Nos vieux

Nos vieux, si tout se passe bien, nous serons comme eux.

Nos vieux sont nos histoires singulières, particulières, uniques.

Nos vieux sont des jeunes qui ont eu des idéaux, des rêves, des passions.

Nos vieux sont nos mémoires, nos vies remplies de souffrance et de joie.

Dans un village de la brousse sénégalaise, un vieux couple enlèvent la coque des arachides pour nourrir leur entourage.

Dans nos contrées françaises, un vieux couple sont seuls dans une maison, regardant hagard un ciel pluvieux.

Au coin du feu, autour des jeunes et des adultes, une vieille dame leur raconte une histoire. Pas de murmures et de ricanements brisent l’aura de la conteuse.

Chez nous, la grand-mère est déjà dans sa chambre loin du brouhaha de sa famille, qui se chamaille, l’ont mis à l’écart parce qu’elle radote.

Au pied d’un immense manguier, sur une natte, sont assis des vieux en silence avec fierté. Des gens du village viennent les consulter pour des conseils de récolte, d’éducation de leurs enfants.

Dans les maisons de retraite, ils sont parqués dans un salon, figés comme des statues en attendant le repas.

Mes vieux, mes grands-parents,  sont morts et j’aurai tant bien aimé parler avec eux, connaître encore plus leurs vies, qu’ils se réjouissent de ce que nous vivons, qu’ils nous accompagnent dans nos épreuves avec confiance et espérance.

Quelle relation avons-nous avec nos vieux ? Quel lien, quel regard avons-nous envers eux ?

Mettons-nous à leur place.

Comment j’aurai aimé qu’on s’occupe de moi ? De quelle manière pourrait me respecter dans ma dignité, ma liberté malgré mes dépendances ?

Comment j’aurai aimé qu’on me voie, qu’on me considère, qu’on me reconnaisse ?

Ils sont toujours des adultes, des individus qui méritent de la bienveillance, de la douceur, de la tendresse même s’ils nous renvoient des choses difficiles dus à leur âge. Ne les enfermons pas dans leurs pathologies, dans leurs maladies etc…

Ils ont chacun leur place dans la société à leur manière.

Que je vous rassure, chez nous, je connais des maisons de retraite qui respecte chaque personne âgée, une volonté de l’intégrer et de lui laisser une place en toute liberté.

Donnons-leur la possibilité de continuer à vivre dans une ambiance de joie, de sérénité, de créativité malgré les douleurs, les souffrances.

Nos vieux, que leurs fins de vies soient la meilleure possible.

 

 

( Texte écrit en avril 2013. Copyright VL.)

La magie de la nuit

La nuit sera belle ce soir

Quand la lune dévoilera sa robe d’ivoire.

Mille feux caresseront nos regards.

Nos pensées s’en iront vers la gare

Des rêves et des songes d’éternité.

Une bise soufflera avec sérénité.

 

Le jour s’en ira dormir à l’horizon

Avec ses couleurs, ses frénésies.

Qu’il emporte nos soucis à foison

Et que ce soir restent nos poésies.

 

Que les astres aspirent nos angoisses

Et mettent en déroutent nos poisses.

Que le vide cosmique nous allège

Pour ne plus avoir peur des sortilèges.

 

Que la nuit chaude nous berce

De ses tendres silences sonores.

L’obscurité discrète, tel un ténor,

Fera pleuvoir le sommeil à verse.

 

 

Requiem pour un délinquant

Rien à faire ce soir

Où mes idées sont noires

De colère, de vengeance.

Crier contre l’engeance

Policière, je voudrais.

Je suis à peine saupoudré

Du regard des gens d’ailleurs.

Ils me regardent comme un violeur

De leur intimité, de leur puissance.

Pour eux, je suis un bon à rien.

Pour eux, ma vie n’a pas de sens.

Je ne suis qu’un voyou, un vaurien.

Alors je m’en vais jubiler dans la nuit

Défier les forces de l’ordre, les interdits.

Je guette pour les dealers hors des taudis.

Je mens à ma famille pour défier l’ennui

Et le gout de l’adrénaline monte en moi.

Faire tout pour se faire accepter et respecter

En volant, en prenant des risques sans émoi.

Quand revient la loi, tout me fait débecter.

Je fonce sans réfléchir pour ne pas mourir

De honte. Jamais je ne voudrais férir.

Pourquoi suis-je comme ça, en galère ?

On ne veut pas m’écouter, ni me comprendre.

Les gens croient que j’aime me faire prendre

Et de se faire remarquer, de faire le grand fier.

