Les préjugés ne nous lâcheront jamais.

Les préjugés ne nous lâcheront jamais.
On ne s’arrêtera jamais de se projeter, d’imaginer des scénarios, de ce que l’autre pourrait penser de nous quand on a dit ou fait cette action.
C’est la méconnaissance de l’autre qui nous met dans des situations inconfortables.
Clichés, idées préconçues, projections, méfiance. Que de mots pour exprimer notre mal-aise face à une personne que nous avons du mal à cerner.
« Tu me regardes de cette façon. J’ai l’impression que tu me juges »
« Tu rigoles de façon bizarre. Je prends de la distance. Tu m’as l’air un peu bête. »
Ces pensées peuvent nous entraîner dans des mauvais films et nous donnent une fausse image de l’autre.
Qu’est-ce qui nous met dans cet esprit-là ? Le mal-aise comme je l’ai dit plus haut, le sentiment d’insécurité, l’incompréhension.
Nous sommes pétris de ces préjugés, dans un certain degré bien sûr.
Vous savez comment on dépasse nos fausses croyances. Par la connaissance de l’autre à travers la communication. Je dis ça comme si c’était facile. Et bien non, c’est un combat permanent pour aller jusqu’à la simplicité de la relation.
Une lutte intérieur pour briser nos mécanismes de défense.
C’est un vrai challenge.
Peur de l’autre.
Peur de soi aussi.
L’autre renvoie nos limites, nos fragilités. Alors on les repousse avec violence, en prenant l’autre comme un bouc-émissaire.
Rassurons-nous. Nous pouvons évoluer, chacun avec ce qu’il est, avec ses choix, ses décisions pour aller à la rencontre de l’inconnu, de ce qui est étrange, déroutant.
Osons aller au-delà de nos peurs.
Osons la bienveillance (sans hypocrisie et ironie), climat indispensable pour tisser un lien.

 

 

 

Je vous souhaite de dépasser vos préjugés, d’aller à la rencontre et de découvrir la bienveillance en vérité.

 

 

 

Témoignage d’un sourd oraliste

Bien que la surdité soit invalidant dans le champ de la communication, cela ne m’empêche pas d’entendre le monde qui m’entoure par les yeux, le toucher et par mon appareil auditif qui marche très bien.
Bien sûr que le fait d’être sourd, c’est difficile de suivre les conversations, de ne pas savoir d’où viennent les voix, d’être vite fatigué lors de longues conversations etc….
Je suis sourd oraliste. Je n’entends rien des deux oreilles sans appareils, mais l’un entend grâce un appareil auditif. Je suis en mode mono pour entendre. Sourd de naissance, je suis appareillé depuis l’âge de 2 ans et je n’ai commencé à parler que vers 5 ans grâce à de l’orthophonie et à un environnement familial très présent.
J’ai eu une scolarité normale sans professeurs spécialisés. J’avais des séances d’orthophonie régulièrement jusqu’à l’âge de 13 ans environ. Je me souviens qu’à l’époque, je devais essayer d’articuler avec un petit bâton métallique entre les dents. Terrible. Mais ça c’est une méthode révolue. Enfin, j’espère. Puis je me souviens que je devais essayer d’entendre mon orthophoniste et la comprendre quand elle était derrière moi. Je détestais ça mais au moins, ça a payé. J’ai une récupération auditive énorme grâce à mon appareil. Je parle très bien et ça ne s’entend pas du tout que je sois sourd. Le théâtre m’a beaucoup aidé à articuler et à poser ma voix. J’en ai fait à partir de la seconde. Quand la fatigue vient me cueillir, ma locution devient brouillonne, assourdissant certains sons comme du je en che etc…
J’ai d’énormes avantages avec ma surdité. Je peux dormir comme un loir sans entendre les ronflements, les bruits de voiture, la musique à fond des voisins. Je peux éteindre mon appareil dans les lieux public tel que le métro quand des bruits sont agaçants. Par contre, je n’éteins jamais quand une personne me parle quand ça me déplait. Par respect, tout simplement.
Pour compenser, j’ai le sens du détail et j’adore faire des photos.
Quand on me parle et que j’entends la moitié des choses, je fais tout le temps des reconstitutions des mots entendus pour essayer de comprendre de ce que vient de me dire la personne.
Ma scolarité s’est très bien passée. Ma surdité ne m’a pas empêché de passer mon bac littéraire, ni ma licence de géographie, ni de passer mon diplôme d’éducateur spécialisé et exercer le métier, de partir vivre en volontariat au Sénégal et enfin, faire ma formation de documentaliste. Rien n’est impossible.
Tout cela grâce aux rencontres de personnes qui ont cru en moi, à ma volonté d’y arriver, à mes lectures, à l’écriture, à l’envie de découvrir le monde et encore plus personnelle, ma foi.
Je souhaite vraiment à chaque personne qui se croit condamné par son handicap à espérer, à rêver et à réaliser ses projets avec des personnes sur qui elle peut compter.
Alors, , ose aller de l’avant, prends des risques ( en te respectant évidemment) et fais toi entourer.

