Je ne t’oublie pas

Je ne t’oublie pas.

Je ne t’oublie pas cher ami.

Même si mon silence perdure, que tu as l’impression que je suis indifférent à ce que tu vis, tu peux te tromper.

Je ne t’oublie pas malgré mes rythmes de vie effrénée entre la vie de famille, la vie professionnelle et la vie de famille.

Je peux donner l’impression de t’oublier mais ce ne sont que des impressions. Quand je te téléphonerai, ça sera une bonne surprise si tu gardes confiance en moi.

Je ne t’oublierai pas car tu comptes pour moi. Retiens que je pense à toi dans ces circonstances de vie qui nous sont communes.

Les mois peuvent passer mais je te téléphonerai sans aucun souci. Ne m’attends pas avec impatience. Tu risques d’être déçu. Vis ta vie et quand le moment viendra, tu sauras accueillir avec joie mes nouvelles. C’est réciproque.

Je ne t’oublie pas. Fais-moi confiance comme je te fais confiance.

 

Centrafrique, je ne t’oublie pas malgré mon impuissance. La RDC, je ne t’oublie pas non plus. Je reste informé sur ce qui se passe, sur les évolutions de paix qui se profilent.

Toi, mon ami marocain, je ne t’oublie pas comme toi, mon frère bolivien. Pour que tu puisses garder confiance, il faut que je tienne mes promesses et donne un signe de vie avec des petits messages. Juste un petit message pour patienter jusqu’aux grandes conversations le temps venu.

Ne nous oublions pas.

Confiance et amitié.

 

Je vous souhaite à chacun de semer des graines d’amitiés et de les entretenir.

 

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Oser, encore oser?

Oser, encore oser !

Je sais qu’il n’est jamais facile d’oser.

Oser parler devant l’autre avec franchise et clarté, c’est se découvrir, se rendre vulnérable.

Oser vers l’autre, faire le premier pas, c’est se laisser à l’imprévu de la rencontre.

Je suis conscient qu’il n’est jamais facile d’oser ce que l’on a jamais fait.

Savoir oser, c’est prendre le risque de se blesser. Mais les blessures se cicatrisent. On peut se relever des chutes, des échecs. Nous pouvons être fiers d’avoir osé.

Je peux être fier d’oser s’opposer devant un prof qui ne me respecte pas, en toute justesse.

Je peux être fier d’oser se joindre à un groupe et de prendre part à la vie sociale.

Oser, c’est vaincre ses peurs. Cela pourrait être aussi vaincre nos préjugés, nos idées reçus.

Oser dire oui, oser dire non quand il faut, au moment opportun.

Oser vivre avec le passé que l’on a. Je nous invite à voir le passé non comme un boulet mais comme une suite d’expériences très divers et variés. Je sais que ce n’est pas donné à tout le monde. Il y a des blessures qui ont du mal à se refermer tel que des deuils, des trahisons, des mauvaises expériences professionnelles ou amoureuses. Mais le passé ne doit pas nous empêcher d’oser regarder sur ce que l’on vit sur l’instant présent. Puis d’oser regarder le lendemain avec tendresse, en toute confiance malgré les soucis quotidiens.

Je sais bien que parfois, je suis idéaliste. J’ose rêver, et alors ?

J’ose écrire des choses qui peuvent paraître niais ou bien irréaliste. Et alors ?

Cela ne m’empêche pas d’être lucide sur ce qui se vit autour de nous.

Comme chacun de vous, je ne peux pas être partout. Je ne peux pas faire des milliards de choses à la fois. Je suis humain, comme vous. Il me semble important de ne pas l’oublier.

L’homme, la femme ont leurs limites, leurs fragilités mais ils ont aussi leurs forces. N’oublions jamais les deux versants de chaque personne.

Osons se remettre en question quand on commence à juger la personne.

Allez ! Venez ! Osons vivre de peur de mourir dans nos ignorances, dans nos peurs.

 

 

Je vous souhaite à chacun d’oser, de pouvoir en parler à vos amis proches pour vous faire aider.

