Une photo, une histoire: Valentin – 1

Araia (3)

C’est ici qu’il regardait la foule passer au moment de ces douces rêveries du matin. Il aimait saluer ses voisins puis apercevoir Gloria. Gloria est la fille du dernier cordonnier du village. Il aimait inviter des inconnus à venir partager ses petits-déjeuners dans le jardin de son château familial. Ses domestiques, fidèles et loyales, rendaient le lieu agréable, enchanteur, paisible; Mais ça, c’était il y a un an.

Maintenant, Valentin est dans un fauteuil roulant. Son regard se perd dans le vide. De son château, il ne reste rien. Que des ruines! Tous ses fidèles serviteurs ont perdu leur travail et ont dû s’exiler avec leurs familles dans une région plus prospère. Il est hébergé chez une voisine, Martha, dévouée mais désemparée.

C’était un soir de novembre. Brumeux et froid. Une vingtaine de brigands avait assailli le château avec des torches, des bâtons. Tout s’était passé très vite. Valentin s’était fait tabasser et jeté par la fenêtre. Les bandits avaient menacé de mort les domestiques puis sont partis avec le butin dans la nuit. On ne les a jamais retrouvé. Les gendarmes n’ont pu rien faire car ils habitaient dans une région isolée, encaissée loin des grandes villes. Les villageois n’ont pas pu accueillir Valentin de peur des représailles. Seule Martha a eu le courage de l’accueillir dans le silence, dans la discrétion.

Valentin se laisse laver, dorloter. Martha le nourrit. Les jours se ressemblent. Mais un matin, une silhouette apparaît au seuil de la petite maison envahie par la vigne vierge. Le visage de l’infirme se détend et un petit sourire apparaît. Valentin se sent revivre.

(A suivre…)

 

Recharge de batterie

Ce soir, je suis trop crevé et pourtant, je me suis engagé auprès de mes amis pour aller écouter un concert. J’avais prévu d’aller en voiture mais il est en panne de batterie et il est trop tard pour aller au garage. Tant pis pour moi. Je prends le métro. Mes yeux tombent lourdement alors que la rame du métro arrive. Le bruit me fait sursauter et j’avance tel un zombie. Un de mes potes, m’ayant rejoint, me pousse vers une place vide. Je m’endors. Vidé. Je sens qu’on me secoue. Nous sommes arrivés à la station. Je me lève rapidement et ma tête tourne. Je suis dans le brouillard. Les gens croient que je suis bourré. Déjà, à 19h30 ? Sortis dans la rue, je sens la pluie me rafraîchir qui me réveille un peu. J’essaie d’éviter les poteaux mais mes pieds n’ont pas le temps d’esquiver les flaques. J’entends des rires. Les phares des voitures m’éblouissent. J’arrive enfin à percevoir mon environnement. Je distingue l’auditorium. Nous allons écouter Les Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgsky –orchestration de Ravel.
Enorme queue. Attente où l’on avance à pas d’escargots ou même limace tellement je suis vanné. Enfin, nous montons les escaliers qui me semblent interminables pour arriver au troisième étage. Nous surplombons complètement l’orchestre. Magnifique salle et grandiose.
On s’assoie. La lumière s’éteint et les musiciens entrent. Le premier violon entre ensuite que nous applaudissons. Il lance l’accord pour l’orchestre. Enfin, le chef d’orchestre arrive. Tonnerre de battements de mains. Salutations et présentation de l’œuvre de Gershwin.
Enfin, il s’élance et bats la mesure. Clarinettes puis orchestre en entier. Mes sens s’éveillent petit à petit. Les accords défilent en prenant des rythmes plus ou moins saccadés. Ma fatigue tombe au fur et à mesure. Une véritable symphonie qui fait connecter mes neurones. Je ne vois pas le temps passer. Je me redresse de plus en plus. Dynamique plutôt amusante, féerique par moments.
A la fin des dernières notes, une salve d’applaudissement s’élèvent dans la salle. Rappel. Encore des rappels. J’étais shooté à l’adrénaline. Complètement réveillé, énergique. Mes batteries étaient rechargées à blocs. J’étais prêt à aller courir, à aller faire la fête, à faire la tournée des bars avec mes amis. Reboosté. Une énorme envie de refaire monde et travailler, agir. J’ai pris conscience qu’on pouvait être rechargé à bloc grâce à la musique ou bien dans d’autres situations qui peuvent être stimulantes.

