S’arreter juste un instant,
Se poser et observer.
Respirer et aviser
Selon ses choix
Selon le contexte et ses émotions.
Pour repartir plus serein
Dans sa décision.
S’arreter juste un instant,
Se poser et observer.
Respirer et aviser
Selon ses choix
Selon le contexte et ses émotions.
Pour repartir plus serein
Dans sa décision.
Sur le rebord d’une fenêtre,
Rêvait un petit être
Avec une veste et des guêtres.
Il envoyait paître
Son ombrelle noire
Sur la vitre du soir.
Avec son chapeau de velours,
Il en faisait un abat-jour
Et éclaira son visage
Meurtri par les voyages.
Il s’appelait Gulliver.
Un comble pour un nain vert
Lui qui songeait à grandir
Avec ses pieds de cire.
Alors il se met à imaginer
Tel un géant au gros nez
Franchissant avec merveille
Les abîmes du sommeil,
Gravissant avec panache
Les sommets des vaches.
Mais Gulliver se réveillait
Parcourant ses papiers,
Relatant ses périples lointains.
Pour se noyer, il prend du thym
Et en fait de l’alcool très fort.
Il boit pour ne plus boire
Ses souvenirs du dehors
Et pour ne plus avoir d’espoir.
Soudain, une goutte d’eau
Heurta lourdement son dos.
Un parfum de rose se dégagea
Et une silhouette se dévisagea.
Une petite fée
Toute décoiffée
S’approcha sans tarder
De Gulliver hébété.
Ce dernier brisa la vitre
Avec son vieux pupitre
Et s’envola tout en riant
Avec la fée en criant
Les milles amours
Pour toujours.
Extrait de « Murmures de la brousse sénégalaise, Copyright VL
Et si je partais découvrir d’autres horizons ?
Vers d’autres rivages?
Découvrir une autre culture, une façon de penser le monde.
Et si je me rendais disponible
fort de mes compétences professionnelles et expériences extra-professionnelles ?
Ma formation se termine, ou bien je suis bientôt à la retraite.
Oserais-je prendre une certaine direction professionnelle et humaine
à dimension internationale ?
Que perdrais-je dans la rencontre de l’autre
Même si je ne connais pas sa langue, ni son mode de vie ?
Alors je m’informe en contactant des anciens volontaires, des organismes et plus précisément la DCC. (Délégation Catholique pour la Coopération : http://www.ladcc.org).
Grâce à cet organisme, je serai accompagné, formé pour accomplir au mieux une mission que l’on me proposera.
Mon projet de partir se peaufine. J’en parle à mon entourage.
Je soupèse mes motivations, mes capacités d’adaptation.
Si pleins de personnes sont partis vivre un an ou deux ans,
Pourquoi pas moi ?
Ce ne sera pas pour moi une parenthèse.
Mais bien un tremplin pour mieux s’ouvrir aux autres,
Etre sensibilisé à la solidarité internationale.
Surtout aussi se dépasser, mieux se connaitre
Et aller au-delà de ses craintes, de ses fragilités.
L’autre m’apportera sans doute des choses encore plus grandes.
Nous partagerons, nous vivrons dans un langage d’humanité.
Alors, pas tenté aussi de partir ?
Dans un coin du bar, Maurice avise son verre de gin-coca.
Il le contemple puis le savoure, le déguste tendrement.
Son cerveau se dilate et l’emmène vers un ailleurs.
Maurice ferme ses yeux et croit voir sa maison natale.
Il reprend une gorgée. Les voix autour de lui résonnent.
De ses doigts, il ressent la fraicheur du verre comme le ruisseau
Qui coulait dans sa prairie d’enfance. Il se sent bien léger.
Un grand sourire traverse son visage ainsi que son thorax.
Il inspire profondément et un grand shoot l’emporte.
Il vide son verre cul-sec et hop son esprit part en voyage.
Son corps semble flotter alors qu’il semble tomber sur la table.
Il s’appuie sur ses coudes pour éviter de tomber et tient sa pinte.
Il appelle le Barman. Un autre Chef ! Cliquetis et pas en crescendo.