Pleins de joies et de courage dans vos engagements et vos décisions prises.

 

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Evasion

Juste un regard.

Juste un souvenir.

Juste pour s’émerveiller.

Rêvasser.

Prendre du souffle.

Respirer.

Sourire.

Songer aux projets les plus fous.

Puis se relever confiant,

Accueillir ce qui advient

En prenant de la distance

Malgré les lourdeurs,

Malgré la fatigue.

 

De la considération

De la considération ?

 

Être considéré, c’est vitale pour chacun à différents niveaux.

Être considéré à sa juste place.

Se sentir reconnu tel qu’on est et pouvoir agir sans avoir peur des regards des autres.

Nous avons plusieurs lieux où l’on a besoin d’être considéré. La considération se joue selon l’histoire de chacun, selon les événements de la vie et de sa sensibilité.

Je ne pense pas qu’être considéré, c’est vouloir avoir le projecteur sur soi pour être mieux vue. C’est plutôt pouvoir rayonner sans être étouffé par les autres lumières. C’est être reconnu à sa juste valeur, et qu’en échange c’est de reconnaître les autres dans ce qu’ils sont. Rien n’est jamais simple bien sur. Il y a un fil tenu soit de tomber dans l’égocentrisme, le moi qui envahit ou bien l’inverse.

Chacun à son langage, sa perception par rapport à la reconnaissance. Certains ont besoin d’agir, ou bien de parler en public, de fabriquer des outils, d’écrire, de rendre service etc.

Voici une citation que j’ai trouvée sur Evene.fr et qui m’a plus.

« Dans notre sociétéde consommationet d’épargne, un hommequi a de l’argentest un hommeconsidéré. Un hommequi n’en a pas est égalementun hommeconsidéré, mais lui, comme un pauvretype. » Pierre DAC

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De la solitude à la mémoire

 

Seul, je ne m’en sortirai jamais.

Seul, je ne pourrai pas vivre sans regard, sans paroles.

Seul, coupé du monde ? Ce n’est pas possible.

J’aurai toujours besoin d’une chaleur humaine, d’une référence pour avancer, me projeter, envisager un présent pour un futur.

Même si maintenant, on me larguait seul sur une île, je ne serai pas seul complètement. Pour moi, le vide n’existe pas. Je sentirai une présence à un moment donné si j’accepte de faire silence en moi. Pour certains, cela sera une entité. Pour moi, c’est Dieu. Mais là, c’est une autre histoire.

Je voudrais revenir sur le terme de solitude même en petit nombre ou dans la foule.

Dans un petit nombre pour un temps long, les liens se tendent, les émotions sont exacerbés, les énervements sont amplifiés. Seul ? Je ne pourrai pas faire face à une pression sociale. J’aurai toujours besoin d’une force, d’un soutien extérieur. Oh je pourrai peut-être pendant un temps mais je m’épuiserai, je m’enfoncerai. Je serai anéanti. Je ne vivrai plus. Cela serait complètement idiot de vouloir se relever avec la force de ses poignets. Pour moi, on tire de son énergie à se redresser à partir d’un fort souvenir, d’une phrase choc que nous aurions oublié. On se reprend en se mémorisant des valeurs que la famille, des proches nous ont apprises.

La mémoire quand je suis seul est primordial. Il me semble que cela pourrait être la même chose pour chacun de vous, non ?

Je parle bien de la solitude qui pèse, car bien sur, j’en ai déjà parlé, il y a aussi le besoin de s’isoler pour se ressourcer. Ces deux concepts n’entraînent pas la personne dans une dynamique.

Je repense aux jeunes, aux personnes qui pourrait dire : «  Je ne m’en sortirai jamais ». J’aimerai leur dire que c’est faux. Chaque personne à les moyens et qu’un tiers peut être là pour l’aider à fouiller. Je prendrai l’exemple de la maison :

La personne défaitiste aura sa propre maison instable malgré ses quatre murs avec un jardin complètement envahi par les ronces de son désespoir. Un tiers peur l’aider à désherber pour retrouver les outils, les matériaux pour rebâtir sa maison. Évidemment, l’image a ses limites mais ça vaut ce que ça vaut.

