La colère de Francky

Francky ne comprend rien de ce qui lui arrive. Deux blouses blanches l’emmènent hors de sa chambre d’étudiant. On le regarde bizarrement. Il aperçoit son voisin avec une mine effrayée. Il ne l’avait jamais vu comme ça. Aucun mémoire lui vient en tête à ce Francky. Il se sent dépossédé. Où l’emmène-t-on ? Pourquoi ? Passé les escaliers, ils arrivent sur le parking. Une ambulance l’attend. On ne lui dit rien. La porte arrière s’ouvre et on l’installe sur un fauteuil. On l’attache. On lui fait une piqure. Pour l’instant, il s’est laissé faire en espérant qu’on lui explique ce qui se passe. Les vitres sont brouillés. La voiture démarre. Il est resté seul à l’arrière. Il les appelle mais ne répondent pas. Il y a une vitre teintée entre la cabine du conducteur et l’arrière. Francky sent l’angoisse monté en lui. Une oppression. Il crie pour essayer de se faire entendre mais aucune réaction. Sa bouche devient pâteuse et sa vue devient flou. Il comprend. On l’a shooté. Une énorme colère monte en lui. Il crie de toute ses forces. Ses cordes vocales s’étirent et le font mal. Un sanglot lui prend. Le temps du voyage lui semble interminable. Il a l’impression que son corps s’allonge comme l’intérieur de l’ambulance. Il respire rapidement puis une sensation de flottement, de vertige.

Arrêt de véhicule. Des voix. Francky sent qu’on le porte mais il est KO. Une lumière forte puis noir complet. Son corps lui semble absent, quelque part sur un lit. Son esprit est dans un néant étrange où il voit d’étranges personnes qui lui parle dans le vide.

Sensation de plongeon.

Francky se réveille brusquement dans sa chambre d’étudiant. On frappe à sa porte. Il regarde son bureau. Il a oublié de prendre ses médicaments. Il ouvre. Deux infirmiers. Il refuse de venir et explique sa situation et dénonce la peur inconsidérée de ses voisins de chambre. Il n’est pas fou et il n’est dangereux pour personne. C’est la première fois qu’il oublie ses médicaments. Il a dû crier ou rire sans le vouloir. Francky reconnait qu’il est schizophrène mais ce n’est pas une raison pour ne pas le traiter comme une personne entière. Il sort dans le couloir pour invectiver ses voisins qui sont sortis pour voir la scène. Non, il n’est pas fou et ce n’est pas contagieux. « C’est une maladie dont je ne suis pour rien, et je fais le maximum pour me soigner. Je veux réussir mes études comme vous. Je veux vivre le plus normalement possible malgré tout cela. ». Il continue sa plaidoirie comme il avait déjà fait dans une autre fac. Cela avait bien marché. Et là, il est obligé de se faire entendre.

Francky n’est pas seul dans cette situation comme tant d’autres personnes qui ont des maladies psychiques ou des maladies cognitives rares incomprises par la société et qui sont rejetés.

Soyez pas timides, venez osez dire des mots!

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