Bruit de liquide. Son récipient remplit, il reprend sa route d’ivresse.
Maurice s’affale un peu plus sur la table et apostrophe un client.
« Dis-moi, jeune homme, n’aurais-tu pas perdu ton chat ? ».
Rigolades. Le jeune a bien un chat. Mais non, il est au chaud.
Maurice tente de se relever. Il se prend la table avec délicatesse.
Il vide son verre et il lui semble voir à travers la vitre sa voiture grise.
Sa bonne vieille 4L. Mais n’est-elle pas à la casse normalement ?
Il ne sait plus. Mais ce qu’il au sait. Enfin, ce qu’il essaie de se souvenir.
Il doit arriver chez lui avant l’arrivée de madame pansement.
Il doit juste traverser la rue. Il franchit en diagonale le seuil du bar.
Heureusement, Un habitué l’aide à traverser la rue. Enfin, une ruelle !
Une ruelle où il pourrait quand même tomber dans un gouffre : Le caniveau.
En franchissant « le gouffre », il a l’impression de voler au-dessus du monde.
Une voisine l’accompagne chez lui et le fais allonger sur son grand lit.
Couché, il ressent une profonde chute sans fin, lourde et légère à la fois.
Un parfum le cueille un instant et revoit le visage de sa douce femme.
Il la reverra. Très bientôt. Maurice a confiance. Il reverra sa dulcinée.
Voix au loin et qui se rapproche. C’est Madame Pansement.
Manipulation de sa jambe qui ne lui fait plus mal depuis son accident.
Quelques temps après, une autre voix féminine et chevrotante.
« Toi, mon momo, t’es allé boire ! Ce n’est pas raisonnable à ton âge !
Maurice sait bien mais il voulait fêter la vie. Le fait est qu’ils aient survécu.
Survécu tous les deux à un accident de voiture. Alors il jubile en son intérieur.
Il voudrait encore rester ivre de vie, avec joie et confiance, avec son amour.
Andreï monte dans le métro bondé avec son accordéon.
Son copain Nelu le suit avec un gobelet à la main.
A peine quelques regards se posent sur eux.
Andreï commence à jouer et Nelu entonne un chant.
Une belle musique tzigane embaume les voyageurs.
Certains en ont le frisson, d’autres sont excédés.
Andreï fait corps avec son instrument pour oublier sa faim.
Le chanteur parcourt à travers la rame en chantant.
Il montre son gobelet vide, bien usé, couleur marron.
Arrivé à une station, une certaine danse des voyageurs
Se met en mouvement. Des nouveaux visages pour un centime.
Les deux amis entonnent plus fort leur chant de tous les jours.
A deux stations plus loin, ils descendent sur le quai.
Ils ont eu une maigre récolte : 1 euro 25 centimes.
Ils se font rabrouer par un agent du métro.
Ils sortent à l’air libre en courant, en riant.
Puis partent vers leur campement en jubilant.
Ils retrouvent leur mère dans leur caravane bien rangée.
Un travailleur social passe dans les ruelles jonchées de lino.
Il aperçoit les jeunes et entame la discussion avec eux.
Certains veulent s’en sortir mais ne trouvent que méfiance.
D’autres savourent de braver les interdits, de défier la loi.
Andreï a rejoint sa grand-mère malade et lui joue un morceau
Dans la pénombre d’une cabane aux couleurs vives.
Peut-être qu’un jour Andrei deviendra célèbre et ira à l’Olympia.
A la sortie des cours, Lucie rentre chez elle par les petites ruelles.
Elle aime bien grimper, gambader au pied du château en ruine.
Pour aller chez elle, elle doit contourner la forteresse silencieuse.
Lucie ne craint pas de se retrouver seule en haut de son village.
Il ne se passe rien dans son bled et tout est tranquille.
C’est ainsi que cet après-midi-là, elle avait dit au revoir à ses copines
Sur la place principale du village. Elle s’était enfoncée dans le dédale.
Le soleil rase la colline de ses milles rayons dorés.
Lucie sent une présence étrange quand elle arrive près de la vieille poterne.
