A la recherche de la simplicité

Si je cherche la perfection, l’absolu dans mes relations, dans tout ce que j’entreprends, je cours à ma perte.
C’est comme pour mon audition, jamais je n’entendrai complètement alors je me contente de ce que je peux entendre en compensant sur la vue, le toucher et le ressenti émotionnel.
Comme dirait Alexandre JOLLIEN:  » Ce n’est pas quand j’aurai réglé tous les comptes avec la vie que je serai heureux. C’est ici et maintenant avec mes 1000 blessures, que je suis déjà dans la joie » ( Petit traité de l’abandon, pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose).
Cette parole me parle énormément. C’est ainsi que je peux faire face à mon impuissance, en l’acceptant et l’accueillir pour me réjouir pour les petites victoires. Et quand une grande victoire arrive comme une obtention d’un diplôme, d’un boulot décroché ou le progrès d’un enfant, la joie sera plus grande et diffuse.  
La vie n’est pas simple mais rien n’est compliqué. C’est en croyant que ça va être dur, que ce n’est pas possible que nous nous compliquons notre chemin. 
Je vous souhaite pleins de légéretés malgré vos fardeaux. 
Je vous souhaite pleins de simplicités malgré vos exigences. 
La réalité est déjà assez dure comme ça que ce n’est pas la peine d’être dure envers nous-même et d’aller à la course de la perfection.
Douceur d’allégresse.
Délicatesse.
Spontanéité.
Volupté.

Cher(e) ami(e)

Mon ami(e),
Venons échanger nos rires et nos peines.
Soutenons-nous dans tout ce que nous traversons, dans tout ce que nous entreprenons.
N’ayons pas peur de se dire au risque de froisser l’autre et que l’on sait se pardonner car on se reconnait entièrement. Nous sommes des hommes, des femmes façonnés avec des failles, des écorchures mais aussi des lumières. Nous serons jamais parfaits et je voudrais tant de jamais me projeter sur toi sur ce que tu penserais de moi. Nous éviterons bien des malentendus, des incompréhensions. 
Nous osons nous chambrer, nous secouer avec gentillesse en vérité pour que chacun puisse avancer, s’épanouir.
Mon ami(e), choisissons toujours la vie même si elle nous donne des coups de massue certains jours plus ou moins longs. 
Tu sais que ma porte sera toujours grande ouverte même si je suis fatigué, et réciproquement.
Si parfois, mon silence dure, c’est que je suis emporté par le quotidien mais je ne t’oublie pas. N’hésite pas à me laisser un petit message même court et je ferai de même. 
Il y a toujours un ami sur qui nous pouvons nous appuyer pour peu qu’on ait pris soin d’entretenir les liens, prendre soin des personnes qui nous entourent. Comme en prenant des temps de détente, de rire ou des temps de partage de questionnement, de partages de rires ou de pleurs lors d’un coup de téléphone.
Un ami, c’est toujours précieux et il faut en prendre soin.

L’humour du sourd

L’humour du sourd, faut l’appréhender, c’est assez spécial quand on ne les fréquente pas assez souvent. Cela peut déranger, être déconcertant ou même très facile et la personne sourde peut être vu comme un simplet. Nous utilisons souvent des jeux de mots tel que des homophones:
Vos et veau, Ver et vert, Bât et bas etc…
Vous m’avez très bien entendu. Hein? 
Plusieurs expressions ressortent souvent:
 » ça va, je ne suis pas sourd »
 » Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd »
Y en a d’autres car hors contexte et hors situation, je ne trouve pas. C’est souvent spontané avec un sens de la dérision. Mais pas trop quand même car sinon, c’est dévalorisant et c’est couillon. 
L’humour est pour moi salvatrice. C’est pour moi un moyen de décoincer l’ambiance, de mettre à l’aise, de mettre en confiance. C’est toujours pour un bien sinon cela devient de la moquerie ou de l’ironie.
Il est vrai, il y a tout types de humour qui ne sont pas apprécié par tout le monde. 
On peut apprécier un certain humour quand nous même nous sommes à l’aise sur un sujet abordé avec le rire, le sourire. 
Je vous souhaite à tous d’avoir de l’humour qui ouvre encore plus à l’amour.