En gros, ne laissons jamais seul une personne s’enfoncer dans le dénigrement de soi et de pouvoir lui apporter des paroles justes, des gestes constructifs. Il pourra s’en souvenir par la suite même s’il n’a pas pris conscience sur le coup.

Y aurait-il un seul homme qui pourrait vivre seul pendant toute sa vie, sans contact humain ? Je ne pense pas. Puis se sentir seul et appeler à l’aide serait pour moi du courage, une preuve d’humilité et d’humanité. ( Bien sur, dans la vie, il faut se débrouiller par soi-même mais là, tout dépend dans quelle situation nous-sommes, dans quel contexte avec quels moyens nous avons)

 

De l’humour?

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  • Demain, je vais enfin me raser

  • Ouah, tu vas être dans les journaux.

  • Euh, ça risque d’être barbant.

  • Très rasoir.

  • Hé, la barbe. Arrête un peu !

    C’est de l’humour de sourd ! Humour sur les jeux de mots, des sons. C’est de l’humour facile et que ceux de l’extérieur peuvent penser que c’est de l’humour de gamins, trop facile. Mais entre sourds, on se comprend, on se fait plaisir.

    Il y a des types d’humour sur lequel on ne se reconnaît pas, car nous n’avons pas les clés de compréhensions. Je pourrais penser à l’humour des étudiants en médecine, ou bien l’humour des geeks. Comment comprendre si l’on n’est pas du milieu où si on n’a pas été initié ?

    Humour noir :

  • « Il ne faut jamais gifler un sourd. Il perd la moitié du plaisir. Il sent la gifle mais il ne l’entend pas. » Georges Courteline

    Humour vulgaire

    Humour en dessous de la ceinture.

    Humour raciste.

    Humour trash.

  • Il n’est jamais facile de faire de l’humour car la personne en face peut le prendre mal, être gêné. C’est une manière de s’exprimer qui est vécu selon notre éducation, notre histoire, nos valeurs.

    Puis tout dépend du contexte, des personnes.

Un très bon ami pourrait me dire en le prenant très bien : «  Excuse-moi, je croyais que tu étais sourd ». Alors que cette phrase venant juste d’un collègue de passage, beaucoup moins.

La vision que nous avons de l’humour est très subjectif.

 

Humour de la dérision.

Humour pince sans rire : on le retrouve souvent chez les Monty Python.

Humour cynique.

Humour moqueur.

Humour à la c….

Humour provocateur.

 

L’humour comme trait d’esprit ou bien s’inspirant des situations comiques comme on le voit souvent chez les humoristes. Il y a aussi de l’humour venant de ce qui est burlesque.

Bref, l’humour, tout est question de dosage, de milieu, de l’environnement et du niveau de susceptibilité.

 

Avoir de l’humour, c’est aussi une hygiène de vie. Rire, ça détend.

Ayez toujours de l’humour en poche.