Je voudrais pourtant, au fond de moi

Qu’on me donne un coup de pied au cul

Et qu’on me réveille pour éviter d’être vaincu

Par la drogue, la violence et l’alcool

Alors quoi ? Pourquoi nous sacrifier ?

Nous les jeunes de lointains quartiers ?

Cantate d’un taulard

Répression

Condamnation

Détention.

Humiliation.

 

Déshumanisation.

 

Des années s’écoulent, je suis un taulard.

Mon cœur devient dur comme la prison,

Lieu de violences, d’injures et de molards.

Ma peau est imbibée des mortes saisons

Où la haine me fouette en plein visage

Au soleil des promenades de corruptions.

J’ai des frères de cellule en éruption

De colère envers la justice et leurs rouages.

 

Dans les couloirs, se complotent des délations

Ou bien des évasions, de mutineries sans sommation.

J’ai parcouru la France menotté,

De la Centrale à la Santé,

 

Ma liberté est toute dérisoire et précaire.

Quand je sortirai, quel homme je serais ?

 

Rage.

Engrenage

Lente Récidive.

Infraction maladive.

 

Alors qui acceptera d’aimer un homme blessé ?

Un homme au tempérament fougueux et cassé ?

Qui me regardera sans me juger et me jauger ?

Qui me tendra la main avec confiance sans danger ?

 

( Inspiré du livre:  » Prison, des rats et des hommes » de Maurice Marchal, et auteur rencontré hier sur une place de Lyon )

Qui suis-je? Jason ou Pierre-Henri?

Je m’appelle Jason.

Jason Richard, né en 1972.

Je suis avocat d’affaires à Bourgoin.

J’aime jouer du violon et des percussions.

 

Je m’appelle Kévin.

Kévin Bergein, né en 1945.

Je suis à la retraite.

J’ai été secrétaire médical à Vincennes.

 

Je m’appelle Pierre-Henri.

Pierre-Henri De La Galaire, né en 1987.

Je suis agent d’entretien à Clampin.

Je fais souvent du golf et de la couture.

 

Je m’appelle Liliane.

Liliane Ben Ducloux, né en 1975.

Ecrivain public à Berck.

Je suis conseillère municipale.

 

Je m’appelle Maguy.

Maguy Tendre, né en 1992.

Je me forme pour être prof de sport.

Je suis passionnée par le modélisme.

 

Je m’appelle Inès.

Lucile Bhruthaleux, né en 1969.

Je suis caissière à Versailles.

Je suis classée 2/5 au tennis

Et ait affronté deux fois Steffi Graff.

 

Je ne donne pas mon prénom ni mon nom.

Je suis né à une certaine année.

Je fais un certain métier qui m’épanouit.

Je suis engagé, passionné pour une certaine cause

Sur lequel je n’ai pas à me justifier.

Qui pensez-vous que je pourrais être ?

M’imaginez-vous noir, beur ou jaune ?

Qu’est-ce que ça change pour vous de savoir mon origine, mon passé ?

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Mon prénom peut vous induire en erreur ainsi que mon nom de famille.

Vous-êtes sur ?

Très bien, je m’appelle Nassim De La Marinière.

Alors, quel effet cela vous fait ?

 

 

Lettre d’un homme à une femme

 Femme, nous sommes rien sans toi.

Femme, tu es le sujet et non l’objet de notre admiration.

Nous te devons le respect car sans toi, nous ne pourrions pas avoir un autre regard sur le monde qui nous entoure. Nous sommes tellement différents que nous sommes complémentaires.

Nous sommes souvent jaloux de toi. Tu es souvent le sujet de nos tourments.

Et pourtant, tu es notre miroir d’amour et de vérité.

Tu es puissante quand tu t’affirmes en sagesse, en écoute de l’autre, en sensibilité.

Parfois, tu oublies ta puissance et l’on te regarde comme une hystérie, un sexe faible. Nous les hommes, sommes trop fiers de reconnaître nos fragilités, nos erreurs. La peur nous fait commettre des actes répréhensibles.

Te condamner, te bafouer, c’est compromettre notre avenir.

N’use pas non plus de ta puissance car la haine des hommes peut s’acharner encore plus sur vous. Mais ne vous laissez pas faire.

Ajustons nos désirs, nos soifs d’amour et de complicité.

Nous devons, chacun, prendre notre juste place, se ré-ajuster, se respecter en vérité, communiquer pour essayer de mieux se comprendre. On ne se comprendra jamais complètement mais essayons quand même.

N’ayons pas peur de l’amour. Pas de l’amour de rose où tout est bisounours, où l’on est sur un nuage. Mais un amour qui s’incarne dans notre humanité tout entière. Où nos réalités s’avisent, font route ensemble. Quand l’amour prend du sens et donne du sens à nos actes de tous les jours.