Histoire complètement inventée inspirée de faits réels.

 

Humide, je vous dis!

Humide, je vous dis ! Humide. Il pleut des trombes d’eaux. Il pleut des cordes même. It’s raining cats and dogs. J’aboie de rage dans mes pensées. Je regarde les gouttes s’agglomérer sur la vitre. Puis j’entends une voix sèche : « T’es touché, Papa ». « Pas encore coulé, fiston ». Et pourtant je sens que je suis mouillé, trempé jusqu’au cou dans cette affaire. Je n’aurai pas dû dire oui. D’un ton glacial, mon fils me lance : « Papa, on joue ! C’est à toi ». Je lance un G7. Plouf. Je prends ma décision de dire non. Je ne veux pas que ma famille soit noyée dans cette affaire. Elle compte trop pour moi. Ma femme me remerciera chaudement, je le sais. Elle sera fière de moi. Et voici que mon fils a coulé tous mes bateaux. J’ai perdu une bataille mais pas la guerre. Je téléphone à mon patron et je lui signale que je refuse d’entrer dans son projet d’offshore. Licencié. Mais je suis libre. Soulagé, je reviens vers mon gamin de 11 ans et je m’apprête à mouiller mon maillot pour jouer avec lui. J’aurai ma revanche. Il me fait un grand sourire car il a bien compris que j’étais plus disponible et tout à lui à cet instant.

Rayons d’imprevus

J’avais eu beau faire tous les rayons, je n’avais pas trouvé ce que je voulais. Même le soleil ne daignait pas montrer ses rayons à travers les vitres du magasin. En sortant du magasin, j’ai enfourché mon vélo et en partant, je percutai violemment un plot en béton. Je fis un magnifique soleil et atterrit dans une poubelle ouverte pleins de cartons. Je n’avais rien eu. J’en étais ressorti difficilement. Heureusement, un couple était venu m’aider. Mon vélo était en piteux état car ma roue avant avait perdu la moitié de ses rayons. Un garagiste était venu me voir et m’offrit un vélo d’occasion à prix d’or. Je l’achetais cash avec un sourire rayonnant. Juste 20 euros. Je repartais avec mon nouveau vélo ayant pris soin de récupérer mon cadenas et ma sacoche. Sur la route, j’aperçus vite fait un slogan sur un mur : « Raillons le pessimisme ». Drôle de langage et pourtant des expressions, j’en connaissais un rayon.

Arrivé chez moi, Je reçois un coup de téléphone. On m’annonçait que j’étais enceinte. Bizarre, je suis un homme. Vous faites erreur, j’avais répondu. En fait, j’avais mal entendu. J’avais oublié le nom de mon quartier. Anscainte. « Vous êtes d’Anscainte. ». J’avais entendu « vous êtes Anscainte ».

Une touffe de soleil me réveille de plein fouet. J’étais allongé dans un hamac et je venais de siroter un verre de vodka rayonnant. Sans commentaires.

 

 

Histoire complètement inventé sur la base d’un mot soufflé par ma femme.

