De la considération

De la considération ?

 

Être considéré, c’est vitale pour chacun à différents niveaux.

Être considéré à sa juste place.

Se sentir reconnu tel qu’on est et pouvoir agir sans avoir peur des regards des autres.

Nous avons plusieurs lieux où l’on a besoin d’être considéré. La considération se joue selon l’histoire de chacun, selon les événements de la vie et de sa sensibilité.

Je ne pense pas qu’être considéré, c’est vouloir avoir le projecteur sur soi pour être mieux vue. C’est plutôt pouvoir rayonner sans être étouffé par les autres lumières. C’est être reconnu à sa juste valeur, et qu’en échange c’est de reconnaître les autres dans ce qu’ils sont. Rien n’est jamais simple bien sur. Il y a un fil tenu soit de tomber dans l’égocentrisme, le moi qui envahit ou bien l’inverse.

Chacun à son langage, sa perception par rapport à la reconnaissance. Certains ont besoin d’agir, ou bien de parler en public, de fabriquer des outils, d’écrire, de rendre service etc.

Voici une citation que j’ai trouvée sur Evene.fr et qui m’a plus.

« Dans notre sociétéde consommationet d’épargne, un hommequi a de l’argentest un hommeconsidéré. Un hommequi n’en a pas est égalementun hommeconsidéré, mais lui, comme un pauvretype. » Pierre DAC

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De la solitude à la mémoire

 

Seul, je ne m’en sortirai jamais.

Seul, je ne pourrai pas vivre sans regard, sans paroles.

Seul, coupé du monde ? Ce n’est pas possible.

J’aurai toujours besoin d’une chaleur humaine, d’une référence pour avancer, me projeter, envisager un présent pour un futur.

Même si maintenant, on me larguait seul sur une île, je ne serai pas seul complètement. Pour moi, le vide n’existe pas. Je sentirai une présence à un moment donné si j’accepte de faire silence en moi. Pour certains, cela sera une entité. Pour moi, c’est Dieu. Mais là, c’est une autre histoire.

Je voudrais revenir sur le terme de solitude même en petit nombre ou dans la foule.

Dans un petit nombre pour un temps long, les liens se tendent, les émotions sont exacerbés, les énervements sont amplifiés. Seul ? Je ne pourrai pas faire face à une pression sociale. J’aurai toujours besoin d’une force, d’un soutien extérieur. Oh je pourrai peut-être pendant un temps mais je m’épuiserai, je m’enfoncerai. Je serai anéanti. Je ne vivrai plus. Cela serait complètement idiot de vouloir se relever avec la force de ses poignets. Pour moi, on tire de son énergie à se redresser à partir d’un fort souvenir, d’une phrase choc que nous aurions oublié. On se reprend en se mémorisant des valeurs que la famille, des proches nous ont apprises.

La mémoire quand je suis seul est primordial. Il me semble que cela pourrait être la même chose pour chacun de vous, non ?

Je parle bien de la solitude qui pèse, car bien sur, j’en ai déjà parlé, il y a aussi le besoin de s’isoler pour se ressourcer. Ces deux concepts n’entraînent pas la personne dans une dynamique.

Je repense aux jeunes, aux personnes qui pourrait dire : «  Je ne m’en sortirai jamais ». J’aimerai leur dire que c’est faux. Chaque personne à les moyens et qu’un tiers peut être là pour l’aider à fouiller. Je prendrai l’exemple de la maison :

La personne défaitiste aura sa propre maison instable malgré ses quatre murs avec un jardin complètement envahi par les ronces de son désespoir. Un tiers peur l’aider à désherber pour retrouver les outils, les matériaux pour rebâtir sa maison. Évidemment, l’image a ses limites mais ça vaut ce que ça vaut.

En gros, ne laissons jamais seul une personne s’enfoncer dans le dénigrement de soi et de pouvoir lui apporter des paroles justes, des gestes constructifs. Il pourra s’en souvenir par la suite même s’il n’a pas pris conscience sur le coup.

Y aurait-il un seul homme qui pourrait vivre seul pendant toute sa vie, sans contact humain ? Je ne pense pas. Puis se sentir seul et appeler à l’aide serait pour moi du courage, une preuve d’humilité et d’humanité. ( Bien sur, dans la vie, il faut se débrouiller par soi-même mais là, tout dépend dans quelle situation nous-sommes, dans quel contexte avec quels moyens nous avons)

 

De l’humour?

