La religion ? J’ose en parler !

Aujourd’hui, je voudrais vous parler d’un sujet qui me tient à coeur : la Religion !
(Comment ? Tu oses ? Tu prends des risques).
Je sais et dans la vie, il faut prendre des risques et ne pas taire ses convictions de crainte de se renier.
(Bref, je t’écoute mais je ne te promets pas que je serai tendre avec toi).

Tout d’abord, si on en tient à la définition, la Religion, c’est ce qui relie, avec la traduction en latin Religare : relier. En gros, c’est un ensemble de croyances et pratiques collectives relatives à du sacré.
( Des sectes quoi !)
Attends un peu de réagir à chaud. Tu réagis en fonction de tes expériences, de ce que tu as pu lire ou mal , de tes a-prioris.
Ce qui m’importe, c’est de voir que la religion permet de faire le lien entre les hommes et les femmes et Dieu.
(Dieu n’existe pas, c’est bien connu. Nietsche l’a dit! Dieu est mort. Vu l’actualité, on se demande où il est).
Je te comprends. La religion relève de l’expérience, des rencontres que nous faisons. Malheureusement, dès que nous faisons une mauvaise rencontre, tout devient noir (ou sombre). Nous avons tendance à généraliser et à mettre tout dans le même sac.
(Cela relève du privé. Je m’en fous que tu crois ou pas).
Libre à chacun de croire ou pas, bien sûr. Ce qui est important pour moi, c’est d’être cohérent entre ses valeurs, ses paroles et ses actes.
(Tu balances des généralités, là. Tu en as vécu des expériences ? )
Oui, j’ai vécu des expériences qui auraient pu me faire dégoûter de l’Eglise, ou même des religions, à cause des mauvaises rencontres.
(Mais raconte alors ! T’es pénible enfin).

C’était au collège. Dans une institution catholique privé. Comme j’étais un peu seul au vu du harcèlement scolaire que je vivais, je me réfugiais dans la lecture et encore plus dans la vie des saints, avec la revue « Grain de soleil ». J’étais convaincu d’une présence invisible qui me protégeait. Un jour, j’étais servant d’autel lors d’une messe, je devais accompagner le père B. dans ses rituels devant l’assemblée où se trouvait ma mère. Un moment, il me demande quelque chose, je ne comprends pas. Je lui donne un pied de micro, complètement incertain. Et là, il gueule: « Non, la corbeille! ». J’ai été tétanisé comme le fut aussi ma mère. 

Cette humiliation que j’avais subi de la part d’un religieux pouvait m’éloignait carrément de la religion. Si un religieux pouvait se permettre de m’humilier, où je pourrai me sentir en sécurité et en confiance ?
Heureusement, je savais faire la part des choses. Ce prêtre, comme tout religieux et religieuse, est humain. Ce sont les hommes et femmes qui donnent une certaine image de la religion en fonction de leurs actes, de leurs paroles.
(En gros, tu veux me dire que la Religion est saine mais que ce sont quelques hommes qui foutent le bazar et dénaturent complètement le message).

Un autre exemple de rencontre, si tu veux ! Avec un ami musulman.
(Ah, je suis tout ouïe !)
C’était en 2001 au Sénégal. J’étais dans une famille sénégalaise musulmane dont le père était un grand ami d’un de mes oncles. J’avais lié d’amitié avec un de ses fils, Mamadou. Je me souviens qu’on passait nos soirées à discuter religion, de notre foi, de la Bible et du Coran. J’eus beaucoup de plaisir à échanger avec lui en s’appuyant sur nos connaissances des religions et des écrits. Nous nous taquinions aussi tout en sachant que le respect fut mutuel. 
Suite à cette expérience, cela me confirme bien que ce sont bien les hommes qui peuvent complètement dénaturer le message initiale avec leurs croyances, leurs peurs. Ce que sont les intégristes!
(En gros, on peut pas dire que la Religion a tué mais plutôt des hommes qui ont tué au nom de leur Dieu.).
C’est ça, et moi, j’ai toujours du mal à comprendre qu’on puisse tuer, agir contre l’homme ou la femme au nom de Dieu. Puisque selon ma foi, selon mes connaissances des écrits, Dieu n’a jamais ordonné cela. Qui suis-je pour juger ?
(ouh là, doucement tu balances des vérités, comme ça, des phrases à la noix! C’est un peu facile).
Ce n’est pas pour rien que ça me manque de ne pas pouvoir échanger, être en lien, de confronter nos idées avec respect et bienveillance.
(Tu es un doux rêveur, un idéaliste ! De la bienveillance ? Y aura toujours des rageux. )
J’ai déjà connu des groupes où l’on pouvait échanger sur notre foi (ou pas) et ce fut très agréable et constructif.
Le plus important, c’est de pouvoir continuer à construire ses valeurs sur du roc et de d’être ouvert d’esprit.

Je vais arrêter ici, je pourrai encore continuer sur ce sujet.
En attendant, prenez soin de vous et restez fidèles à vos valeurs qui vous font grandir et grandir votre entourage !

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