La joie du déménagement

O Joie! Lever à 7h00 un samedi matin pour un déménagement. Je rejoins mon beau-frère au pied de l’immeuble vers 8h30. Heureusement, il fait beau malgré la fraicheur matinale. 4 amis nous rejoignent et un camion loué nous attend sur le trottoir.
4ème étage sans ascenseur. L’escalier est large. Tout va bien. Nous descendons le frigo, la gazinière. Le pire, c’est le gros canapé en cuir marron. Les virages sont difficiles à prendre. On le soulève pour dépasser la rampe. Un des amis manquent de le lâcher au-dessus de l’étage. Nous le soutenons fermement tout en sueurs. Tout va bien. Après les encombrants, nous enchainons sur les cartons de livres. Éreintant! Surtout que mon beau frère a une collection de beaux-livres sur les cultures du monde. Un véritable tétris se joue dans le camion. On comble le moindre espace. Et là, c’est le drame. Une magnifique lampe courbée. Où la mettre ? Un véritable casse-tête. On déplace un peu, très peu et nous arrivons à la caser. En forçant un chouilla ! Carrément même.
Le camion rempli et nous partons à l’autre bout de la ville. Nous arrivons devant un autre immeuble. L’appartement est maintenant au onzième étage mais…. O bonheur, avec un ascenseur.
Tout se passe puisque trois autres personnes nous ont rejoint. Les cartons de livres, vaisselles, affaires sont vite éclusés. Ce foutu canapé rentre de justesse dans l’ascenseur. Un de mes potes se retrouve coincé entre le canapé et l’un des parois de l’ascenseur où se trouvent les boutons. On le ressort trempé, rouge écarlate après que nous ayons montés vaillamment les onze étages.
Et là, un autre drame. Nous allions faire entrer la gazinière dans l’ascenseur quand ce dernier se bloque entre les deux étages. J’entends un concerto de gloups et de râles.
N’ayant pas le choix, nous nous relayons car nos dos en prenaient un coup ainsi que nos coudes qui s’écharpaient contre les murs. Une véritable symphonie de soupirs résonnent dans la cage d’escalier sombre. La lumière s’éteignant toutes les minutes, nous prenons mille précautions pour ne pas tomber dans le noir. Arrivés enfin à l’appartement, nous nous avachissons sur les canapés. Nos compagnes avaient délicieusement préparés de quoi boire et de quoi manger.
Une autre joie s’élève. Celle d’avoir réussi à tout déménager et d’avoir donné un coup de main et s’être dépensé gratuitement.

Une dangereuse expédition

Usine hantée

Il est 16h30. Le vent souffle fort au fond de la vallée. Je m’engage dans la cour jonchée de détritus entourés d’immenses cathédrales de fer rouillés. Un panneau m’indique : « Prohibido de pasar ». Je sais bien que c’est interdit. Cela peut être dangereux. La commune ne sera pas responsable si j’ai un accident. Je prends quand même le risque. J’y vais excité  avec une pointe d’appréhension. J’arme mon appareil photo et je m’enfonce dans les entrailles de l’usine abandonnée. Enfin, les entrailles, pas vraiment, tout est ouvert avec le toit à une dizaine de mètres de haut. Plus ? Je ne sais pas, je n’ai pas mon mètre. J’aperçois des pièces délabrées. Je shoote. Je me penche ou je m’agenouille pour expérimenter des angles de vues. Soudain, j’entends des bruits de fer. Ma respiration devient plus profonde. Personne à l’horizon. Ce n’est que le vent. Je contourne des vieilles machines rouillés quand soudain, je sens un souffle glacial sur ma nuque. Je me retourne. Rien. Ce n’est peut-être que le fruit de mon imagination. Bon, j’arrête de me faire peur et je continue mon expédition. Je passe le seuil d’un autre hangar. Des vitres brisées. Des amoncellements de bouteilles pleines recouverts de journaux mouillés. Etrange ! Je shoote. Je zoome. Je m’approche pour essayer de percevoir une étrange bouteille. Une couleur violacée tournant vers le vert. Je déglutit et repart vers un escalier. Je le gravis pour atterrir à des bureaux. Et là, je vois furtivement une silhouette qui disparait à travers les murs. Un cri sourd retentit. Un frisson me parcourt et mon cœur s’emballe. Une porte claque.  Mes mains tremblent. En fait, je tremble de partout. Je sue carrément. Je sors de la pièce pour courir hors de l’usine. A peine arrivé dans l’immense vaisseau de fer, un énorme morceau de ferraille se fracasse juste devant moi. C’était une vieille cheminée rouillée. Je ris nerveusement. Le cri ? C’était peut-être une dernière rafale qui s’est engouffré dans la cheminée. Toutefois, je n’ai plus envie de trainer. Mon expédition devient délicatement dangereuse. Mon urbex prend fin. Au moins, j’ai réussi à prendre quelques photos. Je m’éloigne de l’usine qui semble me dire au revoir. Je jette un coup d’œil et à travers une vitre brisée, il me semble apercevoir un visage blafard, souriant et triste à la fois.

Arrivé à la maison, je développe mes photos. Et à ma grande surprise, je vois des gens travailler dans une usine en activité. J’ai pris des visages sans le savoir dont un me regardait avec un air ravi.Sur ma dernière photo, j’avais pris l’escalier menant vers le bureau. Sur l’escalier, se trouvait un gars qui me regardait d’un air fier. Il semble me dire : « Reviens, ne nous oublie pas ».