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  • Demain, je vais enfin me raser

  • Ouah, tu vas être dans les journaux.

  • Euh, ça risque d’être barbant.

  • Très rasoir.

  • Hé, la barbe. Arrête un peu !

    C’est de l’humour de sourd ! Humour sur les jeux de mots, des sons. C’est de l’humour facile et que ceux de l’extérieur peuvent penser que c’est de l’humour de gamins, trop facile. Mais entre sourds, on se comprend, on se fait plaisir.

    Il y a des types d’humour sur lequel on ne se reconnaît pas, car nous n’avons pas les clés de compréhensions. Je pourrais penser à l’humour des étudiants en médecine, ou bien l’humour des geeks. Comment comprendre si l’on n’est pas du milieu où si on n’a pas été initié ?

    Humour noir :

  • « Il ne faut jamais gifler un sourd. Il perd la moitié du plaisir. Il sent la gifle mais il ne l’entend pas. » Georges Courteline

    Humour vulgaire

    Humour en dessous de la ceinture.

    Humour raciste.

    Humour trash.

  • Il n’est jamais facile de faire de l’humour car la personne en face peut le prendre mal, être gêné. C’est une manière de s’exprimer qui est vécu selon notre éducation, notre histoire, nos valeurs.

    Puis tout dépend du contexte, des personnes.

Un très bon ami pourrait me dire en le prenant très bien : «  Excuse-moi, je croyais que tu étais sourd ». Alors que cette phrase venant juste d’un collègue de passage, beaucoup moins.

La vision que nous avons de l’humour est très subjectif.

 

Humour de la dérision.

Humour pince sans rire : on le retrouve souvent chez les Monty Python.

Humour cynique.

Humour moqueur.

Humour à la c….

Humour provocateur.

 

L’humour comme trait d’esprit ou bien s’inspirant des situations comiques comme on le voit souvent chez les humoristes. Il y a aussi de l’humour venant de ce qui est burlesque.

Bref, l’humour, tout est question de dosage, de milieu, de l’environnement et du niveau de susceptibilité.

 

Avoir de l’humour, c’est aussi une hygiène de vie. Rire, ça détend.

Ayez toujours de l’humour en poche.

Il y en aura toujours

Il y aura toujours des couillons pour vous critiquer, pour vous juger, pour vous remettre en questions.
Il y aura toujours des ignorants qui vous poseront des questions ou seront indifférents à vos choix, à vos petites ou grandes réussites.
Il y aura toujours des mots qui vous blesseront, qui vous choqueront, qui vous tourmenteront.
Il y aura toujours la violence qui s’immiscera dans vos vies, dans notre entourage, dans le monde.
Il y aura toujours des sots, des corrompus complètement absorbés par leur pouvoir.
Il y aura toujours des ouragans, des orages, des averses de grêles.
Il y aura sans cesse des séismes, des tsunamis, des éruptions volcaniques, des inondations.
Il y aura sans cesse des tracasseries qui jalonneront notre vie.
Et pourtant, vous saviez bien qu’il n’y a pas que ça.
Réjouissons- nous sur tout ce qui est positif malgré la nuit, malgré le brouillard, malgré le mistral ou le sirocco.
Regardons ce qui fait nos forces, nos joies.
Nous avons toujours en nous des petits sourires, des éclairs de jouissance pour les petits riens de la vie quotidienne.
Regardons ailleurs, vers nos amis qui nous apprécient et que nous apprécions.
Regardons nos échecs comme des tremplins pour une vie plus épanouissante.
Personnellement, j’ai vécu moult licenciements, accident de travail, démission et pourtant je continue mes projets, à persévérer. Malgré mon handicap source de malentendus, j’arrive à entendre les murmures des petits bonheurs.
Osons la poésie emprunt de lucidité, pour rêver, pour mettre un peu de légèreté dans nos lourdeurs.
Il y aura toujours quelqu’un qui te relèvera, qui te soutiendra. Il y aura toujours une personne, quelque part, pour vous écouter, et partager avec vous.
Comme dirait les sages : « L’important, n’est pas le but mais le chemin ». Quand nous réussissons un diplôme, un permis ou autre, nous nous réjouissons après avoir regardé tout le travail qu’on a accompli auparavant.
Je l’ai expérimenté ce lundi de manière très concret. J’avais comme objectif d’atteindre Bourgoin en Vélo. Ville à 45 km de Lyon. C’est à travers les chemins que je me suis régalé, longeant des ornières, traversant un ruisseau, côtoyant les poids lourds sur une départementale. Arrivé à Bourgoin, j’étais heureux du parcours malgré les coups de fatigues, malgré les cuisses qui ont brûlé pendant un temps.
Il y aura toujours de la souffrance, de la galère mais à force de croire et de vivre l’instant comme un chemin prometteur de bonnes surprises.