S’afficher handicapé?

J’ai entendu une histoire d’une dame qui demandait un pin’s pour son fils. Un pin’s avec un logo « Sourd » pour bien montrer que son fils est sourd et qu’on arrête de le regarder bizarrement car il ne réagit pas tout de suite, ou bien, il ne comprend pas donc il est idiot.
Est-ce vraiment nécessaire de s’afficher sourd, aveugle, déficient intellectuel, tous les handicaps qui ne sont pas visibles ?
En quoi un pin’s pourrait résoudre un problème de communication ?
Pour moi, cela ferait reculer et un échange n’aurait pas lieu. Tiens, il est sourd, je ne sais pas parler le langage des signes, je passe mon chemin. Il me semble que c’est vite stigmatisant.
Puis le pin’s renfermerait la personne dans son identité dans la surdité etc… Alors que la personne ne se résume pas à cela. Nous sommes tous plus complexes que cela et pleins de richesses en dehors de notre handicap. Oui, il fait partie de notre vie et il est parfois gênant dans certaines situations de la vie. Sinon, nous ne sommes pas « handicapés ». On l’est face aux autres qui sont dans la « norme ».
Alors, s’afficher ? Pas vraiment. Mais informer selon le contexte, oui quand il le faut pour ne pas être dans des situations tendues, difficiles à vivre.
S’afficher, c’est d’avance se mettre une étiquette, se classer alors que nous valons mieux que cela.
Ceux qui pensent le contraire, je serai intéressé de connaitre leur avis !

La transmission dans le social?

Alors, que transmettons-nous dans le social ?

Dans l’accompagnement, nous transmettons quelque chose de nous-même dans notre façon d’agir et d’être avec la personne. Le fait d’être cohérent avec soi-même et avec ses collègues peut transmettre la confiance que nous pouvons établir dans les liens, ainsi que la sécurité de l’environnement où chacun évolue.

Il y a toujours une part de transmission de nos valeurs. Ce n’est pas jamais neutre dans les liens professionnels.

Il me semble que la transmission n’est jamais neutre ni objectif. Objectif, cela devrait l’être dans le cadre professionnel. Enfin, je crois bien.

Nous avons tous un désir de transmettre quelque chose, de donner des crayons de couleurs inconsciemment choisis pour que l’autre à son tour décide de choisir pour grandir, s’épanouir.

Je cherche une autre image en rapport avec une maison que se construit la personne. Les fondations, ce sont ses origines, son vécu, ses blessures du passé, ses exploits. Les murs, ce sont les moyens qu’ils se donnent pour ne pas s’écrouler, pour ne pas baisser le bras. Le toit, c’est le sens de la vie et la sécurité. Alors, nous là-dedans ? C’est lui transmettre des outils pour consolider sa demeure, aménager l’intérieur. C’est témoigner sur ce qui existe dans les environs, c’est l’informer sur quelques méthodes et qu’il peut choisir. Effectivement, tout est à adapter selon les personnes.

