Je me souviens de ces heures passées à lire des histoires africaines, des contes croustillants.
Je me souviens des chants métalliques des merles, qui se nichaient par dizaine à coté de la classe. Un vacarme!
Je me souviens des clameurs et des rires dans la classe d’à coté.
Je me souviens des rires des élèves qui se parlaient avec des voix haut perchés.
Je me souviens des chèvres se promenant dans la cour dont une qui est entrée une fois dans la bibliothèque.
Je me souviens de Mame, la cuisinière qui n’arrêtait pas de rire et s’exclamait: » Waaaaw ».
Je me souviens des professeurs qui se réunissaient dans la salle pour boire du bon bissap.
Je me souviens des parties de scrabble endiablés avec des jeunes de 6èmes.
Je me souviens de la chaleur accablante où les feuilles me collaient au bras quand je corrigeais des copies.
Je me souviens d’un taxi brousse où il n’y avait que la carroserie, pas de ceinture . J’étais à l’avant et j’avais prié pendant une heure trente avant d’arriver à destination.
Je me souviens de mes balades seul dans la brousse, de mes traversées des villages, de mes rencontres des chefs de village, de mes voyages en charrette tiré par un cheval.
Je me souviens de la musique à fond lors des fêtes, les enfants jouaient à coté des bafles, et les femmes avaient mises leurs plus belles couleurs.
Je me souviens de ces repas autour d’un seul plat de riz et de poisson: » Le thiéboudiène ».
Que c’est bon de revoir les photos et de renouer contacts sans tomber dans la nostalgie et dans la morosité.
Que c’est bon d’être là à se souvenir et d’avancer gaiement dans notre vie actuelle.
Billets d’humeur
Cadeau
L’impuissance face au froid
Il fait froid dehors!
Je ne peux pas sortir.
Et pourtant leur sort
me révolte. Bientôt la mort
Pourrait les cueillir en silence
Alors que je suis en balance
Entre mon impuissance, ma frayeur
Et mon désir de leur trouver un abri.
Que me faut-il pour bouger? Un cri?
Un cri qui me transperce au coeur.
Il neige et je les imagine calfeutrés.
Et moi, au chaud aux tristes traits
De lacheté. Comment consentir à agir?
Douloureux silence face à la misère.
Il gèle à faire fendre la pierre.
La colère du guerrier
Colère qui rugit
Comme un volcan surgit
Du fond d’un océan.
Les mots ne sont guère séants
Où les phrases ricochent
Ou pénètrent dans des sacoches
D’amertumes et de rancoeurs.
Le guerrier bouillonne, s’élance
Dans un vide de silence
Pour guetter, épier les coeurs
Qui l’accepteraient sans peurs.
Il hésite, la raison le statufie.
Et pourtant, il doit avec défi
Aller contre les préjugés à son égard.
Il court avec sa lance levée
Vers le ciel au regard hagard.
Arrivé sur un rocher délavé,
Il crie faisant fuir les lions.
Les éléphants défaillent.
Les gnous se ruent dans une faille.
Les hyènes pleurent par millions.
Les rhinocéros dansent la samba.
Les gazelles chantent la rumba.
Et les panthères draguent les zèbres.
Le guerrier, avec sa lance, zèbre
La roche granitique de cent livres.
Un doux parfum l’enivre.
Une femme d’ébène le cueille d’amour
Et l’emmène pour mille glamours.
Le guerrier lâche ses armes
Et de joie, libère ses larmes.
Le frère de Pinocchio
Bouge ses ficelles, pousse une chansonnette.
Elle a une tête noir d’ébène bien grassouillette.
Son corps est enveloppé de gribouillettes.
Elle se lève fier sur un discret stéréobate
Et face à un miroir, Elle joue à l’andabate.
Elle aurait bien besoin d’un étiopathe
Pour les pantins, mais Elle n’est pas télépathe.
Sa voix est molle comme un catillard.
Pourtant son maître-artisan est un vétillard
Fier de son travail et de ses origines magyars.
Son atelier est bourré au moindre centiare
D’outils, de machines. Point elle ne gambille.
La marionnette aime bien lui faire des bisbilles
En allant dessiner des roses, des jonquilles.
Elle lui arrive aussi de boire du grog par roquille
Au cas où elle deviendrait anthropomorphe.
Elle peut rêver mais tout reste isomorphe.
C’est ainsi qu’à l’orée du soir, un faux clochard
L’ensorcelle et le métamorphose en mouchard.
L’hongrois s’émerveille et l’emmène à sa dame.
Une drôle de famille s’élargit pleins de ramdams.
Un scoop
C’est vraiment extraordinaire!
Quel événement sensationnel.
Tout simplement irrationnel.
C’est au delà de l’imaginaire.
Elle deviendra une célébrité.
Tout le monde sera en hilarité,
En furie devant la star montante.
Elle est une bombe, une mutante
Aux dons phénoménales, géniales.
Elle est toute magique, spéciale.
Elle fait fondre les coeurs des durs.
En la voyant, que peut-on être sûr?
Elle marche en levant ses bras,
Toute victorieuse, en abracadabra.
Les parents sont aux anges, ravis.
C’est une vraie leçon de vie
Avec son rire transcendant les âmes.
Son visage rayonne, nous enflamme.
Merci d’avoir suivi ce reportage magnifque
Réalisé par votre journaliste prolifique.
Violence soudaine
Alors que la violence peut jaillir à tout moment
vous secouer, vous saisir en plein tourment.
Toute votre être se retrouve dans un dénuement,
d’imque.puissance et de détresse tout pleinement.
Vous seriez tenté par le désespoir en ce monde
Face aux agressions qui vous prennent aux viscères.
Je comprends que vous pleuriez face à l’immonde.
Ne restez pas seul. Trouvez-vous des amis sincères.
Tu n’es pas seul face à ce qui te traverses, te bouleverses.
Je comprends que tu veuilles te laisser aller dans le désespoir.
Maintenant, quelqu’un peut t’écouter quelque part ce soir.
Ne te néglige pas. Prends ta veste et des converses.
Viens marcher et mettre des mots sur ce que tu as subi.
Respiration malgré le stress. Lâche ton trop plein.
Ne reste pas seul, prends toi du répit.
L’écoute, l’amitié, se sentir compris sont un tremplin.
Oui, la violence peut être soudain, incompréhensible.
Après le choc, en prenant de la distance, tout est possible
Pour garder un regard optimiste teinté de réalisme.
Poème écrit après avoir subi une agression verbale et un peu physique
Bouffée d’oxygène
Evasion.
Respiration.
Liberté.
Sérénité.
Grandiose.
Osmose
Avec la nature.
Air toute pure.
Élévation du corps
Dans un vrai corridor
De pure magie
Plein d’énergie.
Oser s’évader,
rêver,
Grimper,
Jubiler.
Bouffée d’oxygène.
A deux mains
Combat intérieur
Quand la fraternité et la solidarité sont mis à mal.
Comme le chemin est long, glissant, cher
Face à la société qui bouscule les repères.
Il faut continuer à persévérer et à y croire,
Croire en nos valeurs basant sur nos espoirs
D’une multitudes de visages épanouies,
Ancrés dans les réalités difficiles ou inouïes.
Ne fermons pas nos coeurs, ni nos oreilles
Ne baissez pas les bras, ne vous crispez pas.
Ne renoncez pas à ce que vous êtes, pas à pas.
Courage, même si votre prochain ne répond guère
A vos attentes, à vos idéaux. Vivez sans guerre.
Oui, le chemin est dur mais il en vaut la peine.