Alors, braves gens, ne vous laissez pas abattre pas les mauvaises langues même si ceux de vos proches qui vous rabaissent. Écoutez ceux qui vous font du bien, en vérité et en sincérité. (Pas les faux-culs ni les hypocrites). Fuyez l’angélisme et la dramatisation. Vivez le concret et vos rêves.
Je vous souhaite à tous un bon courage dans vos projets, dans le meilleur discernement possible, en toute conscience.

Tabou

Tabou tabou !
Il ne faut pas en parler, ne rien dire pour éviter les conflits.
On ne touche pas aux sujets qui fâchent, pouvant créer des fractures.
Chut, pas la religion. C’est tabou. Cela fait partie de l’intime de la personne. Vie privée, on n’y touche pas.
Chut, pas la sexualité. Tabou. C’est intime avec comment on gère notre sexualité, notre attirance vers l’autre sexe ou le même sexe. C’est très subjectif, très intime. N’en parlons pas.
Les émotions, les larmes ? N’en disons rien, nous évoquerions nos faiblesses. C’est indécent. Tabou, chuut !
Chut, on en dit rien sur le handicap. Tabou, on n’y connaît rien, on n’en parle pas.
Faut pas savoir tout ce qui touche à la dignité de la personne.
La misère, c’est quoi ? Tabou. Cela n’existe pas. Il y a bien des sous qui traînent partout. Il suffit de tricher un peu, de jouer au loto, de faire marcher les acquis sociaux.
La politique. Ouh là, encore un sujet qui fâche. Trop de divergences, trop d’extrémités.
La crise ? La folie ? Non, pas la maladie psychique. Ah la crise monétaire ? Non, je n’en ai jamais entendu parler. On se sert un peu la ceinture mais je vis au-dessus de mes moyens.
Chut, tabou !
Les paradis fiscaux ? N’en parlez pas, ça va être l’enfer. Tabou !
La drogue ? Les excréments ? L’inceste.
N’en parlons pas. Chut.
Chez les Polynésiens, ce qui est tabou est sacré.
Donc tout est sacré ?
De quoi peut parler alors ? De la pluie et du beau temps ? Et encore, certains vont se plaindre et râler. Cela va se chamailler.
Allez, osons quand même évoquer les sujets « tabous ».
Essayons quand même.
Risquons-nous de se parler, de se dire les choses.
Prenons le risque de briser le silence et de mieux se connaître, mieux se comprendre malgré tout.

Je souhaite à chacun de trouver des lieux où on peut se dire sans être jugés, sans être critiqués.
Que chacun trouve de la bienveillance et soit entendu, compris, et vice-versa !

