Brisures de noix / Breaking’s nuts

Le Parc (15)

Couleurs d’automne

Le Parc (31)
Le Parc (32)

 

Feuilles d’automne

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Des petits bouts de bonheur d’un sourd

Malgré les embûches, les malentendus, les silences oppressants, rien ne m’empêche d’avoir des petits bouts de bonheur. Malgré les regards des autres, les rires étouffés, les indifférences, rien ne m’empêche de savourer des tranches de vie à un instant T.

Grâce à mon appareil auditif, je prends du plaisir à écouter les oiseaux chanter ou bien à écouter de la bonne musique. Qu’est-ce que c’est bon d’entendre de telle chose dans le calme !

Grâce à mon appareil, je peux couper le son et ne plus entendre les cris des enfants dans la cour ou bien le gars qui téléphone fort dans le train. Un pur petit bonheur que seul je goûte s’il n’y a pas d’autres sourds dans le coin.

Le fait que je sois sourd et en plus pas d’odorat, je compense sur d’autres sens tel que la vue et le toucher. Et là, c’est plein de bouts de plaisirs de se balader, de contempler de belles choses et de prendre des photos. Le nec plus ultra, c’est de partager mes photos que j’ai prises avec jubilation comme un faucon en plein vol, un écureuil grimpant sur un arbre (j’en ai jamais pris encore, c’est un projet en cours), une lumière saisissante sur une fleur colorée etc…

Le bonheur, c’est de s’extraire un instant des emmerdes et vivre le présent comme un cadeau. Rien n’empêche l’autre. Lâcher prise quand on peut. Se laisser cueillir par l’imprévu.

Le dernier bout de bonheur que je pourrai vous partager, c’est de savourer une conversation dans un lieu calme et d’en ressortir revigoré (malgré la fatigue) avec une belle rencontre.

Le summum, comme on nous dit souvent que les sourds sont des « handicapés de la communication », c’est de réussir à communiquer et à se comprendre jusqu’à la complicité.

Et vous, arrivez-vous à avoir des petits bouts de bonheur ?

L’envol du Faucon crécerelle

A l’orée du bois, je vis perché un faucon sur la branche. J’actionne mon objectif et s’envola à ce moment-là.

Faucon (2)

Puis il se posa plus loin. Une belle rencontre très fortuite mais jubilatoire!

Faucon (1)

 

Visite surprise d’un rouge-gorge

A peine passé l’orée du bois, un rouge-gorge se pose juste  sur une branche devant moi. Il prend son temps puis repart après m’avoir fait un clin d’oeil.

Rouge-gorge (4)

Champignons en pagaille

Chasse aux champignons réussis avec de beaux spécimens!

Je vous invite aussi à essayer de repérer des insectes qui se cachent dans les champignons.

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Ces champignons sont en train de sortir de terre? Je reviendrai même endroit pour voir s’ils ont bien poussé. A suivre demain!

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Journée (fictive) d’un éducateur

Définition de fiction: histoire imaginée (inspirée probablement de faits réels) avec un langage propre au narrateur, et qui n’appartient qu’à celui l’écrit. 

8 h 17 : J’arrive au centre avec plus de retard que prévu à cause d’un foutu tracteur. Il me reste 13 minutes pour préparer la salle d’accueil pour accueillir mes petits jeunes enfants autistes. J’arrive dans le couloir menant à la salle. Il vient d’être nettoyé par la femme de ménage. Heureusement elle a ouvert les fenêtres pour que ça sèche plus vite mais ça sera vite sali. Cela fait des semaines que je lui demande de laver le couloir et la salle de groupe en premier. Mais non, elle n’en fait qu’à sa tête. Elle me voit, me salue, me fait un grand sourire. Je fais de même et lui souhaite une bonne journée.

8 h 28 : À peine fini de fignoler que j’entends une voix qui m’est bien connu : Félix. Il rentre en trombe et commence déjà à tout mettre par terre. Je le reprends avec douceur et fermeté. Je l’accompagne à l’entrée pour qu’il pose ses affaires, prenne sa photo pour le mettre sur le panneau de présence. Nous communiquons avec son classeur de PECS. Il ne s’en sort pas trop mal. Puis Calvin arrive en pleurant et vient se blottir contre moi. Sa mère, l’accompagnant, m’explique qu’elle a du confisqué son jeu électronique.

8 h 41 : mon groupe de 5 jeunes est enfin au complet se posant du mieux que possible sur un objet qui les stimule. Ma collègue arrive avec trois autres jeunes dont l’un, Firmin, a tendance à mordre et à taper tout le monde. Nous l’esquivons comme nous pouvons et essayons de le mettre dans un lieu où il sera en sécurité, pour lui et surtout pour les autres.

8 h 55 : Nous regroupons nos jeunes autour de la table pour préparer la journée. Dialogue en s’appuyant sur des photos d’activités et de personnes qui s’occupent des activités.

9 h 10 : Ma collègue Irma et moi-même prenons nos jeunes pour une activité particulière. Pour ma part, c’est peinture.

9 h 20 : J’essaie de rattraper Félix qui s’est fait la malle dans le couloir alors que les autres sont déjà dans la salle artistique.

