non plus de ta puissance car la haine des hommes peut s’acharner encore plus sur vous. Mais ne vous laissez pas faire.

Ajustons nos désirs, nos soifs d’amour et de complicité.

Nous devons, chacun, prendre notre juste place, se ré-ajuster, se respecter en vérité, communiquer pour essayer de mieux se comprendre. On ne se comprendra jamais complètement mais essayons quand même.

N’ayons pas peur de l’amour. Pas de l’amour de rose où tout est bisounours, où l’on est sur un nuage. Mais un amour qui s’incarne dans notre humanité tout entière. Où nos réalités s’avisent, font route ensemble. Quand l’amour prend du sens et donne du sens à nos actes de tous les jours.

Ayons un regard juste sur nos différences et d’accepter nos incompréhensions. Osons relever ce défi qu’est la confiance de l’autre dans quelque chose qui peut nous dépasser.

Nous les hommes, n’oublions pas de prendre soin de nos femmes pour qu’elles ne se tarissent pas comme une source en plein désert.

 

J’ai écrit ce texte après avoir regardé un très bon film : «  La source des femmes » de Radu Mihaileanu.

 

 

 

Une rupture d’un amour d’adolescent

Au clair de lune, sur la plage

Auprès de l’océan qui rugit

Les écumes nous appellent ,sages .

La lune t’illumine, tu rougis.

 

Comme dans un rêve,

Où la brise douce se lève

Nous caressant nos visages

Et tes larmes qui sont de passage.

 

Il n’y aura rien entre nous.

Je sais ! Je ne fais pas la moue.

Je suis triste tout simplement.

J’ai envie de crier tout doucement.

 

Tu dis des mots qui réchauffent

Mon cœur qui s’est refroidit.

Baiser d’un rayon de lune sur les ondes.

Je me sens léger comme une bulle ronde.

 

Tu marches loin de moi.

Mais tu me souris quand même.

Gêné, je reste un peu blême.

Ton amour t’attend loin de toi.

 

Traînant dans le sable avec force,

J’essaie de pleurer, je m’efforce.

Mais loin, loin de toi

Pour ne pas avoir honte de moi.

 

Dans le silence léger de la nuit,

Avec les chants des vagues de l’océan,

Un mot sort de ta bouche, tout petit.

Un mot qui restera en moi tout le temps.

 

Un mot, plutôt des mots :

«  On reste amis, je t’embrasse »

Tu me laisses seul près de l’eau.

Les vagues m’enlèvent et me débarrassent.

 

 

Texte extrait d’une pièce écrite en 2004:  » Le bruit du silence », Copyright 2004. Vivien Laplane

 ( Déjà 10 ans)!

Un chemin?

Quêter

Enquêter

Examiner

 

Explorer

Quérir

 

Chiner

Essayer

Tâcher

Tenter

 

Rechercher

Farfouiller

Fouiller

Fouiner

Fureter

Scruter

 

Enquérir

Questionner

Supposer

Réfléchir

Calculer

Inventer

 

Trouver

 

Organiser

Anticiper

 

Equilibre et dynamique de vie

Persévérer et garder l’envie

De réussir

D’accomplir

D’atteindre un but.

 

 

Un sort bé!

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Sortir d’un enfer blanc

S’éloigner et contempler

Ou ne plus se retourner

Pour glisser vers un ailleurs

Et défier d’autres sorts.

T’écrire une lettre

J’aimerai t’écrire une lettre

Une certaine lettre

Pour mettre les choses à plat.

Comment t’atteindre sans que tu te fâches ?

Comment te rejoindre et que tu comprennes ?

J’aimerai te dire que tu n’es pas responsable.

Pas responsable de ce qui fait ma vie.

Pas responsable de qui fait mon handicap.

Que je sois aveugle, tu n’y es pour rien.

Que j’ai des pieds bots, tu n’y es pour rien.

Que j’ai une maladie génétique, tu n’y es pour rien.

Que je sois sourd, tu ne pouvais rien faire

Ni même changer le cours de mon histoire,

Qui fait bien sûr partie de ton histoire

Mais qui n’est pas ton histoire.

J’aimerai t’écrire cette lettre

Pour t’amener à ne plus souffrir pour moi.

Pas à ma place. Pitié, pas de lamentations.

La vie est ainsi faite malgré les deuils à vivre.

