Journal d’un confiné #8

Depuis une semaine, je ne suis pas sorti

Ni pour des courses ni des partys.

(Et alors, il faut te féliciter, t’applaudir ? )

Pas la peine, cela va me refroidir.

Le confinement ne m’est plus insupportable.

(Chouette, on confisque ton doux portable ? ).

J’en ai besoin pour maintenir des liens,

Cela serait un choix très cornélien.

(Continue, tu prendras racine).

Chaque matin, au réveil, je m’étire

avant d’entendre les premiers soupirs.

(Tu fais du sport ? Un vrai scoop).

Cela m’évite des entourloupes

Avec ma fille malicieuse et coquine.

(Tant que tu ne deviens pas Anakin).

En fait, mon pain était très bon

Ce n’était guère nauséabond.

(Encore ? Tu veux un palme d’or).

Aujourd’hui, j’irai bien dehors

Pour marcher aux alentours.

(Pas plus d’une heure sans détour ).

Et j’aurai bien mon attestation

pour éviter les complications.

(Attention, tu bayeras aux corneilles).

Bien sûr, pour goûter aux merveilles

Et observer les papillons et passereaux.

(Et tu reviendras derrière tes barreaux).

M’enfermer pour éviter de contaminer

Et ne point rompre des destinées.

(Facile, tu es à la campagne, tu es un héros !)

Je vais me remettre à mon bureau

Et tenter de travailler malgré l’incertitude.

(Tant que tu ne vises pas l’inaptitude).

Et puis faire vivre les producteurs locaux

En achetant en ligne, sans dommages collatéraux.

(La rime n’est pas très joli à entendre).

Tant que c’est facile à comprendre.

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Journal d’un confiné #7

Déjà deux semaines sans franchir la frontière.
(Quel frontière? Physique et psychologique?)
Après être passé de la sidération à la colère,
Me voici dans l’acceptation énergique.
(Tu as pris du bon ? T’as fumé un tapis ?).
Hier, j’ai accroché des photos sans répit.
(Y a encore des murs vides, vierges ?
J’éviterai de faire le concierge).
L’intérieur est plus habité, vivant.
(Sûr, avec une fille de trois ans !)
Ce matin, j’ai pétri le pâte à pain
(Oh Beethovenn : PAINPAINPAIN PAIN)
L’avantage du confinement: faire maison !
(Tu pourrais faire toutes les combinaisons).
Un décalage entre le bruit des réseaux sociaux,
La masse des informations salopiauds
Et le silence dans la rue, dans le quartier,
Où la nature prospère sans aparté.
(Et si tu déconnectais une journée entière
Sans regarder les nouvelles incendiaires?)
C’est une très bonne idée et se concentrer
Pour rendre service en restant cloîtré !
Ne perdons point espoir, restons soudés !
(Levons nous pour Danette, sans compter).
Je continuerai à danser, à jouer, lire, !
(N’oublie pas de t’habiller, avec délire).
Je nous souhaite de continuer à espérer
(Je ne vois pas pourquoi tu dis ça !)
Je nous souhaite de nous altérer.
(Je pars apprendre la salsa).
A la prochaine…
(Sans haine).
Facile cette rime, tu pourrais changer.
(Va faire ton boulanger !).

 

Journal d’un confiné #6 – Comme Cyrano

Déjà vendredi ? La route t’appelle ?
Certes, non, comment te dire sans appel ?
Nous pourrions le dire en somme
De différentes façons jeune homme.
Agressif : Si vous aviez un toit monsieur,
Il faudrait le donner aux gracieux !
Amical : Mais reste donc dans ta demeure
De crainte que tu l’attrapes et meurs.
Descriptif : Quel logis pour se blottir !
Un palace que dis-je pour l’investir.
Curieux : Comment est décoré ton intérieur ?
Est-ce cosy, rustique ou frimeur ?
Gracieux : Aimes-tu tant le risque
A en aimer être Vercingétorix ?
Prévenant : N’oublie pas ton masque
Et garde tes distances avec un casque.
Tendre : Viens donc chez toi
Pour être sûr d’être avec toi.
Dramatique : Non, ta demeure sur terre
Ne sera point ta mise en terre !
Militaire : Qu’on sonne la retraite !
Pour point qu’on ne vous maltraite.
Lyrique : Que ton sort n’affecte point
ta famille, tes proches, tes voisins.
Naif : Le confinement est fini ?
Je n’ai pas entendu de cérémonie.
Pratique : As-tu bien lavé tes mains ?
Et pris ton attestation pour le chemin ?
Voici ce que je peux dire comme Cyrano
Dans sa longue tirade du nez , un vrai joyau.
Tu n’es pas seul à vouloir la liberté
Mais le plus important, maintenant, est la santé.
Plus vite chacun prendra sa part de responsabilité.
Plus vite nous pourrons reprendre notre liberté.