L’attente

L’attente.
Nous sommes la plupart dans l’attente lors de cette fin d’année scolaire.
Une attente angoissante, stressante vécue à des degrés divers pour chacun.
L’attente des résultats d’un examen qu’on a passé, tel que le bac, les diplômes universitaires. Je pense à ceux qui ont passé leurs licences, leurs CAPES. Une grande pensée à ceux qui ont passé le diplôme d’éducateur spécialisé ou autre diplôme du travail social.
Une attente qu’on comble par des activités qui nous occuperait la tête, pour ne pas trop s’inquiéter.
Je pense aussi à ceux qui ont passé leurs concours. Quel avenir leur sera réservé ?
Pour ma part, je viens de déposer deux dossiers pour être reçu en formation de documentation. Je comprends le stress à cause du flou total même si on peut être confiant de l’issue des résultats. Mais il faudrait s’attendre à tous, même le pire. Aucune réponse négatif. Pour trouver une voie échappatoire, pour ne pas tomber de trop haut.
Tout type d’attente est vécu en fonction de notre histoire, de notre tempérament, de nos liens sociaux. L’attente est terrible pour ceux qui sont impatients, car on voudrait que ça arrive plus vite, que l’on passe à autre chose.
Que peut-on vivre pendant cette attente quand il n’y a plus de cours, quand on ne bosse plus, quand nous sommes dans une certaine inactivité ?
Attente d’une réponse à la suite d’un entretien d’embauche. Attente de résultats médicaux. L’attente de la venue d’un enfant soit par la grossesse ou l’adoption. L’attente d’un courrier, d’un mail après avoir écrit un long texte pour éclaircir une situation personnelle. L’attente d’un conjoint, d’un compagnon qui va revenir d’un voyage.
On pourrait vivre la lecture de livres qu’on aurait aimé lire. Faire la fête avec des vrais amis si possible. Dormir pour certains quand ils se sont donnés énormément. Réviser les oraux au cas où !
Ou bien écrire, dessiner, faire du sport, aller au théâtre, se faire des projets, rêver.
Je comprends l’attente comme une période où l’on peut mûrir notre projet professionnel, familiale ou social. L’attente nous permettrait de s’affermir, d’éprouver notre désir de réussir et de mettre du sens dans ce qu’on veut vivre.
Dans l’attente, osons les rêves les plus fous comme oser imaginer le pire.
Je peux vous partager mon expérience étonnante du bac. Mon petit frère est allé voir avant moi les résultats et m’avait annoncé que j’étais recalé. J’étais resté stoïque et je me disais : « Bon, tant pis, c’est comme ça ». Puis quand je suis allé chercher mes notes, j’avais remarqué une erreur. On avait mis 0 à l’espagnol alors que j’en étais dispensé. Nous avons donc bataillé pour faire appel. Je passe bien donc les rattrapages. Ces derniers se sont très bien passés et j’ai eu mon bac. L’ayant eu, tout mon entourage s’est réjoui sauf moi. Je me suis contenté de me dire : « Tant mieux ». Mais je vous rassure, mes plus grandes joies après de longues attentes a été quand j’ai été reçu à ma formation d’éducateur spécialisé et bien sur mon DEES.

Je souhaite à chacun de vivre l’attente la moins pénible possible et vous souhaite un bon courage, et espère que vous aurez une grande joie à fêter vos réussites.

Réflexion sur l’écriture

Des écrits pour laisser une trace, des traces.

Des indices d’un passage d’une vie sur terre, vers quelque part.

Des mots caressant le papier ou apparaissant sur l’écran, pour signifier une présence.

À travers l’écrit, l’être vit, revit. La parole peut se poser avant d’être dite, déclamer.

Il y a des écrits qui peuvent être des secrets car des vérités sont lourdes à entendre, à être acceptés.

Des écrits pour s’évader et laisser une empreinte.

Une empreinte pour emprunter une des voies d’existence.

Écrire pour tenter d’exister, comme parler pour tenter d’essayer de se faire entendre.

L’écrit pourrait nous libérer des entraves venant de l’inconscience.

Des écrits pour prendre de la distance.

Écrire pour ne pas oublier, pour ne plus oublier.

Écrire ce que nous n’oserions pas dire à haute voix, par timidité.

Écrire, comme un passage de l’abstrait au concret.

Pourvu que l’écriture devienne réalité et ancre nos rêves, nos désirs mais surtout aussi nos projets, nos ras-le bol, nos souffrances, nos colères.

Écrire peut nous aider à ne pas se taire comme se confier à un journal intime.

Écrire ne semble pas à la portée de tout le monde car c’est tout un apprentissage. Mais On peut écrire tout en dessinant comme les calligraphies, les idéogrammes.

Écrire, c’est essayer de maîtriser sa pensée, de la construire, de se poser.

Et pourtant l’écriture est à double tranchant. On peut écrire des lettres pour calomnier, pour jeter des idées incendiaires contre une personne ou un groupe. Ou bien nous croyons écrire selon nos pensées mais nos écrits reflètent autre chose. Cela peut nous jouer des tours.