Le deuil d’avoir son enfant comme les autres.

Le deuil d’être une mère parfaite.

Le deuil d’une vie droite et paisible.

Jamais je ne t’en voudrais parce que tu m’as engendré

Avec des blessures génétiques, des petits ratés.

Ne porte pas trop le poids de la culpabilité.

Tu n’es pas coupable pour ce que je suis.

La vie est faite de cabossages et de fissures.

Je voudrais te dire ces mots pour être aimé

De façon le plus juste possible.

Mon handicap est le revers d’une médaille.

De l’autre côté, c’est la rage de vivre.

Alors, ne t’inquiète pas, aie confiance.

Comme pour mes frères dans la galère génétique,

Chacun même sa propre vie à son rythme

Avec l’énergie influée par l’entourage.

Je t’écris cette lettre pour tenter d’apaiser

Les maux causés par le handicap de tes fils.

 

C’est ainsi…

C’est ainsi qu’il voudrait jouer.

Jouer avec ses mains sans danger

Prendre des risques en rêvant

Et créer en grandissant, s’élevant

Pour atteindre une joie jubilatoire.

Je vis. Ce n’est pas rédhibitoire.

C’est ainsi qu’il voudrait courir.

Courir avec ses jambes tordues

Sans risquer de tomber et souffrir,

Sous des regards détendus.  

Dylan est son nom à vie

Déjà connoté loin des envies.

Il voudrait bien s’appeler autrement

Pour fuir des préjugés, des gens

Qui ne veulent pas accepter la différence.

C’est ainsi qu’il voudrait chanter.

Chanter avec ses logorrhées

Et ses bruits de bouche courbée.

C’est ainsi qu’on voudrait le regarder.

Le regarder à travers ses yeux.

Et son sourire malicieux

Je respire. C’est une nécessité.

C’est ainsi qu’il voudrait faire de la musique.

Composer dans sa tête et diriger

Si on lui donne des outils basiques

Pour ne plus être déranger.

Ne baissez pas les bras.

Continuez, persévérer.

Je vaux la peine d’être aimé.

Merci. Tout le temps je vous le dirai.

Je vous souhaite…

A l’orée de la semaine, je voudrais vous souhaiter

Des joies à n’en plus finir et du courage à revendre.

Si la galère vous plombe, je voudrais vous souhaiter

De croiser des regards encourageants et tendres.

C’est pour vous les vacances ? De bien se reposer

Et de profiter de vous changer les idées loin des maux.

Je vous souhaite de respirer et sourire, de positiver.

Je vous souhaite d’écrire, de chanter, crier vos mots.

Que votre intérieur soit plus léger chassant des remords.

N’ayez pas peur de vivre en ayant des petites morts,

Des renoncements pour un mieux-être et être  disponible

A son entourage, aux évènements, aux rencontres.

Je vous souhaite de ne pas être mis à l’écart, invisible

Et de croire en vos capacités, en vos décisions qui contrent

Les mauvaises langues, les jugements absurdes et faux.

Je vous souhaite d’entendre, d’écouter et de comprendre

Et d’avoir des instants de sérénité et moins d’esclandre.

Je vous souhaite de vivre tout simplement, de l’endurance

Pour persévérer et accomplir vos projets, vos rêves.

Je vous souhaite la rage de la liberté intérieure, sans trêve

Et pleins d’espoirs et de solidarité à outrance.

 

 

 

Des souvenirs?

Que sont donc les souvenirs qui nous bercent
Et qui affirment nos identités sans cesse ?
J’aime voir l’histoire à travers les pierres,
Où peuvent jaillir des fleurs éphémères.
C’est une lutte constante entre l’éternité
Et le temps qui passe avec des aspérités. 
J’aime chercher des anecdotes croustillantes,
Pleines de richesses et expériences vivifiantes. 
J’aime les rencontres imprévus, enrichissantes
Même si elles peuvent être déconcertantes.
Merci pour les mains tendus, pour les sourires.
Merci pour les échanges vraies, constructifs.
Merci de croire et de continuer à rire
Malgré tout, malgré des ignorants actifs
Ne s’appuyant que sur les émotions primaires
En occultant la raison et l’humain sincère.
Merci à chacun de vivre selon ses convictions
Pour des causes justes, tournés vers la vie.

 

 

 

Copyright. VL 2012