Un sourd silencieux – 1 – prologue

Silence complet. Enfin, la routine quoi ! Sourd de naissance, le son ne lui manquait pas. Tristan s’en passait facilement en retirant ses appareils auditifs.  Quand il voulait. Quand il pouvait. La liberté d’entendre ou de ne pas entendre. La classe, non ? Tristan trouvait que oui.

Il y avait une semaine, il avait fêté ses 25 ans avec ses potes. A moitié entendant, à moitié sourd. En nombre restreint. Pour être sûr de bien suivre à 100% et de profiter au maximum de sa soirée. Cela avait été impeccable jusqu’à ce qu’un pote d’un ami s’incrustasse en fin de soirée. Ce fut devenu l’enfer d’un instant car il parlait fort et vite, faisait des blagues sans qu’il comprenne. Heureusement, au bout de 10 minutes, ses amis lui avaient gentiment invité à visiter un bar à côté. Pour goûter un super mojito qu’il devait découvrir. Le gars était heureusement reparti et la soirée s’était finie en douceur.

Un soir printanier, Tristan était épuisé après sa journée de cours de psychologie du développement de l’enfant. Il avait utilisé son micro-HF. Une très bonne solution certes mais cela lui causait un mal de crâne pas possible. Il s’était blottit sur son canapé puis avait enlevé ses appareils auditifs. Le soleil couchant illuminait la pièce. Tristan rêvait de devenir psychologue. Quoi, pourquoi un sourd ne pourrait pas devenir psychologue ? Il existera pas mal d’aménagements possibles pour pouvoir vivre pleinement son métier. Il en est certain. Sans doute, limité mais pas impossible. Si on lui donnait les moyens, il pourrait le faire sans soucis.

Il relisait tranquillement les notes prises par un de ses collègues quand une forte vibration le fit sursauter. Il jetait un œil autour de lui. Rien. Il se précipite à la fenêtre pour voir ce qu’il s’est passé dans la rue. Rien. Enfin, rien de rien. Plus de rue. Il devait voir un immeuble en face mais là, juste le vide. Enfin, le vide, c’est une manière de dire. Il y avait un grand champ de coquelicot à perte de vue.

Tristan se retourna et alla s’asseoir sur son canapé. Il posa sa main droite sur le meuble pour récupérer ses appareils auditifs. Rien. Il inspira fort et commençait à chercher. Aucune trace de ses aides.  Tristan ne voulait pas paniquer. Cela ne servait à rien, il le savait. Et pourtant, il y avait de quoi. Qu’une rue disparaisse, c’est déjà inquiétant. Mais qu’il fut plongé dans le silence sans sa volonté, c’est le comble du comble. Il aimerait bien crier mais à quoi bon, il ne va pas s’entendre. Aucun intérêt.  Quoique !

Tristan s’était redressé brusquement car il sentit un souffle sur sa nuque. Il se retourna. Un vent de frayeur semblait sur le point de le rendre muet à vie.

(A suivre…)

3 réflexions sur “Un sourd silencieux – 1 – prologue

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