L’attente

L’attente.
Nous sommes la plupart dans l’attente lors de cette fin d’année scolaire.
Une attente angoissante, stressante vécue à des degrés divers pour chacun.
L’attente des résultats d’un examen qu’on a passé, tel que le bac, les diplômes universitaires. Je pense à ceux qui ont passé leurs licences, leurs CAPES. Une grande pensée à ceux qui ont passé le diplôme d’éducateur spécialisé ou autre diplôme du travail social.
Une attente qu’on comble par des activités qui nous occuperait la tête, pour ne pas trop s’inquiéter.
Je pense aussi à ceux qui ont passé leurs concours. Quel avenir leur sera réservé ?
Pour ma part, je viens de déposer deux dossiers pour être reçu en formation de documentation. Je comprends le stress à cause du flou total même si on peut être confiant de l’issue des résultats. Mais il faudrait s’attendre à tous, même le pire. Aucune réponse négatif. Pour trouver une voie échappatoire, pour ne pas tomber de trop haut.
Tout type d’attente est vécu en fonction de notre histoire, de notre tempérament, de nos liens sociaux. L’attente est terrible pour ceux qui sont impatients, car on voudrait que ça arrive plus vite, que l’on passe à autre chose.
Que peut-on vivre pendant cette attente quand il n’y a plus de cours, quand on ne bosse plus, quand nous sommes dans une certaine inactivité ?
Attente d’une réponse à la suite d’un entretien d’embauche. Attente de résultats médicaux. L’attente de la venue d’un enfant soit par la grossesse ou l’adoption. L’attente d’un courrier, d’un mail après avoir écrit un long texte pour éclaircir une situation personnelle. L’attente d’un conjoint, d’un compagnon qui va revenir d’un voyage.
On pourrait vivre la lecture de livres qu’on aurait aimé lire. Faire la fête avec des vrais amis si possible. Dormir pour certains quand ils se sont donnés énormément. Réviser les oraux au cas où !
Ou bien écrire, dessiner, faire du sport, aller au théâtre, se faire des projets, rêver.
Je comprends l’attente comme une période où l’on peut mûrir notre projet professionnel, familiale ou social. L’attente nous permettrait de s’affermir, d’éprouver notre désir de réussir et de mettre du sens dans ce qu’on veut vivre.
Dans l’attente, osons les rêves les plus fous comme oser imaginer le pire.
Je peux vous partager mon expérience étonnante du bac. Mon petit frère est allé voir avant moi les résultats et m’avait annoncé que j’étais recalé. J’étais resté stoïque et je me disais : « Bon, tant pis, c’est comme ça ». Puis quand je suis allé chercher mes notes, j’avais remarqué une erreur. On avait mis 0 à l’espagnol alors que j’en étais dispensé. Nous avons donc bataillé pour faire appel. Je passe bien donc les rattrapages. Ces derniers se sont très bien passés et j’ai eu mon bac. L’ayant eu, tout mon entourage s’est réjoui sauf moi. Je me suis contenté de me dire : « Tant mieux ». Mais je vous rassure, mes plus grandes joies après de longues attentes a été quand j’ai été reçu à ma formation d’éducateur spécialisé et bien sur mon DEES.

Je souhaite à chacun de vivre l’attente la moins pénible possible et vous souhaite un bon courage, et espère que vous aurez une grande joie à fêter vos réussites.

Réflexion sur l’écriture

Des écrits pour laisser une trace, des traces.

Des indices d’un passage d’une vie sur terre, vers quelque part.

Des mots caressant le papier ou apparaissant sur l’écran, pour signifier une présence.

À travers l’écrit, l’être vit, revit. La parole peut se poser avant d’être dite, déclamer.

Il y a des écrits qui peuvent être des secrets car des vérités sont lourdes à entendre, à être acceptés.

Des écrits pour s’évader et laisser une empreinte.

Une empreinte pour emprunter une des voies d’existence.

Écrire pour tenter d’exister, comme parler pour tenter d’essayer de se faire entendre.

L’écrit pourrait nous libérer des entraves venant de l’inconscience.

Des écrits pour prendre de la distance.

Écrire pour ne pas oublier, pour ne plus oublier.

Écrire ce que nous n’oserions pas dire à haute voix, par timidité.

Écrire, comme un passage de l’abstrait au concret.

Pourvu que l’écriture devienne réalité et ancre nos rêves, nos désirs mais surtout aussi nos projets, nos ras-le bol, nos souffrances, nos colères.

Écrire peut nous aider à ne pas se taire comme se confier à un journal intime.

Écrire ne semble pas à la portée de tout le monde car c’est tout un apprentissage. Mais On peut écrire tout en dessinant comme les calligraphies, les idéogrammes.

Écrire, c’est essayer de maîtriser sa pensée, de la construire, de se poser.

Et pourtant l’écriture est à double tranchant. On peut écrire des lettres pour calomnier, pour jeter des idées incendiaires contre une personne ou un groupe. Ou bien nous croyons écrire selon nos pensées mais nos écrits reflètent autre chose. Cela peut nous jouer des tours.