On transmet ce que nous avons appris lors de nos études, lors de nos vécus.

Alors, et vous, que transmettez-vous ?

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La violence faite aux femmes

Merci Pandora pour ce partage! Il est vitale pour que chacun connaisse ses droits et devoirs!

La parole est à l’argent!

Tu peux compter sur moi. Je suis monnayable.
Tu peux me faire fructifier sans préalable.
Viens me dépenser sans compter
Au grand risque de te ruiner.

Viens me blanchir, je serai bien sale.
Viens me détourner, je serai illégale.

Qui suis-je donc pour toi ?
Je peux t’apporter un toit
Ou bien t’amener à la misère.
Je peux devenir une galère.

Apprends parfois à m’oublier
Car ma puissance peut te lier
Dans la solitude et l’arrogance.
Oublie vite mes fragances.*

Je peux t’apporter la liberté
Si tu m’utilises avec humanité.
Je peux t’apporter la sécurité
Si tu restes humble, en vérité.

J’aime qu’on me traite en espèces
Pour des tractations en finesse.
Je deviens ivre dans le virtuel
Sur des spéculations irréelles.

On m’emmène aux paradis,
J’ai droit à l’hernie fiscale.
Je frissonne aux escales.
Je préfère dormir aux radis.

J’aimerai ignorer le temps.
Pour être utilisé au printemps
Pour faire germer des projets solidaires
Pour éviter que l’homme reste solitaire.

 

*Odeurs

 

 

Lettre d’un enfant à ses parents

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Laissez-moi grandir.

Laissez-moi le temps de découvrir.

Laissez-moi le temps de comprendre.

Laissez-moi le temps d’apprendre.

 

Ne me laissez pas seul sans repères.

Ne me laissez pas seuls sans mes pairs.

 

Ne projetez pas vos désirs d’adulte sur moi.

Ne me faites pas mettre des vêtements de désirs.

Ne me faites pas de moi une star même si je le désire.

Osez me dire non et n’ayez pas peur que je sois en émoi.

 

Il me faut grandir dans la frustration.

Il me faut grandir dans l’insouciance.

 

J’ai besoin de la vie, cette science

De l’humanité pleine de distractions.

 

J’ai besoin de me sentir en sécurité

J’ai besoin d’amour et de vérité.

J’ai besoin de votre pardon

 

J’ai besoin que vous reconnaissiez vos erreurs.

Ne me laissez pas dans mes terreurs,

Mes angoisses même si je ne dis rien.

 

J’ai besoin de me tromper, d’expérimenter

Mais ne me laissez pas sombrer dans la colère

Ni même dans les frayeurs, les inquiétudes.

 

J’ai besoin de tendresse, de plénitude

Dans vos actes et vos mots chaque jour

Je vous aimerai sans cesse, toujours.

 

N’oubliez pas que je reste un enfant.

Je ne suis pas un adulte en miniature.

Ne me laissez pas en pâture

Devant la télévision sur le divan.

 

Je crois en vous. Vous êtes mes modèles.

Tout ce que vous ferez, je le ferai.

Tout ce que vous dirai, je le dirai.

Aidez-moi à voler de mes propres ailes.

Une lettre polyglotte

Dear friend,

Je ne t’oublie pas.
Mis pensamientos estoy con tù.
Desejo-te muita força e energia para os próximos dias e as próximas semanas.
Vorrei quindi che tu possa essere te stesse.
Ich wünsche dir mut und ausdauer.
J’aurai aimé t’écrire dans d’autres langues pour te dire combien je te souhaite d’être toi-même et de ne pas avoir peur de l’inattendu.
إنتبه لنفسك
ai grija de tine
気を付けて
« Bêtub mbëgged jéll nab gàkk”
Ba bennen
Vi ses!
待会儿见

Amitiés fraternelles,

 

TRADUCTION:

Cher ami,

I don’t forget to you.