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Journal d’un confiné #5

Le givre s’est déposé sur les toits, les voitures.
(Le printemps est arrivé en peinture ? )
Un merle se pavane devant ma fenêtre.
(Fait gaffe à ne pas disparaître).
Hier, j’ai échangé avec une caissière masqué.
(Avec une attestation cacheté ? ).
Je n’ai rien compris, ne voyant pas ses lèvres.
(Tu es sourd comme un conserve).
J’ai dû deviner selon ses gestes et regards.
(T’as du être comme un hareng, hagard !).
J’ai été controlé par une policière.
(Tu as été pris dans une souricière).
J’avais bien mon attestation mais pas de papiers.
(La grosse boulette sentant les pieds).
J’ai juste eu un avertissement verbal.
(C’est une chance à mille balles).
Revenu à la maison, j’étais soulagé.
(Après s’être lavé, nettoyé, ménagé).
Le ciel bleu d’azur m’appelle à sortir.
(Fichtre, reste à la maison fakir !)
Alors j’ai voyagé sur Google Earth.
(Merci pour la rime en Earth).

Je nous souhaite de déconnecter
De vous saupoudrer de sérénité.
Je nous souhaite un autre regard
Sur notre quotidien qui se bagarre
Entre nos enfants et notre travail.
Je nous souhaite des trouvailles
Pour soulager nos héros quotidiens.
Ne soyons point tragédien.

Prenez bien soin de vous les amis !
Et protégez vous sans répit !

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Journal d’un confiné #2

Bonjour à chacune et chacun,

Le soleil est là, brille de mille feux (pour nous narguer).
J’entends un pic vert qui gargarise, joue avec ses cordes vocales (Pour rire de notre confinement).
Un nouveau jour vient (la maison est toujours là, la même!)
Les nerfs commencent à se tendre alors vite, respirer, faire de la gym ou du yoga, rire un bon coup. (Nécessaire de se défouler, de se détendre même vital).
Je me connecte aux infos de moins en moins. (Pour laisser la place à ce qui est essentiel).
Hier, je suis allé faire des courses (avec mon attestation magique).
Moins de monde que lundi. (Ouf!)
Par contre, j’ai vu se balader 4 jeunes côte à côte au centre-ville. (J’ai failli m’arrêter et leur expliquer… je ne suis pas flic et ces gaillards peuvent me tailler en pièce avec leur virus).
Au magasin, il n’y avait plus de lait. C’est la troisième fois que je repars bredouille. (Heureusement que ma fille apprécie la boisson d’avoine pour le petit-déjeuner).
Parfois les secondes semblent des heures. Alors, je tente de lâcher prise sur le temps. (Pas facile, bien sûr).
Je suis de tout coeur avec les soignants, le personnel médical, les personnes qui assurent les livraisons alimentaires, les aides à domiciles, les parents qui ont pleins d’enfants ou des enfants dynamiques!
Et de tout coeur avec ceux qui ont dans leur entourage des proches touchés par le virus.
Vraiment restons chez nous pour éviter la propagation du virus. 

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Photo prise en 2016 à Vincennes

Je me remets au sous-titrage de ma conférence-théâtralisée. Je la mettrai en ligne demain sur ma chaîne YouTube à 15h30 puis je serai en direct aussi sur YouTube pour échanger avec ceux qui auront regardé ma conférence.