PS: Fiction tirée d’une de mes vraies expéditions.

Error fatale

Je suis dans le pétrin.

Je sais que je n’aurai pas dû mais c’est plus fort que moi. Pourtant, je sais que je suis spontané. Je suis direct, franc, sans tourner autour du pot. Je n’aurai pas dû intervenir.

Maintenant, je suis dans la merde jusqu’au cou. Je serais dans les annales. Même jusqu’aux narines tellement ma situation est très mauvaise. C’est arrivé il y a une heure. J’en tremble encore.

Pourtant, je n’ai fait qu’une chose. Ce fut ma bêtise. Une erreur fatale.

J’étais dans un parc. J’étais en train de lire tranquillement sur le banc.

Et là, un chien arriva près de moi, à côté et s’assit bizarrement. Une odeur très désagréable me vint au nez. Je me levai et le poussa en disant : «  Sale cabot ».

A ce moment-là, le ciel est tombé sur ma tête. J’ai reçu un coup de canne dans mes jambes et j’ai entendu : «  Espèce de vaurien. Vous savez ce qui vous en coûtera de maltraiter un animal. ».

Je m’étais retourné et je m’étais retrouvé nez à nez avec une dame d’une soixantaine d’années, assez mince, bien maquillé, droite dans son tailleur. J’avais eu l’impression qu’elle sortait d’un film anglais des années 30.

Elle déclina son identité. Présidente de la SPA. Son mari est préfet. Elle compte porter plainte. Par malchance, deux gendarmes passaient par là. Elle a raconté ce qui s’était passé. Je n’avais pas tiqué sur le coup tellement j’ai été surpris. Mais elle avait énormément exagéré. Soi-disant, j’avais donné trois coups de pieds au chien et qu’il boitait à cause de ma barbarie. Il me semblait me souvenir qu’il ne boitait pas. Mais devant la prestance et le pouvoir de madame, je faisais profil bas.

Je suis donc toujours là. Sur le banc. Hagard. A attendre.

J’attends. On m’a dit de patienter et qu’ils me viendraient me rechercher.

De toute façon, je n’ai pas le choix. Ils m’ont pris ma carte d’identité.

Enfin, les voilà de retour.

Ils rendent ma carte d’identité.

Ils m’annoncent qu’elle ne portera pas plainte.

Tout simplement, parce qu’elle n’est pas ce qu’elle est.

Les policiers voulaient me donner une leçon.

On ne maltraite pas les animaux et surtout le chien de la marquise.

Au nom de la marquise, ils font un petit sourire.

Ce que je comprends, c’est que madame n’avait plus vraiment toute sa tête.

Mais il fallait la laisser dans son histoire pour la calmer.

Aussitôt arrivé au Commissariat, elle avait oublié ce qui s’était passé.

Et moi, j’en suis quitte pour une bonne frayeur.

A la bonne heure !

 

Fiction complète. rien ne cela ne m’est arrivé! 😉

Selon la Loi de Murphy

Il fait gris. J’ai envie de dire «  Merde ». Mais non, tant pis, c’est comme ça.  Je m’apprête à sortir de la chambre, je me prends le coin du lit. Un véritable chacard. P…. ! Bon, c’est très douloureux mais c’est comme ça ! Je me remets bien en douceur malgré mon petit orteil tout fripée. Je me débarbouille. Et dans la cuisine, je bois un verre de jus de fruits. Je m’étrangle. Décidément, rien ne va. Tout va de travers aujourd’hui ! ! Mais c’est…. Comme…. Ça ! Habillage rapide en bermud’ et tee-shirt. J’ai prévu de me balader. Je récupère mon appareil-photo et je sors de mon appartement. Je tombe sur ma vieille voisine qui cherche ses clés. Pas de mal. Elle me voit. Elle m’engueule car elle veut que je lui rende ses clés. C’est comme ça, elle perd la tête. Je garde mon calme. Elle renverse son sac vigoureusement et voit enfin ses clés. Elle me crie : «  Allez-vous en ». Tout va bien. Elle va bien. Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu. Je m’inquiétais pour elle. Me voici donc rassuré.