Michèle Mailhot : « L’écriture, toute écriture, reste une audace et un courage. Et représente un énorme travail. »

Peut-on dire que si nous commençons à maîtriser notre écriture, nous pouvons mieux « maîtriser » notre vie ? Quand l’enfant sait écrire son prénom, c’est une grande joie pour lui car il laisse une trace de son identité. Écrire peut permettre encore plus d’affirmer notre identité.

 

Des mots, encore de mots!

Colère contre les rumeurs, les préjugés envers les roms.

Colère pour les immigrés sans abris car des gens préféreraient aider des sans abris français.

La solidarité n’a pas de frontières. La solidarité doit avoir un vrai visage de fraternité, de confiance.

Pourquoi des gens sont-ils obnubilés par leur confort ?

Je suis derrière mon écran et je fulmine. Je voudrais sortir bouger le monde mais seul, je ne peux rien faire. S’unir avec d’autres personnes, agir dans une association.

Y a t-il des sensibilisations sur les conditions de vie des roms, des sans-abris, des sans-papiers ? Comment créer un choc de solidarité ?

Sidération devant les frénésies de certaines personnes à consommer, à s’endetter, à avoir les meilleurs produits pour pas chers.

Je voudrais faire ce rêve que chacun prenne conscience de sa vie, de sa préciosité, ne pas voir l’autre en ennemi.

À mon niveau, aujourd’hui, j’irai lire un texte pour des personnes atteint de démence. Vous pourriez me dire : « D’autres ont des besoins plus urgents, non ? ».

Comment faire comprendre aux gens l’intérêt de faire attention à l’autre ?

Imaginons que je m’isole sur mon ordinateur, que je fasse des jeux sans arrêts, que j’aille acheter des trucs électroniques de dernier cris. Puis je sors faire la fête, alcool à gogo. Puis un jour, tout tombe en panne, j’ai plus d’argent, plus de quoi payer de la nourriture.Un peu d’aide ne serait-il pas apprécié si je suis vraiment dans la merde. J’aurai aimé qu’on me soutienne.

Comment faire comprendre que l’argent ne fait pas que le bonheur. L’argent est utile pour subvenir nos besoins et se faire plaisir par moments. L’argent ne doit pas être un but qui risque d’abaisser tout lien social.

Comment faire comprendre qu’il existe différents regards sur notre monde ? Différentes cultures ?

Beaucoup de questions, il est vrai. Maintenant, mettons en pratique ce qui fait vraiment sens, en réajustant nos valeurs le plus juste possible.

Pleins de choses à dire pour n’oublier personne.

Pour ne pas oublier les populations meurtries par les guerres comme en Syrie, en Centrafrique délaissé, en Somalie, au Mali et malheureusement pleins d’autres pays où des gens tuent par ignorance, par extrémisme, par le rejet de l’humanité.

Recentrons-nous ce que nous pouvons faire à notre mesure, avec les moyens que nous pouvons avoir. Oser saisir des opportunités de réagir quand on peut.

Ne soyez jamais résignés. Malgré la violence, la haine, il y aura toujours des foyers d’espérance, des lieux de fraternité, des lieux où des gens se battent pour la dignité de chaque être humain.

De la mort à la vie?