Elle inspire profondément en regardant le village qui s’étend en dessous d’elle.
Au loin, elle aperçoit son groupe de copines longer le champ de maïs.
Puis un courant d’air. Une ombre. Pas de cri. Puis plus rien.
Pierre ne voit pas sa fille rentrer. La nuit tombe. Il s’inquiète.
Il téléphone à sa femme qui est au boulot. Aucune nouvelle de Lucie.
Il contacte les amies de Lucie. Non, elle n’est pas avec elles.
Angoisse. Pierre prend sa voiture et s’en va parcourir le village.
Puis il monte autour de la forteresse. Rien. Personne.
Son cœur bat à cent à l’heure. Ses mains tremblent.
Il a un très mauvais pressentiment. Il essaie de le chasser.
Pierre va au bar du village et demande au barman, parrain de Lucie.
Non, personne ne l’a vue. Juste qu’elle a l’habitude de passer au pied des ruines.
Mais cela il le sait bien. Il fait part de ses inquiétudes.
Pas d’hésitations, certains clients se mettent à sa recherche.
On appelle les gendarmes. Le temps presse. Il fait froid et humide.
Si Lucie était tombé, blessé dans une oubliette ?
De multiples faisceaux de lampe balayent les ruines.
Pierre est rejoint par sa femme, Véronique, près de la vieille poterne avec une lampe tempête.
Ils ont aperçu le sac de Lucie. Posé au pied du mur rongé par les siècles.
Ils appellent Lucie de toutes leurs forces.
Ils sont tellement angoissés qu’ils ne sentent pas la fatigue les cueillir.
Un gendarme les invite malgré tout d’aller se reposer.
Mais comment dormir sans savoir où se trouve leur fille ?
Voilà que des jours s’écoulent sans nouvelles de sa disparition.
Tout le village ne comprend pas, même les autorités locales.
Même des experts sont venus. Ils ne trouvent aucun indice.
Pierre voudrait crier de colère, de douleur mais contre qui ?
Qui est responsable de la disparition de sa fille Lucie ?
De nos jours, il y a encore des disparus dont on n’a aucune nouvelle.
Comment accompagner ces familles dans cette angoisse de ne pas savoir ?
Le fait de ne pas savoir amène à s’imaginer le pire ou bien à espérer à l’extrême.
Je ne souhaite à personne de vivre cette situation où l’inconnu est oppressant.
C’était le samedi 23 décembre2006. La température était fraîche et la lumière ocre du soleil était pâle. J’avais pris dans mon sac de quoi manger, de quoi boire, de quoi se soigner et mes papiers d’identité au cas ou l’on retrouverait mon cadavre. Quelques pépiements s’élevaient au-delà des cimes d’eucalyptus. A la sortie de la Ville, des tas d’ordures jonchaient sur le bord du chemin puis une centaine de mètre, plus rien. Après quelques dizaines de minutes de marche, j’arrivais dans un village nommé Djimini. Je saluais au passage un homme boiteux apportant de la marchandise pour la ville.
Les femmes nettoyaient le seuil de leur maison et quelques enfants surveillaient le repas au dessus d’un feu. A la sortie de ce village, quelques femmes me disaient bonjour. Une des leurs m’apostrophait en disant de prendre le chemin de gauche. J’ai en fait pris le chemin de droite car il allait vers le sud, une direction que je voulais prendre. Je remerciais tout de même la femme et continuait ma route en longeant un champ de coton.
Au fur à mesure que j’avançais, le paysage commença à s’étoffer, à devenir plus dense et à changer de couleur. Puis j’arrivai enfin dans la forêt. Le chemin devint sinueux et englouti par les feuilles mortes. J’eus dù mal à repérer la route quand soudain, je me retrouvai nulle part, sans sentier. Alors je décidai de tracer dans la foret au suivant le soleil. Je pataugeai parmi les hautes herbes et les branches basses. Un acacia me tendit un piège ainsi qu’un tronc invisible où je faillis me ramasser par terre. Puis je franchissais des marigots asséchés, où la vase était dure formant des crevasses et des pics. Vive les chaussures de marche !