Je descends les escaliers et la lumière s’éteint quand je suis entre deux-étages. J’ai failli rater une marche. Je m’agrippe à la rampe et tâtonne jusqu’à l’interrupteur. Arrivé à la lumière du jour, j’atterris sur l’esplanade de la résidence, qui donne sur un parc. Un chien se rue sur moi en couinant et tente de monter sur mes jambes. Son maître l’appelle et le gronde. Je sens un liquide sur mon pied gauche. Le chien vient de me pisser dessus. Je peste à l’intérieur de moi. Tout va bien. C’est comme ça.  Je vais me rincer au robinet qui se trouve à l’entrée du parc. Je continue ma marche et longe une allée d’hortensias. Soudain, je vois un magnifique papillon. Je sors rapidement mon appareil photo. Je règle mon objectif. Et je shoote avec plaisir. Soudain, je me prends un ballon sur ma tempe gauche. Un peu sonné, j’essaie de m’asseoir sur le banc. J’entends une voix d’enfant : «  Désolé monsieur, c’est Hugo. Quand c’est à lui de tirer un pénalty, il tire trop fort ». » Ce n’est pas grave », je lui dis. « C’est comme ça. Cela arrive, des accidents ». J’entends qu’il repart jouer avec son partenaire. A peu près remis, je me remets en route vers un kiosque englouti par des chèvrefeuilles. Et c’est reparti pour une séance de photo. Je m’amuse avec les profondeurs de champs. Et là, c’est le drame. Je n’ai plus de batteries. Je reviens à la maison en grognant un tout petit peu. C’est comme ça. Je souris un peu pour mettre un peu de gaieté dans ma journée. A peine franchi le seuil de mon appartement, je reçois un coup de téléphone. Je me rue vers le bureau et par maladresse, dans le couloir, je décroche une photo encadrée qui tombe. Le verre se brise en quatre et demi. Respiration profonde. Je balaierai. Cela se répare. C’est un ami au bout du fil. Il m’invite à une soirée jeux et barbecue. J’accepte avec un grand plaisir. En raccrochant, j’aperçois sur le mur un post-it : «  Diner avec Tante Josette et Oncle Robert ». Bon, j’avais oublié. Je décline malgré tout l’invitation de mon ami. C’est comme ça. Je reprends le cours de la journée en réparant mes bêtises, et bien sur en profitant des photos que j’ai pu faire, et de continuer à vivre malgré tout. Il y aura toujours des mauvaises surprises comme des bonnes surprises !

Tout ceci est pure fiction, imaginée.  

 Aussi connue comme Loi de l’Emmerdement Maximum, ou Loi de la tartine beurrée, la Loi de Murphy est, avec le chaos, la relativité, et la mécanique quantique, une des plus grandes découvertes du siècle (rien que ça). 
  
 L’évidence de cette loi et de ses dérivés, qui ne nécessitent aucune démonstration (laquelle est d’ailleurs impossible, voir plus loin), et dont chacun a pu savourer la douloureuse véracité tout au long de son existence, aurait dû assurer l’immortalité à son auteur. Hélas il fut victime de sa propre loi, très peu de gens le connaissent. 
  
 Depuis son premier énoncé vers 1949 par Edward A. Murphy Jr., capitaine de l’US Air Force, la Loi a engendré une flopée de lois dérivées, corollaires et variations, d’auteurs pas forcément toujours identifiés. De toute façon, de traduction approximative en copie infidèle, de téléphone arabe en détournement délibéré, d’application abusive en généralisation délirante, certaines n’ont plus grand rapport avec leur énoncé original. D’autres lois étaient aussi découvertes depuis des temps immémoriaux, mais il manquait une théorie cadre pour leur donner toute leur douloureuse signification.

http://www.coindeweb.net/murphy/murphy.html

Dis-le moi!

Created with Microsoft Fresh Paint

Assise sur son lit, avec son dessin, la petite fille pleure de tout son corps. Elle l’a montré à son papa. Il a juste regardé et fait un sourire. Rien d’autre. Déçu, Elle était allée voir sa mère. Sa maman lui a dit que c’était un beau dessin. Mais ça ne lui a pas suffit. Elle ne comprend pas pourquoi. Elle regarde son dessin. Elle a mis du temps à le faire. Personne n’a deviné ce qu’elle a fait. Personne ne lui a posé des questions. Elle aurait bien envie de le déchirer mais non, c’est son dessin et elle en est fière. Un gros chagrin l’envahit.

