Un bruit circule dans les couloirs.
Parait qu’il y a un handicapé dans la boite.
Les idées fourmillent dans le noir
Des hypothèses sont émises, se déboitent.
Pourtant on voit personne en fauteuil roulant
L’établissement n’est pas devenu plus lent.
Est-ce l’homme de ménage, discret
Avec ses lunettes couleur craie ?
Ou bien la nouvelle alternante
qui est en ce moment convalescente ?
Ou le cuisinier qui a mauvais caractère
et pourtant fait des plats de tonnerre ?
Un salarié est absolument contre,
Avec ses arguments, il démontre
Que la boite va en lourdement pâtir.
Il serait sur le point de partir.
Une réunion de crise se tient
Pour faire enfin le point.
C’est la directrice qui annonce
Après avoir rassuré sans semonces.
Elle voulait l’annoncer dans un climat de confiance
Mais trop vite s’est installé la méfiance.
Elle a du couper court aux rumeurs
Dans un cadre rassurant, dans la bonne humeur.
La directrice dévoile enfin sa fragilité,
Expose ses besoins avec douceur et agilité.
Pour elle, le handicap n’est pas un problème.
Avec ses compétences, elle est toujours la même.
Certaines personnes sont penaudes, embêtées.
Elles présentent leurs excuses avec sobriété.
Des nouvelles actions sont mise en place
Pour éviter les bévues, les mots salaces.
Se dire les choses est bien à faire
Mais dans de bonnes conditions.
Que cela ne devienne pas un enfer
Et de pouvoir agir avec conviction.