Ayons un regard juste sur nos différences et d’accepter nos incompréhensions. Osons relever ce défi qu’est la confiance de l’autre dans quelque chose qui peut nous dépasser.

Nous les hommes, n’oublions pas de prendre soin de nos femmes pour qu’elles ne se tarissent pas comme une source en plein désert.

 

J’ai écrit ce texte après avoir regardé un très bon film : «  La source des femmes » de Radu Mihaileanu.

 

 

 

Une rupture d’un amour d’adolescent

Au clair de lune, sur la plage

Auprès de l’océan qui rugit

Les écumes nous appellent ,sages .

La lune t’illumine, tu rougis.

 

Comme dans un rêve,

Où la brise douce se lève

Nous caressant nos visages

Et tes larmes qui sont de passage.

 

Il n’y aura rien entre nous.

Je sais ! Je ne fais pas la moue.

Je suis triste tout simplement.

J’ai envie de crier tout doucement.

 

Tu dis des mots qui réchauffent

Mon cœur qui s’est refroidit.

Baiser d’un rayon de lune sur les ondes.

Je me sens léger comme une bulle ronde.

 

Tu marches loin de moi.

Mais tu me souris quand même.

Gêné, je reste un peu blême.

Ton amour t’attend loin de toi.

 

Traînant dans le sable avec force,

J’essaie de pleurer, je m’efforce.

Mais loin, loin de toi

Pour ne pas avoir honte de moi.

 

Dans le silence léger de la nuit,

Avec les chants des vagues de l’océan,

Un mot sort de ta bouche, tout petit.

Un mot qui restera en moi tout le temps.

 

Un mot, plutôt des mots :

«  On reste amis, je t’embrasse »

Tu me laisses seul près de l’eau.

Les vagues m’enlèvent et me débarrassent.

 

 

Texte extrait d’une pièce écrite en 2004:  » Le bruit du silence », Copyright 2004. Vivien Laplane

 ( Déjà 10 ans)!

Un chemin?

Quêter

Enquêter

Examiner

 

Explorer

Quérir

 

Chiner

Essayer

Tâcher

Tenter

 

Rechercher

Farfouiller

Fouiller

Fouiner

Fureter

Scruter

 

Enquérir

Questionner

Supposer

Réfléchir

Calculer

Inventer

 

Trouver

 

Organiser

Anticiper

 

Equilibre et dynamique de vie

Persévérer et garder l’envie

De réussir

D’accomplir

D’atteindre un but.

 

 

Un sort bé!

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Sortir d’un enfer blanc

S’éloigner et contempler

Ou ne plus se retourner

Pour glisser vers un ailleurs

Et défier d’autres sorts.

T’écrire une lettre

J’aimerai t’écrire une lettre

Une certaine lettre

Pour mettre les choses à plat.

Comment t’atteindre sans que tu te fâches ?

Comment te rejoindre et que tu comprennes ?

J’aimerai te dire que tu n’es pas responsable.

Pas responsable de ce qui fait ma vie.

Pas responsable de qui fait mon handicap.

Que je sois aveugle, tu n’y es pour rien.

Que j’ai des pieds bots, tu n’y es pour rien.

Que j’ai une maladie génétique, tu n’y es pour rien.

Que je sois sourd, tu ne pouvais rien faire

Ni même changer le cours de mon histoire,

Qui fait bien sûr partie de ton histoire

Mais qui n’est pas ton histoire.

J’aimerai t’écrire cette lettre

Pour t’amener à ne plus souffrir pour moi.

Pas à ma place. Pitié, pas de lamentations.

La vie est ainsi faite malgré les deuils à vivre.

Le deuil d’avoir son enfant comme les autres.

Le deuil d’être une mère parfaite.

Le deuil d’une vie droite et paisible.

Jamais je ne t’en voudrais parce que tu m’as engendré

Avec des blessures génétiques, des petits ratés.

Ne porte pas trop le poids de la culpabilité.

Tu n’es pas coupable pour ce que je suis.

La vie est faite de cabossages et de fissures.

Je voudrais te dire ces mots pour être aimé

De façon le plus juste possible.

Mon handicap est le revers d’une médaille.

De l’autre côté, c’est la rage de vivre.

Alors, ne t’inquiète pas, aie confiance.

Comme pour mes frères dans la galère génétique,

Chacun même sa propre vie à son rythme

Avec l’énergie influée par l’entourage.

Je t’écris cette lettre pour tenter d’apaiser

Les maux causés par le handicap de tes fils.