Un souffle la fait rebondir. Est-ce son éléphant blanc en peluche ? Mais non, les peluches sont des peluches. Elles ne sont pas vivantes. Elle regarde dans sa chambre aux murs bleus ciel décorés de nuages et d’oiseaux. Sa fenêtre est grande ouverte. Un petit oiseau s’est posé sur le rebord. Puis il repart. Elle entend un soupir. Un soupir très proche. Puis une voix.

« Je vois que tu as dessiné une jolie princesse, Elona ! ».

Elona rougit et sourit. Il reste une larme accrochée à ses lèvres. Elle se décroche pour caresser la robe de la petite fille. Cette dernière se lève pour essayer de trouver la petite voix. C’est ainsi qu’elle voit son ombre danser sur la porte de sa chambre. L’ombre ne fait pas que danser mais aussi chanter :

« C’est une jolie princesse que tu as dessiné Elona, avec sa jolie robe. Elle a comme compagnie une grenouille qu’elle n’embrassera jamais. Pour garder la surprise jusqu’au bout ».

L’ombre disparait derrière l’armoire. La petite fille court pour essayer de l’attraper mais par maladresse, elle tombe et fait tomber sa petite bibliothèque pleins de livres. Elle entend sa mère l’appeler. Puis la porte s’ouvre. Son père apparaît. Il est en tenue de bricolage avec le visage barbouillé de sciure. Elona toute surprise lui dit ces mots : «  Je suis tombé Papa. Mais je ne me suis pas fait mal. ».

Le père aperçut le dessin en plein milieu de la chambre. Il le ramasse et s’adresse à sa fille :

«  Tu as fait un très bon dessin d’un conte de fée mon cœur. Si tu veux, je te montrerai comment on fait un cheval pour ta grenouille ».

Elona fait un grand sourire et fut rassuré. Elle n’a pas fait son dessin pour rien.

Le silence d’Amina (1)

                   Dès l’aube, elle se prépare comme chaque jour. Elle tente de ne pas réveiller ses vieux parents qui dorment dans la même pièce qu’elle. Son mari est déjà parti au boulot. Elle ajuste son pagne bleu vermeille et sort de l’appartement. Ses pas la mènent jusqu’à l’arrêt de bus. Juste un piquet jaune au pied d’un immense lampadaire vert qui fait office d’arbre. Des feuilles métalliques lâchent parfois des odeurs de chlorophylles. Une sono fait grésiller quelques chants d’oiseaux.

Voici le bus qui arrive. Une chorale assourdissante ambulante. Un bus en carton blindé, aux vitres de plexiglass teinté. Un rideau de lin tissé s’ouvre pour laisser sortir et entrer les voyageurs. Elle s’assoit vite face à un pupitre où une partition l’attend. Pour que le bus avance, il faut que tout le monde chante. La moindre fausse note ralentirait le bus. C’est l’énergie vocale et harmonieuse qui est le moteur du bus. Ce matin, ils doivent chanter : « Carmina Burana de Carl Off, l’ouverture ».

Heureusement, Amina n’est qu’à quatre arrêts. 17 minutes de voyage.

Arrivé à son boulot, devant un grand immeuble en bois laqué, elle s’abreuve à une fontaine d’eau pétillante. Le pouka, Un oiseau en toile mécanique l’attend pour monter au 14ème étage.

Pendant l’ascension au ras du paroi, elle aperçoit à l’horizon le soleil apparaître derrière les montagnes de glace. Des auréoles de lumière bleue surgissent et embrasent la ville de bois et de fer.

Le pouka pénètre dans un couloir pour déposer Amina sur un tapis en satin rose. Elle traverse une grande pièce blanche et jaune où sont accrochées des chaises volantes reliées par des fils de soies. Elle s’assoit sur l’une de ces chaises. Elle actionne une manivelle et rejoint ses collègues de travail suspendus au plafond. Elle est arrivée juste à temps pour le lancement du processus.

Un rythme au son des violons lance la cadence. Des glissements de soies résonnent dans la pièce comme des cigales qui chantent à tue-tête.

( A suivre…)