Des droits sans devoirs ?

Rien ne va plus. Les devoirs ont foutu le camp.

Les élèves ont laissé envolé leurs cahiers.

Rien ne va plus. Ils n’ont plus que des droits.

Droit comme une règle qui frappe ceux qui sont tordus.

Droit pour s’exprimer haut et fort contre les parasites.

Droit pour hurler sans retenue avec une totale liberté.

Droit pour s’élever et écraser ceux qui triment.

Et pourtant le devoir permet aux élèves de grandir,

De corriger, reconnaitre leurs erreurs et rebondir

Encore sans cesse avec l’autre avec dignité et respect.

Cela demande des efforts, certes à différents aspects.

Le travail ne doit pas être un dure labeur éternel

Mais des sources de créativités que l’on ne soupçonnerait pas.

Droit mais avec la souplesse du devoir, pour nuancer le réel.

Dans chacun de nos droits, n’oublions pas l’autre, l’humain qui a aussi des droits.

Même s’il est un étranger, même s’il est immigré, même s’il est rom, même s’il est différent de par son handicap ou ses croyances, même s’il est d’une autre culture.

Ne laissons pas les puissants abattre les devoirs qu’ils ont aussi envers l’autre.

Ne laissons pas l’argent étouffer les relations.

Ne laissons pas la tentation d’écraser l’autre prendre le dessus.

Puisque je ne peux pas me taire.

Je continue encore à écrire.

Parce que je ne peux pas sans cesse fermer les yeux face à l’actualité.

Parce que je ne peux pas rester silencieux.

Non mais sérieux, à quoi bon de stigmatiser, de proférer des vérités toutes faites ?

Sérieusement, qui sommes-nous pour juger et condamner ?

Rappelons à chacun d’entre nous les devoirs qui vont de pair avec les droits.

Ne nous laissons pas envahir par la peur de l’autre.

Tout est encore possible et ne laissons pas la haine gangrener la société.

Tout n’est pas pourri. Tout est toujours possible.

Un sourd à l’écoute

Sans entendre, je peux écouter.

Enfin, écouter à travers les gestes, des signes, des mouvements d’humeurs.

Écouter à travers l’observation des détails et en comprendre le sens.

Entendre, c’est juste percevoir des sons comme voir des formes , des silhouettes sans en saisir le contenu.

Entendre, cela serait comme apercevoir une maison et savoir qu’elle est là mais sans s’approcher.

Alors qu’écouter, c’est s’approcher de cette maison, mieux saisir comment cette maison est construite et puis surtout savoir qui l’habite.

Écouter, c’est d’aller dans son jardin et être inviter à prendre le thé, de cœur à cœur avec confiance.

Avec ma surdité profonde et ma version monophone (Un seul appareil) , j’arrive à écouter. Enfin, j’y arrive dans de bonnes conditions.

Je peux écouter si je suis dans une ambiance calme.

Je peux écouter si la personne parle en face de moi.

Je peux écouter si la personne parle de façon intelligible.

Je peux écouter si je me sens en sécurité avec la personne, c’est-à-dire que je n’ai pas la crainte d’être attaqué à cause de mes idées ou de ce que je suis.

C’est comme pour le dialogue en langue des signes ou en Langue parlée complétée. On ne peut comprendre que si les signes sont bien faits, bien positionnées avec toute l’expression du visage et du corps.

En parlant au monde des sourds : Écouter, c’est saisir que chacun d’entre-nous est différent avec un point fort qui nous rassemble : La surdité.

Je vous souhaite d’écouter, d’observer et d’accepter même si nous ne sommes pas d’accord.

Je souhaite à chacun de faire son choix en libre conscience, avec sa toute liberté sans être jugé.