9 h 26 : J’ai Félix mais Greg est parti entre temps pour aller aux toilettes. C’est un scoop pour lui car nous devons souvent le solliciter. Mais par contre, il risque de jouer souvent avec l’eau des toilettes. Je mets vite mes autres jeunes avec un pinceau et une grande blouse, avec des flaques de peintures sur chacun de leur feuille.

9 h 45 : Je vais enfin aller chercher Greg qui n’est pas revenu. Je le retrouve en train de jouer avec l’eau où il a fait son caca. Il y en a de partout. Et m… Je reste calme. J’en connais qui va être content de nettoyer tout ça. C’est bibi. Avec Greg, je vais chercher le nécessaire et le change entre-temps. Je n’ose pas imaginer ce que font les autres en peinture.

10 h 11 : Enfin tout nettoyé, tout propre, nous allons rejoindre les autres. J’entends des hurlements. Je fonce. Catastrophe. Tout est propre. C’est juste la petite Huguette qui s’est mis de la peinture sur ses chaussures roses de Dora. Elle s’agite dans tous les sens. Je l’amène dans la salle de décompression où un de mes collègues, Yvette se trouve.

10h18 : Rangement de l’atelier peinture pour pouvoir aller souffler en récréation. J’aide Firmin à ranger et d’un seul coup, me mord le bras. Une envie subite me prend de lui gifler mais je me contiens et respire. Douleur au niveau de ma chair bien sensible près du poignet.

10h28 : Récréation. Tous les jeunes ont mis leurs affaires pour aller dehors. Je surveille les plus dangereux et en même temps les plus vulnérables face à ceux qui sont les plus dangereux. Il me semble que je m’embrouille déjà.

10 h 38 : Greg joue au ballon avec Irma, une des éducatrices. Puis j’entends : «  Arrête de faire à l’imbécile » à Calvin qui secoue sa tête dans tous les sens. C’est encore Irma qui emploie un langage très très déplacé, même aberrant. J’aimerai bien lui foutre des baffes mais non, entre collègues, il faut être calme, courtois, poli pour ne pas contaminer le groupe.

11 h 00 : Fin de la récréation. Nous faisons rentrer tous les jeunes. Une manque à l’appel. C’est Huguette qui contemple ses chaussures roses à l’ombre d’un mur décrépi.

Chacun prend ses jeunes selon ses activités. Pour ma part, c’est temps éducatif avec Firmin. C’est idiot comme terme puisque tout est éducatif dans les ateliers, les temps de repas, etc…. Firmin est un fan de puzzle. Il peut faire des puzzles de 1000 pièces. Mais là, j’essaie de l’initier à la photo et surtout pour qu’il voit son visage. Il prend énormément de plaisir.

12H00 : Après avoir rangé l’appareil photo et divers objets que Firmin a mis en vrac, nous rejoignons les autres au self pour le repas.

13h00 : Le repas s’est passé sans trop de problèmes, a part Gaby qui a mis sa tête dans le plat de purée. Mais sinon tout va bien.

13 h 16 : Tout le groupe est réuni dans la salle de groupe. Ils sont calmes à leur manière. Pour moi, c’est calme. Je suis assez content de la matinée malgré tout.

13 h 26 : Une de mes collègues, Guinguette, arrive pour prendre le relais d’Irma. Soudain, Greg se fâche et pique une grosse colère. Je l’emmène avec moi dans la salle de décompression où il y a une grande piscine à boules qui peut le calmer. Et là, j’entends Mistinguette : « Et bein, on va passer une après-midi mouvementé. » Là, j’aurai envié d’un bazooka pour la disperser aux quatre coins de la terre. Mais non, cela se fait pas entre collègues. On reste courtois et poli pour ne pas….. bref.

13 h 37 : J’entends Guinguette engueuler un jeune. Je soupire discrètement. Greg, m’ayant vu, prend ma main droite et le pose sur sa joue gauche. Touchant mais je me reprends.

14 h 00 : Notre chef de service passe alors que j’étais en train de gronder avec tact Calvin qui se tapait. Et là, Le manitou reprend en tapant sur la main pour lui dire que ça ne se fait de se faire mal. Je respire très fort et ne dit rien. Mais je sens que ça bouillonne à l’intérieur de moi.

16 h 00 : J’ai passé un temps de musique agréable avec trois des jeunes. Ils se sont déchaînés sur les tambourins, les triangles et avec du rythme en plus. Ils ont énormément progressé. Nous allons goûter. J’étais passé voir Mistinguette à son atelier cuisine. Elle a tout fait à leur place et a empêché Huguette de lécher le chocolat qui restait dans la casserole.

16 h 35 : Les premiers parents arrivent pour aller chercher leurs mômes.

16 h 45 : Mistinguette est parti avec sa grosse camionnette pour ramener quelques jeunes chez eux.

17 h 00 : Il reste encore Félix qui s’agite, impatient. Je l’emmène dans la cour où il sautille autour du toboggan.

17h10 : Félix est parti avec son père sur une grosse side-car. Et moi, je vais enfin vers ma voiture, tout en sautillant.

FIN

Le brouillard s’invite…

Petite ballade matinale dans les bois où le brouillard s’est invité.

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Le Château semble disparaître.

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Et pour repartir, comment fais-ton ? Il nous brouille les repères le bougre !

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Mésange charbonnière

En vous souhaitant une très bonne journée!

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