Un cri de vie

Il y a des choses qu’on n’ose pas dire
Mais il faut le dire car ça peut devenir mortifère.
C’est très difficile de garder pour soi l’innommable et de porter tout seul. Il ne faut jamais rester seul et parler, dire des mots, oser dire, verbaliser ce qui nous pèse.
Oui, j’ai un ami qui s’est suicidé. Cette personne s’est donné la mort. La sidération, la colère, l’incompréhension peut nous traverser. 
Le suicide est un acte qui va à l’encontre de ce qu’on essaye de vivre: Vivre. A devenir trop pudeur sur les mots et nos questionnements, on contamine notre entourage notre pesanteur si on ne dit rien.
Peu importe qui tu es, ami ou inconnu, si tu es dans la galère, tu ne peux pas te taire. La vie est faite de liens. La parole libère, l’autre est une bouée de sauvetage. Ne reste jamais seul. Personne ne peut s’en sortir seul quand cette personne est dans la souffrance, dans la désespérance. 
Cher ami ou inconnu, il y a toujours une solution quelque part sur terre qui peut te ramener à la vie. Les liens d’amitiés, de fraternités existent et il est important de s’appuyer dessus. Pour s’appuyer sur des valeurs communes, des convictions profondes pour avancer sur un chemin de vie certes chaotique par moments mais avec des moments de pure bonheur.
En étant chrétien croyant, je crois en cette force qu’est l’espérance en la vie éternelle et qu’elle commence sur terre. C’est à moi, avec mon entourage,ma femme, mes amis, les enfants pour ceux qui en ont, que je dois construire ma vie avec ce que je suis dans le Christ. C’est un énorme mystère il est vrai mais fou.

 


Malentendues

Au son d’un morceau de guitare, je vais vous relater quelques malentendus plus ou moins récent.
Le premier date de 1995, où je devais prendre le TGV ( Orange) d’Avignon pour Paris. J’étais sur le quai X de départ quand je perçus une voix grésillante par haut-parleur. Rien compris. L’heure du départ s’approchait et le TGV n’était pas au quai X. Et là, j’aperçus un TGV sur le quai Y. Je vis un gars prendre une cigarette devant un accès à une voiture. Je lui demandai au loin où allait ce train. Juste au moment où il disait « Paris » avec ses lèvres, sirènes de fermeture et le TGV partit. Grand moment de solitude. Et M… Un peu paniqué, j’avais 14 ans à l’époque. Je dus demander un portable pour téléphoner à ceux qui m’attendaient sur Paris que j’avais raté le train. J’ai du prendre le TGV suivant une heure après. Je suis monté dans une voiture puis j’attendis le contrôleur. Il voulut me verbaliser car mon billet n’était pas valable mais je répliquais: « Désolé monsieur, mais je suis sourd et je n’ai pas entendu l’annonce qui disait que le TGV d’avant avait changé de quai. Rien n’a été fait pour les personnes sourdes. » (J’ai su entre-temps évidement.). Le contrôleur m’avait bien entendu et s’est ravisé en s’excusant. 
Une autre, en 2005, j’étais en cours d’économie et en prenant mes notes, je notais:  » Prostitution ». Je me disais que là il y avait un souci et que mon oreille avait mal réceptionné les mots du prof. Je regardais sur le notes de mon voisin et c’était « Constitution ». Me voilà rassuré avec un petit sourire.
Oui, c’est assez fréquent d’entendre un autre mot tout simplement parce que je fais peu de différence au niveau auditif avec le son D et le B, Le P et le B etc…
Encore plus troublant, c’est de ne pas entendre dans une phrase les petits de mots de liaison qui peuvent tout changer.
Pour ceux qui me connaissent, si vous avez des souvenirs amusantes de quiproquos, je suis preneur car il faut en rire et je ne me souviens pas de tout.
Une phrase que j’aime dire, c’est:  » On a les avantages des inconvénients »:
Effectivement, la nuit, je n’entends pas les tapages nocturnes, ni les ronflements, ni les voitures et même les nourrissons quand nous sommes chez des amis ou en famille. Puis quand je suis dans un lieu bruyant ou quand dans le métro, j’ai mon voisin de voyage qui a une musique forte, j’éteins mon appareil. Mais ça, je ne fais pas souvent car je n’aime pas ne pas entendre dans un lieu public. C’est déconcertant. 
Et voilà, pour les petites histoires.