 

Journal d’un confiné #1

Bonjour à toutes et tous,

C’est parti pour découvrir les moindres recoins de l’appartement. (un peu trop poussiéreux, à mon goût, vite du ménage!).
Réentendre les moindres bruits de la maison, avec nos voisins du dessous et du dessus. (Humains ou pas…!).
Redécouvrir l’autre si on est en couple, en famille. (Plus on est nombreux, plus on est fous!)
Apprivoiser nos émotions qui sont exacerbées à cause du contexte un peu… légèrement anxiogène. (Je ne vois pas du tout de quoi on parle ? )
Observer les ombres au fil des heures (le jour bien sûr, avec du soleil).
Ecouter les oiseaux … ou supporter les cris des enfants. (Je préfère nettement les oiseaux )
Se relayer pour ne pas péter un cable. (Quel cable ? )
Ne pas oublier de danser, de chanter (même faux), de jouer.
Oser se déconnecter des réseaux sociaux, surtout des infos pour se recentrer, pour ne pas avoir la tête trop pleine. (Tête vide, cela permet de se rendre disponible et être plus vigilant).
Rester en lien avec nos proches par le téléphone, des mails, des whatsapps (vive le whatapps avec des cousins en Amérique, en Irlande ou en Calédonie).
Passé le temps de la sidération face à l’ampleur de l’actualité, s’organiser, s’instaurer une hygiène de vie. (Hygiène tout cours aussi tel que le lavage des parties int… bref et rasage etc… )
Parcourir sa bibliothèque et trouver des trésors oubliés. (Facile, j’ai encore des cartons de livres par encore déballés dans le garage, je vais en profiter :-D).

Aujourd’hui, j’ai commencé à sous-titrer ma conférence-théâtralisée qui a été filmée. 20 minutes en tout. Mon objectif ? La mettre en ligne un certains temps et pouvoir échanger avec ceux qui l’ont vu en direct.

Continuer à laisser le soleil se poser sur ma peau.
Profiter du silence quand ma fille de 3 ans fait encore sa sieste!!!

Demain, je ferai ma première sortie pour acheter des fruits et légumes chez des producteurs locaux. Faut bien manger, hein!

Allez, les gens, prenez bien soin de vous.
Laissez vous porter par votre créativité !

Le sous-titrage, accessoire ?

Bonjour à chacune et chacun,

J’aimerai faire un rappel :

– Le sous-titrage dans une vidéo n’est pas un accessoire. Ce n’est pas non plus un complément d’information. C’est une information nécessaire pour comprendre les paroles, les sons . Ce n’est pas une perte du temps, ça sera un gain de temps pour les personnes sourdes et malentendantes qui voudront suivre les vidéos.

Le sous-titrage sert même aux entendants s’ils veulent regarder la vidéo sans le son, pour ne pas déranger son entourage par exemple.

– Mais Vivien, c’est inesthétique, ça gâche l’image.
. Certes, construisons l’image pour laisser la place en dessous au sous-titrage. Le design ne doit pas desservir l’accessibilité et l’accès aux informations. Mais plutôt que le design prenne en compte ce paramètre.

L’accessibilité doit être automatique pour que les informations de tout genre, et pas seulement centré sur la surdité ou sur le handicap, puissent profiter à un maximum de personnes. De plus, il y a une charte et c’est obligatoire pour les grandes chaines de TV : https://www.csa.fr/Proteger/Garantie-des-droits-et-libertes/Les-droits-des-personnes-handicapees/Le-sous-titrage

Oui c’est du boulot mais nécessaire !

Au passage, l’inverse est vrai pour les vidéos en LSF ;-). L’accès aux informations doit être réciproque.

Merci à ceux qui pensent à sous-titrer leurs vidéos! 

Sourd, je suis candidat aux municipales

Pour ceux qui ne le savent pas, votre collègue bloggeur est candidat pour les municipales!

Voici donc mon témoignage en vidéo, sous-titré et interprété en LSF :

Petites perles lors d’une sensibilisation

Ce jeudi 13 février, j’ai vécu une très belle expérience de sensibilisation auprès des étudiants du CPE (Ecole Chimie Physique Electronique) de Lyon.
De chouettes moments d’échanges, des expériences étonnantes vécues, des malentendus amusantes :

Lors du tour de présentation, chaque étudiant donnait son nom, sa spécialité et son lieu de destination pour la césure (ou presque). Puis vient une étudiante :
Elle – Bonjour, …., et je pars en…..
Moi – Somalie ? Bon courage alors !
(Rires générales)
Moi : J’imagine bien que ce n’est pas Somalie mais c’est que j’ai cru comprendre en lisant sur tes livres et les sons entendus. C’était ?
Elle : Roumanie.
Moi : Effectivement, c’est un peu mieux comme coin.

Lors d’une exercice de lecture, l’un qui portait un casque auditif devait répéter ce que lui disait son binôme lecteur. Malgré la consigne de murmurer en lisant, Un des étudiants s’exclamait un peu fort. J’ai dû l’inviter à faire baisser la voix. Un comble pour un sourd que je suis de demander de baisser la voix!