Michèle Mailhot : « L’écriture, toute écriture, reste une audace et un courage. Et représente un énorme travail. »

Peut-on dire que si nous commençons à maîtriser notre écriture, nous pouvons mieux « maîtriser » notre vie ? Quand l’enfant sait écrire son prénom, c’est une grande joie pour lui car il laisse une trace de son identité. Écrire peut permettre encore plus d’affirmer notre identité.

 

Antoine

C’est ainsi qu’il s’en va mendier aux devantures des boulangeries.
Plus de toit. Plus de famille. Plus de boulot. Plus de dignité.
Il voudrait bien s’abriter sous des ponts, dans des bergeries.
Mais le froid le poursuit, le torture de tous les côtés.
Il arrive à se procurer de l’alcool pour se réchauffer.
Il voudrait de ses douleurs en faire un autodafé
Pour essayer de survivre jour après jour, hagard.
Ballotté entre des hébergements d’urgence et taudis,
Il noue des liens avec des compagnons avec égard
Puis dans l’ivresse, se déchirent pour un maigre radis.
Un jour, un vrai regard, un geste le redresse
Dans son identité, dans son chemin de vie houleuse.
La chance lui sourit enfin avec des sourires qui le caressent.
Il va au-delà de ses hontes, de ses humiliations
Avec le temps, avec ses paroles déposées, ses actions
Lui permettent d’avancer malgré sa misère, ses galères.
Cet homme s’appelle Antoine, aux yeux bleus d’éther.

Des mots, encore de mots!

Colère contre les rumeurs, les préjugés envers les roms.

Colère pour les immigrés sans abris car des gens préféreraient aider des sans abris français.

La solidarité n’a pas de frontières. La solidarité doit avoir un vrai visage de fraternité, de confiance.

Pourquoi des gens sont-ils obnubilés par leur confort ?

Je suis derrière mon écran et je fulmine. Je voudrais sortir bouger le monde mais seul, je ne peux rien faire. S’unir avec d’autres personnes, agir dans une association.

Y a t-il des sensibilisations sur les conditions de vie des roms, des sans-abris, des sans-papiers ? Comment créer un choc de solidarité ?

Sidération devant les frénésies de certaines personnes à consommer, à s’endetter, à avoir les meilleurs produits pour pas chers.

Je voudrais faire ce rêve que chacun prenne conscience de sa vie, de sa préciosité, ne pas voir l’autre en ennemi.

À mon niveau, aujourd’hui, j’irai lire un texte pour des personnes atteint de démence. Vous pourriez me dire : « D’autres ont des besoins plus urgents, non ? ».

Comment faire comprendre aux gens l’intérêt de faire attention à l’autre ?

Imaginons que je m’isole sur mon ordinateur, que je fasse des jeux sans arrêts, que j’aille acheter des trucs électroniques de dernier cris. Puis je sors faire la fête, alcool à gogo. Puis un jour, tout tombe en panne, j’ai plus d’argent, plus de quoi payer de la nourriture.Un peu d’aide ne serait-il pas apprécié si je suis vraiment dans la merde. J’aurai aimé qu’on me soutienne.

Comment faire comprendre que l’argent ne fait pas que le bonheur. L’argent est utile pour subvenir nos besoins et se faire plaisir par moments. L’argent ne doit pas être un but qui risque d’abaisser tout lien social.

Comment faire comprendre qu’il existe différents regards sur notre monde ? Différentes cultures ?

Beaucoup de questions, il est vrai. Maintenant, mettons en pratique ce qui fait vraiment sens, en réajustant nos valeurs le plus juste possible.

Pleins de choses à dire pour n’oublier personne.

Pour ne pas oublier les populations meurtries par les guerres comme en Syrie, en Centrafrique délaissé, en Somalie, au Mali et malheureusement pleins d’autres pays où des gens tuent par ignorance, par extrémisme, par le rejet de l’humanité.

Recentrons-nous ce que nous pouvons faire à notre mesure, avec les moyens que nous pouvons avoir. Oser saisir des opportunités de réagir quand on peut.