Mes pensées t’accompagnent.

Je te souhaite beaucoup de force et d’énergie pour les prochains jours et les prochaines semaines.

J’aimerai que tu puisses être toi-même.

Je te souhaite du courage et de la persévérance.

I should like write to you for other languages, to tell is not to be afraid the unexpected encounter.

Prends soin de toi.

 » L »amour va au-delà de nos défaults. »

Au revoir

A bientôt

fraternelly

 

Regard d’ici et d’ailleurs!

rue à VélingaraDes couleurs chaudes et colorées.

Une ambiance particulière.

Mais chez nous, en France ou en Belgique

Ou au Etats-Unis, au Canada , quelle image peut-t-on donner de nous-même?

Ne pourrait-on pas donner des images positives de notre société occidentale

en ne sacralisant pas ce que l’on voit ailleurs?

Nos sociétés ne sont pas comparables.

Les enfants sénégalais ou burkinabés sont-ils plus beaux que nos enfants blonds ou rouquins? Rien n’est comparable.

J’aimerai bien connaitre nos réactions si des touristes ivoiriens ou bien camerounais venaient visiter nos contrées tempérées. Et qui viendraient photographier nos paysages, nos écoles, nos vies quotidiennes. En fait, le touriste est un concept occidental.

Que se passerait-il si nous changeons les rôles?

Cela nous mettrait plus dans une situation d’égal à égal et non dans une posture néo-colonialiste comme certains pourraient le croire, ou bien par une profonde charité parfois mal placé!

Je vous souhaite un meilleur regard sur notre société et sur les sociétés autour et que nous ayons une opinion le plus juste possible.

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Nous n’avons qu’une vie!

Il est bon de se rappeler que nous n’avons qu’une seule vie.
Et surtout que nous sommes humains avec des pouvoirs très limités.
Chacun de nous ne peut pas être partout à la fois.
C’est très frustrant de ne pas pouvoir agir partout.
Je ne pourrai jamais être médecin ni être éducateur spécialisé et avocat à la fois.
Je ne pourrai jamais construire des bâtiments au fin fond du Sénégal et en même temps tenir un foyer pour des mères mineures en France ou en Belgique.
Oui, c’est difficile de devoir renoncer à accomplir ce que l’on aimerait bien faire.
A force de vouloir tout labourer en surface et de parcourir la terre sans y prendre soin, rien ne germe dans le temps.
Il faut prendre le temps de creuser son chemin, fertiliser ses compétences, son choix de vie pour que cela prenne du fruit. Nous avons tous besoin du temps et chacun peut trouver sa juste place.
Nous pouvons être un volcan débordant d’énergie mais tout part dans tous les sens. L’important est de pouvoir canaliser cette énergie.
Soyons un feu qui ne s’éteint jamais au lieu d’être un chalumeau qui sera à court de batterie par la suite.
Bien sûr, nous pouvons vivre plusieurs expériences mais il est bon aussi de murir ce qu’on à vivre même si l’on passe par des moments de labeurs.
Bien que je sois sourd appareillé, j’ai fait une licence de géographie puis j’ai été prof pour enfants sourds. Puis j’ai fait une formation d’éducateur spécialisé avant de partir un an en volontariat au Sénégal. Par la suite un an d’approfondissement d’études théologiques. Enfin, j’ai fait divers remplacements en tant qu’éducateur spécialisé. C’est en ayant fait un bilan de compétences, avec une coach très humaine, que j’ai décidé de me former pour être documentaliste. C’est pourquoi j’ai choisi de me lancer dans la documentation avec comme but de travailler auprès des services médico-sociaux.

Je vous souhaite de vivre intensément dans une longue durée en vous épargnant de ne pas trop s’épuiser.
Je vous souhaite de trouver un juste équilibre dans vos choix de vies, d’avoir confiance et de continuer dans la persévérance.