A la fin de l’exercice, je leur ai demandé par quel moyen on pouvait essayer de comprendre la personne en face sans entendre ?
Un étudiant propose : La lecture bucale !
Il y a de l’idée en effet, on n’est pas loin.

Sur une table, nous avions mis quelques aides techniques, outils de la vie quotidienne de la vie d’un sourd. Ils ont essayé de deviner ce que c’était. J’avais demandé aux étudiants d’électroniques de ne rien démonter.
Nous avions deux réveils lumineux dont une avec flashs et l’autre avec une lumière progressive. Avant qu’ils sachent la réponse, je leur ai demandé quelle était leur différence ?
Une étudiante propose : Une différence intergénérationnelle ?

Dans le deuxième groupe, j’ai tenté un exercice, difficile pour moi. Nous avons demandé aux étudiants de choisir une phrase simple, puis de me le dire pour que je le répète. Evidemment, j’avais éteint mon appareil. Mais que ce fut galère, galère !
Pour certains, ce fut facile car certains étaient très expressifs puis d’autres utilisaient des signes, dont une qui connaissait quelques rudiments de la langue des signes.
Puis pour un groupe, leur accompagnatrice leur a suggéré une piste mais rien n’y fait. Presque aucun n’a pris la peine d’écrire. Après de longs minutes de propositions de mots, de décodage, j’avais enfin trouvé la phrase : »Son diagnostic est formel ». Pétard, elle ne pouvait pas faire plus simple, non ?
Puis pour le dernier petit groupe, j’ai répété du premier coup leur phrase. Normal, j’avais allumé discrétos mon appareil auditif. Rires dans la salle.
Est-ce que je referai cette exercice ? Sans doute, mais avec moins de propositions parce que c’est quand même assez fatiguant.

Ce mardi, je vais intervenir avec ma conférence-théâtralisée « Au secours, j’ai un collègue sourd » dans un collège auprès des 4èmes. Affaire à suivre, j’ai hâte !

 

 

 

Handicapé ou pas ? – Coup de gueule

Peu importe si je suis sourd ou aveugle,
Peu importe si j’ai une maladie psychique ou une déficience intellectuelle,
Peu importe si j’ai un diabète ou une sclérose en plaque,
Le plus important, c’est que je sois une personne et un citoyen à part entière.
J’ai des besoins spécifiques et j’ai des droits à avoir un minimum de confort.
Et le confort ne doit pas être un luxe, mais la norme.
Handicapé ? Qu’est-ce que cela t’importe de le savoir.
Je m’appelle Vivien (ou autre…), j’ai une histoire, des relations, des compétences.
Accessoirement, je suis sourd (ou une autre différence)  mais on peut en parler de manière simple. (La simplicité, cela s’apprend !)
On peut s’entendre dans un endroit calme.
Tu peux me demander quel mode de communication j’utilise.
Est-ce que j’utilise la langue des signes françaises, ou bien la LPC,
Oui bien l’écrit ou l’oral ?
Ou bien ais-je d’autres besoins ?
Parait qu’au Canada, on ne parle pas de personnes handicapées
mais de personnes extra-ordinaires.
J’aimerai plutôt dire des personnes tout court.
Je n’ai pas besoin d’être sur un piédestal
Mais juste reconnu à ma juste valeur.
D’être reconnu par ce que je suis
Et non pas forcément par des actes extraordinaires.
Je ne suis pas obligé d’être courageux, de faire des exploits sportifs, artistiques pour être reconnu.
J’essaie de vivre avec le meilleur de moi-même et de réaliser mes rêves.
J’ai aussi droit à un travail à la hauteur de mes compétences, de mes expériences.
Mes besoins spécifiques ne doivent pas être un frein à l’embauche.
S’ouvrir à la différence, ce n’est pas seulement du bonus, mais c’est plus une vraie évolution de mentalité vers l’ouverture à l’autre, une capacité à s’adapter.

Mais Vivien ? Pourquoi ce coup de gueule ?
Parce que je lis trop d’articles de journaux avec ces termes « Les handicapés » et cela m’énerve… ça m’énerve!

Donc ce n’est pas pour rien que je souhaite continuer à faire du théâtre pour continuer à sensibiliser, à former avec humour et pragmatisme.