Contrairement à ce que j’avais annoncé, je n’ai pas prolongé mon contrat de trois mois sur mon poste d’animateur. Il y a plusieurs raisons à cela et je ne les cacherai pas pour témoigner des dérives.
Tout d’abord, je ne voulais plus être complice des maltraitances que subissaient les résidents. Complice en étant impuissant et ayant peu de poids dans l’équipe.
La posture de certains aides-soignantes étaient à l’opposé de mes valeurs. Je faisais part de mes questionnements à la direction sur une problématique donnée. Les recadrages étaient faibles, et les paroles étaient très peu suivies d’actes forts telles des sanctions.
J’ai pu verbaliser les dysfonctionnements à la direction lors de mon départ. Et surtout que j’étais épuisé par mon impuissance face à la maltraitance et à une équipe qui n’était pas vraiment une équipe. Néanmoins j’étais reconnu dans ce que je faisais et on m’appréciait. Personnellement, il y avait pas de tensions entre moi et l’équipe. C’était surtout que je ne voulais plus cautionner le type de « prise en charge » des résidents.
Ce qui me manquait vraiment, c’est la bienveillance et le respect. J’aurai aimé des temps de débriefing, des temps de parole, de formation. Bref, que le temps passé auprès des résidents ne soit pas que de la technique mais aussi humain. On en soigne pas une machine mais un être qui a eu un vécu, a une famille, des expériences de vie etc….
Le mercredi, jour de mon départ, j’ai distribué le journal de la résidence que j’avais bouclé la veille. Et j’en ai profité pour leur dire au-revoir. Humainement, ce ne fut pas simple de gérer les émotions 😀 ! Mais je pouvais être fier professionnellement. Unanimement, ils étaient contents de ma présence, que j’allais leur manquer.
Il y en juste une qui m’a fait rire sur le coup/en disant : »Tant mieux »!
Ce fut une très belle aventure professionnelle et humaine même ce fut difficile par moments. Cela m’avait pas mal questionné sur la place denos grands-parents dans notre société. Quel sens a notre vie si c’est pour finir seul, maltraité dans une maison de retraite ? Mais heureusement, je sais qu’ils y a des lieux de vie bientraitants qui existent, des maisons intergénérationnelles. Peut-être que je vous ferai un article sur ces maisons qui font vraiment du bien.
Ce fut une citation qui m’a décidé de prendre soin de moi et de ne plus me mettre en difficultés :
« Ce que je ne dis pas, s’accumule dans mon corps. Ca se transforme en insomnie, noeuds à la gorge, larmes, nostalgies, doutes, douleurs, tristesse. Ce que nous disons pas, ne meurt pas mais nous tue à petits feu ! «
Bref, prenons soin de nous pour mieux prendre soin des autres.
Allez , pour finir, j’ai promis une bande-son quand je chantais dans les couloirs! (Vidéo tournée à la cave 😅😅 avant de rejoindre un couloir juste avant mon départ!)