Enfin, je retrouvais un sentier et je le suivis crénom de crénom ! J’entendais quelqu’un abattre un arbre et rencontrait un charbonnier. Il surveillait la braise et entassa les bûches sur le coté. Je continuait ma route en perdant encore de vue le sentier qui semblait vouloir me fausser compagnie. Pendant une bonne heure, je surfais entre les branches, les troncs, les souches, les buissons épineux et les herbes hautes.
Et j’atterris sur un beau sentier qui m’emmènait dans une clairière. Cette clairière me révélait des surprises pas du tout plaisant. Des bouses de vaches abondaient partout et des mouches jouaient à cache à cache autour de mon visage. J’aperçus une cabane brûlée avec des restes de vêtements, des chaussures et des calebasses.
Bref, un temps plus tard, sur un sentier étroit, j’étais stoppé par un cours d’eau. Je ne savais pas comment passer et de l’autre coté, deux villageois me firent signe de monter en amont. Je respectais leurs consignes. J’aboutis en fait à la source de l’Anambe. Je contournais donc la source et les hommes m’accompagnaient jusqu’à leur village. Des cabanes en chaumes sont disposées à la confluence de l’Anambe et d’un canal. Je remarquais un puits creusé dans la terre recueillant l’eau de la rivière. Des carpes séchaient sur des tôles et des fours grillaient des tranches de carpes. Un vieil homme m’invita à s’asseoir sur un banc. Nous discutions et je fis une séance photo. Par la suite, l’un des gars, Souleymane, m’accompagnait pendant 2 kilomètres jusqu’à un carrefour. Le paysage devint plus aride et plus on avançait, le canal devint sec. Arrivé au carrefour, Souleymane me laissait et je continuait ma route. Je ne voyais pas d’ombres dignes de ce nom. Je longeais des rizières arides et croisais des rolliers d’Abyssinie et des tourterelles du cap. Enfin, un grand étang m’attirait et je fis quelques maigres photos d’oiseaux. Je croisais des enfants en vélo qui se sont arrêtés pour me saluer. Il était 12h00 déjà environ.
La végétation fut plus verdoyante mais parsemée. J’aperçus enfin un village.

Un père de famille m’invitait à venir et me montra une peau de boa sèche. Il voulut que je l’achetasse puisque que j’étais un toubab. Je refusais gentiment puis après discussions amicales, je fis une séance photo. Je le remerciai et arrivai enfin au village nommé Koulinto. Je croyais
de ne pas y arriver. En fait, j’étais sur une vraie piste de latérite. 12h30. Je fus à 8 kilomètres de Kounkané, ma destination finale.
A la sortie de Koulinto, un agriculteur m’invita à venir le voir et me vendis des arachides tout récemment récoltées. Quelques centaines de mètres après, je pris mon pique-nique à l’ombre d’un arbre dans un champ, en compagnie d’un troupeau de vaches qui s’approchait au loin.

Après un repos de 20 minutes, je continuai sur la piste longue et droite. Deux jeunes sur un seul vélo me rejoignaient et voulaient m’accompagner. Je leur offrais des arachides que j’avais dans mon sac.
15h15, J’arrivai à Kounkané et je laissai les jeunes rentrer chez eux. Arrivé au bord de la grande route, je pris un litre de jus d’ananas et un demi-litre de coca. Pour le retour, sur Vélingara, je montai dans un car rapide et j’arrivais chez moi vers 17h15 !
Nos vieux, si tout se passe bien, nous serons comme eux.
Nos vieux sont nos histoires singulières, particulières, uniques.
Nos vieux sont des jeunes qui ont eu des idéaux, des rêves, des passions.
Nos vieux sont nos mémoires, nos vies remplies de souffrance et de joie.
Dans un village de la brousse sénégalaise, un vieux couple enlèvent la coque des arachides pour nourrir leur entourage.
Dans nos contrées françaises, un vieux couple sont seuls dans une maison, regardant hagard un ciel pluvieux.
Au coin du feu, autour des jeunes et des adultes, une vieille dame leur raconte une histoire. Pas de murmures et de ricanements brisent l’aura de la conteuse.