Ne soyez jamais résignés. Malgré la violence, la haine, il y aura toujours des foyers d’espérance, des lieux de fraternité, des lieux où des gens se battent pour la dignité de chaque être humain.

Osmane, Episode 2.

 

La nuit est tombée. Osmane est assis en équilibre sur une rambarde d’un square. Ses potes, un peu plus âgés boivent de la bière. Il en prend aussi. Il en est à son troisième. Sa tête tourne un tout petit peu. Il n’est pas encore habitué. Il essaie de se marrer aux blagues de ses pairs. Il tient une canette dans sa main droite. Il vient de la finir. Puis il pense à son père. Il essaiera de rentrer le plus tard possible, quand son vieux dormira. Sa mère l’attendra malgré tout avec résignation. Avec rage, il envoie la canette loin contre le lampadaire. Ses potes le chambrent, le bousculent. Khaled lui donne un joint pour se calmer. Osmane l’aspire. Il se sent s’envoler. Un pur plaisir. Soudain, un gars arrive en trombe sur son scooter, sans casque. Le motard jubile et invite Osmane à monter dessus. Les autres l’encourage. Autant se faire plaisir, n’est pas Osmane ? Osmane grimpe derrière le motard et reparte dans un bruit infernal qui résonne dans le square entouré d’immeubles. Vibrations de plus en plus vive au fil de la vitesse. Rodéo sur le trottoir, sortie de garage, parking où ils slaloment. Ils reviennent au square puis repartent de plus belle, hilares. Osmane se sent puissant, maître de la nuit où tout le monde s’endort.

Tout d’un coup, dans un carrefour, ils évitent de justesse une voiture de policiers. Prise de panique inconsciente et envie d’en découdre avec la loi. Ils s’enfuient et essaient de s’échapper. Sirènes. Course-poursuite. Osmane se cramponne au conducteur. Il a une énorme trouille. Il ne veut pas se faire prendre. Cela serait un déshonneur auprès de ses potes et de sa famille. Les jeunes prennent les petits rues et descendent des escaliers. Le scooter manque de basculer en arrivant en bas, au bord d’un canal. Fuite infernal. Ils ne savent plus où aller. Ils arrivent près d’une passerelle. Impossible de passer en scooter. Ils la laissent et franchissent le canal. Ils entendent encore des sirènes. Ils arrivent dans une zone industrielle clôturée. Ils montent le grillage. Osmane sent son corps lâcher. Il tombe. Son pote a réussi à franchir. Un policier plaque Osmane à terre. Visage dans la boue sèche et rugueuse. Douleurs infernales de son dos où il sent les genoux du flic. Il a impression que sa tête va exploser. Il n’a pas de forces. Toute l’adrénaline expulsée lors de sa petite cavale l’a épuisé.

Osmane entend des grognements de chien et des cris. On l’emmène dans une voiture brusquement. En garde à vie. Fraîcheur de la cellule. Humidité. Pleurs, tremblements de colère. Il sait plus où il en est. Pourquoi s’est-il embarqué dans cette spirale infernale ? Tout lui pèse. Ses échecs, ses conneries. Il a la haine de ce qu’il est. Mais ça, surtout ne pas le dire. Cela serait une preuve de faiblesse. Son père le tuerait. Il doit être fier, fort. Un commissaire passe le voir et lui passe un savon, lui fait la morale. Osmane apprends que son pote a été tué par un chien de garde qui gardait l’usine. Il accuse les policiers de l’avoir tué car ils ont été poursuivis. Il entend une réflexion d’un flic, derrière : « Tu vas retourner dans ton bled ». Mais quel c… ? Quel bled ? Le pays de ses parents n’est plus son pays. Il est né ici, en France. Mais il ne sent pas français. On le traite comme un étranger. Osmane, c’est pas un nom français. Et alors ?

Que va donc t-il devenir ? Il se sent foutu. Il sera toujours dans la galère. Son ventre le torture. Il veut hurler mais non, il se crispe. Il regarde en biais le commissaire. Un défi ? Un affront pour le commissaire ? Manque de respect ?

On lui apporte un verre d’eau et du pain. Il les avale rapidement et se recroqueville sur la banquette, contre le mur gris, défraîchi.

Quel sera l’avenir d’Osmane ?