La mort fait partie de la vie.
Qu’est-ce qui me permet de dire cela ?
Tout d’abord, de par mon expérience de deuil auprès des personnes qui m’étaient proches, très proches. J’ai vécu différents types de deuils en fonction comment mes proches sont décédés et leur âge. Mes grands-parents et grands-oncles et tantes qui sont morts à des ages canoniques (75 à 90 ans) soit de vieillesse, de cancer ou d’accident organique. J’ai vécu aussi la disparition soudaine des proches jeunes par des accidents, par leur handicap très lourd, puis le suicide. Ce dernier est le plus difficile à vivre en terme de deuil car il est incompréhensible. Il m’a fallu du temps, des échanges avec mon entourage qui connaissait cette personne, une acceptation du fait que je ne suis pas responsable de sa disparition. Nous faisons face aussi à ce que nous considérons comme de l’injustice, de quelque chose qu’on n’arrive pas à nommer.
Ces derniers jours, j’ai appris la disparition brutale d’une connaissance âgée de 25 ans. Énorme choc. Osons nommer les choses. Le deuil est toujours présent car il me faut passer par l’enterrement, l’inhumation qui permet de passer un cap dans le deuil. J’ai conscience du séisme dans sa famille, dans sa famille proche.
Pour moi, la mort ne doit pas nous empêcher de continuer à vivre. Il nous faut avancer en portant en mémoire ceux qui nous ont quittés. C’est un combat permanent pour passer de l’abattement, de la sidération jusqu’à l’acceptation qui peut mettre du temps à arriver.
Je repense aux chants, aux paroles qui peut m’apaiser, nous apaiser :
Ils sont passés de l’autre rive. Partis de l’autre côté de l’horizon comme on ne voit plus un bateau. Ils ne sont plus visibles et pourtant ils sont présents. Présents dans nos cœurs, nos souvenirs.
Quand je vis des moments fort dans la vie quotidienne ou pas, il m’arrive de penser à ceux qui ont faite route à mes côtés, à ceux que j’ai croisé et qui m’ont marqué de leur empreinte dynamique, pleins de vie. Quand je me suis marié, je n’ai pas oublié mes grands-mères décédées les mois qui ont précédées. Mes grands -pères qui nous ont quittés quelques années auparavant.
Je sais qu’il ne sert à rien de ruminer le passé, d’être dans une incompréhension en permanence. Je ne pourrai pas les faire revivre. Dans mon espérance et dans ma foi, je sais qu’ils sont quelque part et qui nous regardent avec fierté, avec amour.
J’ai bien conscience que l’absence est lourde mais dès que vient l’acceptation, l’absence devient un espace de dialogue.
Puis nous avons aussi d’autres deuils à faire. Le deuil pour une personne de ne pas entendre, de ne pas voir. Pour ma part, cela fait bien longtemps que j’ai fait le deuil de mon odorat. Je ne sentirai plus rien. J’ai compensé sur d’autres domaines. C’est comme pour ma surdité. J’ai fait le deuil de ne pas entendre correctement. J’ai pris le temps d’accepter mon handicap qui est heureusement allégé par mon appareil, mes liens sociaux.
C’est faire aussi le deuil des métiers que nous aurions voulus faire mais dont on ne sentira pas capables de faire à cause de nos fragilités.
À travers chaque deuil, c’est construire une alternative qui nous ferait mieux grandir malgré l’absence, le manque.
Je souhaite un bon courage à chacun qui vit un deuil, plus ou moins lourd à porter. Les morts comme les petits morts jalonnent notre vie en redonnant en nous un sens à la vie, si on prend le temps de se poser cette question.
Je me dis que pour chacun de nos disparus, ils auront vécus leurs vie et espérons aurons eu une belle vie car il y a une part de mystère en eux que nous aurions jamais connu.
C’est dans ce sens que je me dis que la vie vaut la peine d’être vécu et nous devons la croquer à pleine dent, d’oser vivre nos projets en fonction des opportunités, en fonction des événements extérieurs et des opportunités. Soyons acteurs de nos vies et ne laissons pas la peur de la mort nous envahir car je crois que la vie est plus fort que la mort, à travers l’amour, la fraternité, la solidarité.
Si j’ai de l’énergie, une envie de vivre à fond, il me faut soulever en même temps ceux qui n’en peuvent plus, qui sont trop fatigués. Voir, entendre quelqu’un rire, sourire, être à l’écoute et pleins d’initiatives peut nous aider à ne pas baisser les bras pour toujours, à aller de l’avant quand on est accablé, épuisé.
Je souhaite à chacun de goûter à la vie avec ses forces, sas saveurs qui sont particulières en fonction de ce qu’il est, de son histoire.