Chez nous, la grand-mère est déjà dans sa chambre loin du brouhaha de sa famille, qui se chamaille, l’ont mis à l’écart parce qu’elle radote.
Au pied d’un immense manguier, sur une natte, sont assis des vieux en silence avec fierté. Des gens du village viennent les consulter pour des conseils de récolte, d’éducation de leurs enfants.
Dans les maisons de retraite, ils sont parqués dans un salon, figés comme des statues en attendant le repas.
Mes vieux, mes grands-parents, sont morts et j’aurai tant bien aimé parler avec eux, connaître encore plus leurs vies, qu’ils se réjouissent de ce que nous vivons, qu’ils nous accompagnent dans nos épreuves avec confiance et espérance.
Quelle relation avons-nous avec nos vieux ? Quel lien, quel regard avons-nous envers eux ?
Mettons-nous à leur place.
Comment j’aurai aimé qu’on s’occupe de moi ? De quelle manière pourrait me respecter dans ma dignité, ma liberté malgré mes dépendances ?
Comment j’aurai aimé qu’on me voie, qu’on me considère, qu’on me reconnaisse ?
Ils sont toujours des adultes, des individus qui méritent de la bienveillance, de la douceur, de la tendresse même s’ils nous renvoient des choses difficiles dus à leur âge. Ne les enfermons pas dans leurs pathologies, dans leurs maladies etc…
Ils ont chacun leur place dans la société à leur manière.
Que je vous rassure, chez nous, je connais des maisons de retraite qui respecte chaque personne âgée, une volonté de l’intégrer et de lui laisser une place en toute liberté.
Donnons-leur la possibilité de continuer à vivre dans une ambiance de joie, de sérénité, de créativité malgré les douleurs, les souffrances.
Nos vieux, que leurs fins de vies soient la meilleure possible.
( Texte écrit en avril 2013. Copyright VL.)
La nuit sera belle ce soir
Quand la lune dévoilera sa robe d’ivoire.
Mille feux caresseront nos regards.
Nos pensées s’en iront vers la gare
Des rêves et des songes d’éternité.
Une bise soufflera avec sérénité.
Le jour s’en ira dormir à l’horizon
Avec ses couleurs, ses frénésies.
Qu’il emporte nos soucis à foison
Et que ce soir restent nos poésies.
Que les astres aspirent nos angoisses
Et mettent en déroutent nos poisses.
Que le vide cosmique nous allège
Pour ne plus avoir peur des sortilèges.
Que la nuit chaude nous berce
De ses tendres silences sonores.
L’obscurité discrète, tel un ténor,
Fera pleuvoir le sommeil à verse.
Rien à faire ce soir
Où mes idées sont noires
De colère, de vengeance.
Crier contre l’engeance
Policière, je voudrais.
Je suis à peine saupoudré
Du regard des gens d’ailleurs.
Ils me regardent comme un violeur
De leur intimité, de leur puissance.
Pour eux, je suis un bon à rien.
Pour eux, ma vie n’a pas de sens.
Je ne suis qu’un voyou, un vaurien.
Alors je m’en vais jubiler dans la nuit
Défier les forces de l’ordre, les interdits.
Je guette pour les dealers hors des taudis.
Je mens à ma famille pour défier l’ennui
Et le gout de l’adrénaline monte en moi.
Faire tout pour se faire accepter et respecter
En volant, en prenant des risques sans émoi.
Quand revient la loi, tout me fait débecter.
Je fonce sans réfléchir pour ne pas mourir
De honte. Jamais je ne voudrais férir.
Pourquoi suis-je comme ça, en galère ?
On ne veut pas m’écouter, ni me comprendre.
Les gens croient que j’aime me faire prendre
Et de se faire remarquer, de faire le grand fier.
Je voudrais pourtant, au fond de moi
Qu’on me donne un coup de pied au cul
Et qu’on me réveille pour éviter d’être vaincu
Par la drogue, la violence et l’alcool
Alors quoi ? Pourquoi nous sacrifier ?
Nous les jeunes de lointains quartiers ?